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Publié le 09/10/2018

LE PROFESSEUR BROURI, DU SERVICE DE MÉDECINE INTERNE À L’HÔPITAL DE BIRTRARIA

“Le malade n’est pas au centre du système de santé”

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Sans s’appesantir sur le constat, le professeur Mansour Brouri, du service de médecine interne à l’hôpital de Birtraria, remonte aux origines du marasme dans lequel s’enlisent les hôpitaux algériens. Il accuse les responsables nommés à la tête du département de la Santé et des différents organismes sanitaires de manquer de vision. “Des ministres désignés ont pris des décisions irresponsables. Le système de santé n’est pas axé sur le malade. C’est ça le drame”, déplore-t-il. “Souvent nous avons eu les moyens, mais nous n’avons pas pu améliorer la prise en charge des malades, parce que nous subissons la gérance de l’administration et de la tutelle. Tant qu’il n’y a pas d’organisation, nous ne pouvons pas optimiser les équipements fournis”, précise-t-il. Il cite pour exemple la gestion de la récente épidémie de choléra. “Il fallait mettre en place une cellule de crise, dont les membres auraient eu une expérience en la matière. Une dizaine de professeurs ont ce profil. On n’a fait appel à aucun d’eux. Et puis c’est le rôle de l’INSP (Institut national de santé publique, ndlr) de piloter l’opération, pas l’Institut Pasteur qui ne peut que fournir la prestation d’identification du germe. Au ministère, on a considéré que c’est une affaire qui ne devait concerner que certaines personnes édifiées sur ce qu’il faut dire et ce qu’il faut taire. On n’a pas associé le secteur de l’agriculture ni celui de l’hydraulique. On aurait eu un discours cohérent”. Il souligne que la loi sanitaire, adoptée en 2017, a mis beaucoup de temps à entrer en vigueur. “Les propositions des spécialistes en la matière n’ont pas été prises en considération. La loi est dépourvue de vision et d’objectifs”, admet-il. Dès lors, il ne sied guère d’espérer une amélioration perceptible des prestations hospitalières.

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