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Publié le 13/01/2018

Le ministère de l’Intérieur ouvre des enquêtes sur la répression policière

Le gouvernement veut désamorcer la crise des résidents

 
Le gouvernement a fini par admettre la légitimité des revendications des médecins. ©Louiza A./Liberté
 
 

Un nouveau round de dialogues devrait avoir lieu aujourd’hui entre les représentants des résidents et ceux du ministère de la Santé pour tenter de désamorcer une crise qui n’a que trop duré.

Onze jours après les scènes de répression policière violentes dont ont été victimes des médecins résidents et qui ont offusqué tous les Algériens, le ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière invite le collectif autonome des résidents algériens à une nouvelle séance de travail pour discuter de la plateforme de revendications formulée par le Camra. Ce nouveau round de dialogue entre les deux parties en conflit se tiendra aujourd’hui au siège du ministère de la Santé. Selon un communiqué du département ministériel de Mokhtar Hasbellaoui rendu public jeudi, “la rencontre programmée pour ce samedi 13 janvier s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre effective et du suivi de la prise en charge des doléances formulées par les résidents en sciences médicales, avec les représentants dument mandatés des résidents en sciences médicales”. La nouvelle offre de dialogue du ministère de la Santé intervient, faut-il le souligner, au lendemain de l’annonce faite par le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire, Noureddine Bedoui, après l’ouverture des enquêtes sur l’agression de médecins résidents. Le ministre de l’Intérieur a affirmé à l’issue d’un exposé présenté devant la commission des finances de l’APN que “des enquêtes sont en cours pour mettre la lumière sur toute cette affaire”. Par la même occasion, Noureddine Bedoui a relevé l’importance du dialogue pour résoudre un conflit. “Tous les médecins algériens, y compris les médecins résidents, sont des enfants de l’Algérie ayant bénéficié de tous les moyens nécessaires pour devenir médecins. Il est important de suivre la voie du dialogue et de la concertation pour exprimer les revendications et préoccupations des citoyens et des différentes catégories professionnelles.” Les propos tenus par Noureddine Bedoui laissent entendre que le gouvernement a fini par admettre qu’il y a eu faute grave lors de la répression de la manifestation des médecins résidents. Rappelons que les médecins résidents blessés le mercredi 3 janvier ont affirmé qu’ils porteront plainte. La déclaration de Noureddine Bedoui va-t-elle convaincre les membres du Camra de revenir à la table des négociations avec le département de Mokhtar Hasbellaoui, après ce qui s’est passé le 3 janvier dernier à l’intérieur de l’hôpital Mustapha-Pacha ? Les résidents exigent, en effet, et désormais, l’intervention du Premier ministre et ont annoncé que la confiance est rompue avec le ministère de la Santé. La rencontre d’aujourd’hui, la quatrième depuis le début du mouvement de grève le 14 novembre dernier, viendra-t-elle mettre fin à cette crise qui cache le mal profond qui ronge le système de santé algérien ? Jusque-là, chaque partie campe sur sa position concernant plusieurs points cités dans la plateforme de revendications. Les deux points d’achoppement entre les deux protagonistes sont liés à la révision du service civil et du service national. Les résidents en sciences médicales appellent à la révision du service civil, tout en améliorant les conditions de travail, d’affection et l’application d’un système de rémunération spécifique aux régions du sud du pays. Le département de Mokhtar de Hasbellaoui rappelle à chaque fois que la question des rémunérations relève des attributions du Premier ministère. Quant au service national, le ministère de tutelle rappellera encore que cette revendication fait partie des prérogatives du ministère de la Défense nationale.  

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