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Publié le 09/10/2018

LE PROFESSEUR HADDOUM, CHEF DU SERVICE NÉPHROLOGIE AU CHU MUSTAPHA

“La transplantation rénale à l’arrêt depuis une année”

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Pour le professeur Farid Haddoum, chef du service néphrologie au CHU Mustapha, les restrictions budgétaires imposées par la chute des recettes des exportations des hydrocarbures impactent sur les activités hospitalières. Il affirme que les offres de soins primaires (polycliniques de proximité) et secondaires (prestations des EPH), n’ont pas été vraiment affectées. C’est l’accès aux soins de haut niveau dans les CHU qui bute sur des contraintes souvent insurmontables. “Les centres hospitalo-universitaires, cantonnés dans les villes du Nord, ont connu une réduction de leurs moyens à cause de la crise financière et du flux important de malades, arrivant de toutes les régions du pays. Nous avons ressenti ces dernières années une baisse de l’offre de soins ainsi que l’indisponibilité récurrente des médicaments et des consommables”, rapporte le praticien spécialiste. “Le secteur privé est épargné par ces difficultés. Mais, peu d’Algériens peuvent se permettre de se soigner dans les cliniques privées”, précise-t-il. Pour mieux illustrer la situation, il se réfère à la situation de son propre service, ouvert en 2015, mais encore en chantier. “Nous avons réussi, certes, à développer de nombreuses activités de soins, d’enseignement et de recherche, des techniques innovantes, en quelques années, mais cela reste insuffisant”, estime-t-il, relevant la carence en générateurs d’hémodialyse et en infirmiers spécialisés. Le service de néphrologie du CHU Mustapha ne dispose que de 6 appareils fonctionnels, 5 alloués pour les malades chroniques et un pour les urgences. “Nous souhaitons assurer les urgences des deux services pourvoyeurs de patients en détresse rénale du CHU Mustapha, des 8 en service du CPMC, de l’hôpital des brûlés d’Alger, de la clinique  Debussy et ceux de la clinique des Orangers. Seulement pour une demande aussi forte, nous n’avons qu’un seul générateur, de surcroît, en prémortem. Il ne tardera pas à rendre l’âme tant il est sollicité”, affirme le professeur Haddoum, dépité. Au-delà, la transplantation rénale, pratiquée dans ce qui est considéré comme le plus grand CHU de la capitale, est à l’arrêt depuis la fin 2017. La raison ? Le laboratoire HLA (histocompatibilité entre donneurs et receveurs d’organes) n’a pas reçu de réactifs depuis deux ans. L’activité de la greffe est gelée en raison aussi du manque d’anesthésistes réanimateurs. Les 14 services de chirurgie du CHU fonctionnent avec 40 spécialistes. Et puis le chirurgien-transplanteur référent, resté sans indemnités hospitalières pendant six mois, a démissionné de son poste.

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