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Publié le 10/10/2017

Santé mentale: nécessité d’une coordination de la prise en charge des patients entre les secteurs public et privé

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Le sous-directeur de la promotion de la santé mentale au ministère de la santé, de la population et de la réforme hospitalière, Pr. Mohamed Chakali a appelé mardi à Alger à une coordination entre les secteurs public et privé pour une meilleure prise en charge de la santé mentale.

Lors de la présentation du plan stratégique national de promotion de la santé mentale (2017-2020) à l’occasion d’un séminaire organisé par le ministère de la santé à l’Institut national de santé publique (INSP), à l’occasion de la célébration de la journée mondiale de la santé mentale, Pr. Chakali a affirmé que les établissements hospitaliers publics  effectuaient près de 1.000 consultations médicales spécialisées en matière de santé mentale, tandis que le secteur privé dont le chiffre des consultations dépasse de loin celui du secteur public », ne fournit aucune information sur cette maladie, regrettant l’absence d’une « coordination entre les deux secteurs ».

La rencontre qui s’est déroulée en présence de représentants de différents secteurs, d’agences internationales et du mouvement associatif, a évoqué six chapitres contenus dans ce plan, en cours d’application, mettant l’accent sur l’intérêt particulier accordé ces dernières années par le ministère à cette spécialité, à travers la mise en place d’une  infrastructure au  niveau des établissements hospitaliers spécialisés et des centres intermédiaires de soins en santé mentale, suite aux dysfonctionnements enregistrés en matière de prise en charge du citoyen et l’offre de soins qui lui est assurée.

Ce plan vise à renforcer la protection des personnes atteintes de troubles mentaux, l’actualisation du cadre règlementaire, l’élaboration d’un registre des patients, outre la mise en place d’une base de données en vue de permettre aux décideurs de contribuer à l’amélioration des soins, a-t-il dit.

Les autorités publiques veillent à travers ce plan, à l’optimisation de l’action du personnel de la santé mentale, l’adoption d’une approche de proximité, l’amélioration des soins hospitaliers, l’uniformisation des actions de prévention, l’élaboration d’études épidémiologiques sur la santé mentale et la lutte contre la discrimination et la marginalisation des personnes atteintes de troubles mentaux.

Selon le Pr. Chakali, ce plan insiste sur le renforcement de la formation et de la formation continue, le développement de la santé mentale en milieu scolaire, le développement de programmes de santé en milieu carcéral, avec l’implication de tous les acteurs du domaine, étant donné que la santé mentale constitue un projet destiné à l’ensemble de la société.

Il a appelé à l’élaboration d’une nomenclature des médicaments réservés à la santé mentale, outre la sensibilisation de la société à leur usage notamment par les adultes et les jeunes, avec la mise en place d’un programme national de santé mentale pour la prise en charge des personnes âgées, en raison de la remarquable évolution de l’espérance de vie en  Algérie.

Les services spécialisés actuels disposent de 5.300 lits, a-t-il dit, annonçant le renforcement du secteur avec neuf nouveaux établissements hospitaliers comprenant des services spécialisés dans la santé mentale.

La majorité des services de prise en charge de la santé mentale se situe dans nord du pays avec 56%, contre 31% dans la région des Hauts Plateaux et 5% seulement dans le sud du pays.

La représentante par intérim de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) en Algérie, Nkurunziza Triphonie, a saisi cette occasion pour lire la lettre adressée par la Directrice régionale de l’organisation pour la région Afrique, docteur Matshidiso Moeti, à l’occasion de la célébration de la Journée mondiale de la santé mentale dans laquelle elle a mis en exergue la « relation étroite entre la santé mentale et le burn out » qui est à l’origine de 10 % des absences professionnelles, soit une perte de 36 jours de travail.

Selon la responsable, 50 % des personnes souffrant de dépression nerveuse ne suivent pas de traitement en raison du manque d’information, de la marginalisation et des barrières culturelles qui souvent constituent des obstacles devant les lois dans plusieurs pays. Elle a évoqué dans ce sens l’impact de la santé mentale sur l’économie et le bien être des personnes, soulignant que le « burn out » faisait perdre à la communauté internationale des milliards de dollar.

La représentante de l’ONU a estimé nécessaire de prendre en charge la dépression, le surmenage et les troubles mentaux en général, soutenant que le développement des soins pour ces maladies contribuait à 80% à leur amélioration durant les six premières semaines. Elle a tenu à rappeler en outre que le dépistage précoce de la dépression nerveuse permettait de l’éviter.

L’intervenante a fait savoir que l’OMS qui a choisi pour thème cette année l’importance de la prise en charge du « burn out »  encourageait tous les pays à mettre en place un réseau national pour mieux prendre en charge la santé mentale et préserver la dignité humaine.

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