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Publié le 10/01/2018

La conscience citoyenne face au scénario du pire

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Les médecins résidents étaient des milliers à manifester hier dans les rues d’Oran. Venus de toutes les régions du pays, leur but n’était pourtant pas de faire une démonstration de force, encore moins de “montrer leurs muscles”, eux qui viennent d’être victimes d’une violente répression policière dont on ignorait, jusque-là, qu’elle pouvait avoir cours dans une enceinte hospitalière. Non, les manifestants voulaient, tout au contraire, dénoncer cette violence des pouvoirs publics. Et quelle meilleure réponse, pour ce faire, qu’une marche pacifique dans une ville aussi grande qu’Oran ?
En réussissant cette action, en effet, les médecins résidents ont surtout démontré ce que tout le monde savait et que seul le pouvoir fait mine d’ignorer : les manifestations de rue, qu’elles soient d’ordre politique ou syndical, ne constituent pas une menace pour l’ordre et la sécurité publics. Ni à Oran, ni en Kabylie, ni encore à Alger. Elles restent des initiatives citoyennes et responsables et, dans bien des cas, elles sont l’émanation d’une conscience politique avérée et d’une sensibilité patriotique certaine.
En revanche, l’interdiction systématique de l’expression discordante et l’usage de la matraque contre les contrevenants à cet “ordre établi” qui s’oppose à la Constitution elle-même, celle-ci étant supposée codifier la vie publique, finissent, tôt ou tard, par semer le désordre, voire par produire l’instabilité tant redoutée. Partout dans le monde, et à toutes les époques de l’Histoire, l’usage inconsidéré de la violence par les États ou par les gouvernants a eu pour effet une polarisation des situations. Elle fait basculer les neutres, décider les indécis, mobiliser les moins engagés et grossir les rangs de la contestation tout en la radicalisant. Ce processus d’escalade qui, toujours, finit par atteindre un point de non-retour a été vécu et vérifié en Algérie. Et aux dépens de l’Algérie, cela s’entend. Mais cela ne semble pas suffire à provoquer un ressaisissement dans les sphères dirigeantes dont les maîtres à penser restent obnubilés par le maintien du statu quo qui, à leurs yeux aveugles, peut indéfiniment être défendu et protégé en le faisant passer pour une condition sine qua non pour assurer la stabilité du pays. Le chantage à l’instabilité, encore et toujours. Ces derniers épisodes de la contestation des médecins résidents nous le disent clairement : il est grand temps d’arrêter… de réessayer une politique dont on sait qu’elle a déjà produit le pire.

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