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Publié le 12/10/2017

VERDICT DE L’AFFAIRE DU SERVICE RADIOTHÉRAPIE AU CAC DE CONSTANTINE

6 mois de prison avec sursis pour le médecin chef

 
La justice a tranché sur le scandale médical. © Archives Liberté
 

Les prévenus étaient poursuivis pour négligence médicale, mise en danger de la vie d’une personne et déclaration sur des faits non réels.

Le tribunal de Constantine a condamné, hier, le médecin chef du service de radiothérapie du Centre anti-cancer (CAC) et 7 autres accusés  à 6 mois de prison avec sursis et des amendes allant de 30 000 à 150 000 DA. Cette affaire qui avait, pour rappel, défrayé la chronique au moment des faits, en 2016, risque de jeter encore plus de discrédit sur une profession qui est déjà au cœur de scandales depuis plusieurs mois. En effet, les prévenus étaient poursuivis pour négligence médicale, mise en danger de la vie d’autrui et déclaration sur des faits non réels. Par ailleurs, l’on apprendra que le père de la défunte va déposer une plainte pour diffamation et faux et usage de faux contre la médecin chef du service de radiothérapie et deux psychologues du CHU.

Malgré les poursuites judiciaires, les accusés exercent toujours
A. Dj, oncologue et médecin chef du service de radiologie au CAC au CHU de Constantine, exerçait toujours malgré les poursuites judiciaires. En effet, ni le Pr  Dj. A. ni les sept autres accusés n’ont été suspendus de leurs fonctions, ou du moins inquiétés, alors que c’est la procédure généralement observée et appliquée dès lors qu’il y a une instruction judiciaire engagée. Procédure qui remonte, le cas échéant, à janvier 2016, date à laquelle la patiente avait déposé plainte. Le directeur du CHU, M. Benyesaad, pour se défendre, nous a affirmé que “le médecin chef du service de radiologie, Mme Djamaa, ne s’est pas présentée à l’administration du CHU pour l’aviser des poursuites judiciaires dont elle et son équipe faisaient l’objet”. Notre interlocuteur ajoutera qu’il n’a eu vent de l’affaire qu’au lendemain du procès par le biais des médias.

Le témoin-clé à charge sanctionné par la faculté
Parce qu’il a osé tenir tête au médecin chef du service de radiothérapie du CAC et a témoigné contre elle lors de l’instruction, un médecin résident voit son avenir professionnel remis en cause. En effet, l’un des acteurs dans cette affaire est un résident en 3e année. Il était considéré comme un médecin exemplaire par sa hiérarchie, à savoir le médecin chef, jusqu’à ce qu’il décide, par acquis de conscience, de témoigner contre elle lors du procès qui l’oppose à la famille de la défunte. Aujourd’hui, il est “persécuté” de la pire des manières, son année de résidanat n’étant pas encore validée par le Pr Djamaa, depuis 2016 à ce jour. Il sera même soumis à des intimidations, afin de changer son témoignage en faveur de l’accusée. Contacté par téléphone, le doyen de la faculté de médecine de Constantine, le Pr Bouzitouna, nous a déclaré que “le problème est pédagogique ; je ne peux pas intervenir dans ce genre de situation !” Ce qui fait dire à des observateurs que cette triste affaire, faite de reniement et de fuite en avant, révèle, on ne peut mieux, l’attitude corporatiste primaire, qui prévaut au sein du corps médical de cet hôpital.

Le cas de C. S. n’est que la partie visible de l’iceberg
Ce qui peut paraître une affaire banale est loin de l’être en réalité. Ce n’est pas non plus un cas isolé, puisque beaucoup de cas similaires ont été constatés, mais les patients ou leurs familles n’avaient pas eu assez de courage sinon d’énergie pour s’engager dans une bataille qu’ils considéraient, à tort ou à raison, comme perdue d’avance. Ça n’a heureusement pas été le cas de C. S., est-on tenté de dire. Cette dernière a eu le cran de déposer plainte pour dénoncer une négligence professionnelle du médecin chef, suivie de maltraitance. Elle a aussi révélé que sa situation n’était que la partie visible de l’iceberg. L’on citera à titre d’exemple un cas qui, selon nos sources, aurait pu avoir des conséquences plus graves. “Une patiente avait deux volumes à irradier au niveau du col de l’utérus et des ganglions en même temps. Mais lors de sa séance de radiothérapie, les médecins ont traité une partie seulement, ce qui a nécessité une deuxième séance de radiothérapie le même jour. Résultat : une surdose qui lui a causé des complications, ce qui a provoqué une infection sur la zone traitée, et en termes plus crus, la formation de vers !”

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