Greffe de rein : 2/3 de donneuses mais seulement 1/3 de receveuses

    Rein en bonne santé

    Les femmes donnent plus leurs reins et les hommes les reçoivent plus, d’après des données mises en avant par des organisations internationales pour la santé rénale, à l’occasion de la Journée mondiale du rein et de la Journée internationale des droits des femmes le jeudi 8 mars 2018.

    Les femmes représentent 2/3 des donneurs de rein vivant, tandis que les hommes comptent pour 2/3 des receveurs. Les femmes sont également plus généreuses que les hommes pour les greffes de rein entre conjoints puisqu’elles donnent cet organe cinq à six fois plus souvent qu’eux, selon des organisations internationales pour la santé rénale. La Journée internationale des droits des femmes et la mondiale du rein sont célébrées en même temps ce 8 mars. La Société internationale de néphrologie (médecine du rein) et la Fédération internationale des fondations du rein en ont profité pour rappeler l’inégalité entre les sexes dans leur discipline. « 36% des épouses mais seuls 6,5% des maris compatibles donnent leur rein« , selon des données d’Eurotransplant, organisation qui promeut et coordonne les transplantations d’organes dans neuf pays européens dont la Belgique et le Luxembourg. Les chiffres sont issus d’une étude publiée en 2016 dans la revue Visceral Medicine. Les raisons avancées par la publication sont à la fois biologiques et sociologiques.

    DON DE REIN. En 2016, sur les 3.600 greffes de rein réalisées en France, seulement 570 provenaient d’un donneur vivant, tandis que 17.700 personnes restaient en attente (soit 78% de l’ensemble des demandes, tous organes confondus). En l’absence de contre-indication, donner un rein ne présente pas de risques particuliers pour la santé, hormis ceux liés à l’opération (complications anesthésiques, douleurs post-opératoires). Une enquête menée en France entre 2009 et 2012 sur la santé des donneurs avait montré qu’après avoir récupéré de cette opération, les donneurs se sentaient légèrement moins en bonne santé qu’avant le don. Mais globalement, ils étaient en très bonne santé par rapport au reste de la population, car les procédures de sélection auxquelles les donneurs ont été soumis avant d’être déclarés aptes à la transplantation n’ont retenu que des personnes en bonne ou très bonne santé.

    *Exemple : 66% des parents qui donnent un rein à leur enfant son des femmes : Crédit : Agence de biomédecine

    Des hommes en moyenne plus souffrants et des femme plus généreuses

    Selon l’étude, « les patients masculins souffrent plus souvent d’une maladie rénale en phase terminale« . Ils sont d’ailleurs 59,3% d’hommes sur la liste d’attente pour une greffe rénale aux Etats-Unis. Une publication autrichienne de 2011 évoque la possibilité que l' »incidence plus élevée d’hypertension et/ou de maladie coronarienne » chez les hommes pourrait les exclure plus souvent du don de rein vivant. De plus, selon la publication de Visceral Medicine, « les femmes ont une réactivité immunologique plus forte, ce qui pourrait les exclure d’une greffe de rein« . Ainsi, 53% des femmes ont des anticorps lymphocytotoxiques préformés (anticorps contre les lymphocytes – ou globules blancs – étrangers, déjà présents dans l’organisme dus à de précédentes transfusions, grossesses, ou présents naturellement), contre 32% des hommes. Enfin, selon les auteurs, « de simples conditions préalables anatomiques peuvent provoquer un décalage de taille entre le receveur et la greffe, excluant les petites femmes receveuses de greffes de grande taille« .

    ALTRUISME FÉMININ. La principale raison de cette disparité semble malgré tout être sociologique : « Même s’il est difficile de pointer une raison spécifique à la plus forte proportion d’épouses que de maris donneurs, des éléments laissent penser que les femmes sont motivées par des raisons telles que l’altruisme et le désir d’aider un membre leur famille à survivre« , a commenté l’ancienne présidente de la Société internationale de néphrologie, la Canadienne Adeera Levin. « Les pères, les fils, les frères et les maris sont sous-représentés parmi les donneurs vivants, alors que les femmes représentent plus de la moitié d’entre eux« , selon la publication autrichienne. « Les femmes perçoivent le don d’organes comme leur devoir maternel ou conjugal d’aider et de sauver leur enfant ou partenaire souffrant« , avancent les auteurs.

Nombre de clicks: 8

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *