A la une / Actualité

Publié le 19/03/2018

LENTEUR DANS L’ENREGISTREMENT ET STAGNATION DES PRIX

Péril sur la filière du médicament

 
© D.R.
 
 Pour défaut d’un statut autonome et d’un budget de fonctionnement adéquat qui tardent toujours à venir, l’Agence du médicament est réduite à une sorte de boîte d’enregistrement.

Si, depuis le déclin des recettes pétrolières, le gouvernement s’évertue à tout tenter pour réduire la facture des importations, il ne semble, pour autant, guère se soucier des entraves auxquelles se heurte la production locale, elle, qui est censée être encouragée et accompagnée pour satisfaire le besoin national.
C’est ce que dénoncent, en particulier, les producteurs de médicaments qui déplorent au moins deux problèmes majeurs, à savoir la “lenteur insoutenable” dans les opérations d’enregistrement des nouveaux produits et la “stagnation” des prix fixés par la force publique. Ce qui, alertent-ils, risque de précipiter la disparition pure et simple de la filière des produits pharmaceutiques et parapharmaceutiques dont les espoirs exprimés, il n’y a pas si longtemps, en grande pompe, par les pouvoirs publics misant sur une couverture ambitieuse du besoin national à hauteur minimale de 70% dans les plus brefs délais possibles. Le problème de la lenteur dans l’enregistrement des médicaments qui date depuis longtemps, regrettent les opérateurs, est davantage accentué depuis l’installation, en 2016, de l’Agence nationale des produits pharmaceutiques et parapharmaceutiques, (ANPP), communément dite l’Agence du médicament, en ce sens que cette instance est loin de jouer son rôle initialement attendu, à savoir se substituer au ministère de la Santé et à l’Agence nationale du contrôle des produits pharmaceutiques et parapharmaceutiques (LNCPP), et, du coup, faire office d’unique et seul interlocuteur des opérateurs.
Bien au contraire. Pour défaut d’un statut autonome et d’un budget de fonctionnement adéquat qui tardent toujours à venir, l’Agence du médicament est réduite à une sorte de boite d’enregistrement (sans jeu de mot), mise sous tutelle du ministère. Ainsi, les opérateurs se trouvent, depuis sa création, tiraillés entre trois instances (ANPP, MSRS et LNCPP) au lieu de deux auparavant (MSPRH et LNCPP). “Nous avions milité pour la création d’une agence afin d’avoir un seul et unique interlocuteur au lieu de deux à l’époque (LNCPP et MSPRH). Aujourd’hui nous en avons trois (Agence, LNCPP et MSPRH, ndlr)”, regrette, en effet, Nabil Melah, directeur général des laboratoires Merinal, un fleuron de l’industrie nationale pharmaceutique. “Quelle belle manière de faire d’une bonne idée, une entrave !”, ironise-t-il, non sans plaindre les souffrances des responsables de cette Agence du médicament confrontés à des “problèmes budgétaires, réglementaires, d’espace et de dilution des responsabilités”.
Face à ces problèmes, la directrice de l’ANPP, le Dr Benayad-Cherif que nous avons contactée par téléphone, n’a pu que faire valoir son “droit de réserve” de fonctionnaire du ministère vers lequel elle a préféré nous orienter. Également contacté par téléphone, Slim Belkessam, responsable de la communication au ministère de la Santé mise sur la future loi sur la santé pour consolider le statut et, par ricochet, les prérogatives de l’ANPP. En attendant, il indique qu’une cellule de veille auprès du ministère a été installée mardi dernier, et dont le rôle serait, selon lui, “l’étude de l’ensemble des problèmes auxquels sont confrontés les opérateurs”. Tout comme il rappelle l’existence d’un comité de concertation se réunissant annuellement pour le traitement des problèmes tous azimuts relatifs à la filière du médicament.  Des instances auxquelles ne croient pas trop les opérateurs tant que, expliquent-t-ils, ces dernières, notamment la nouvelle cellule de veille, ne devront se pencher que sur les problèmes liés aux ruptures des médicaments sur le marché. S’agissant de la problématique des prix, les opérateurs déplorent le fait que les tarifs imposés aux médicaments restent “figés”, et ce, malgré la “dépréciation du dinar, l’inflation et l’augmentation des coûts des intrants et des salaires”.
Pour M. Mellah, ce sont autant d’éléments objectifs qui nécessitent “urgemment” la revalorisation des prix pour un certain nombre de produits. Faute de quoi, laisse-t-il entendre, la filière du médicament risque de péricliter, voire de disparaître. “Si l’Algérie veut maintenir le développement de cette filière, il est évident que les prix doivent prendre en considération des éléments de réalité que personne ne nie”.

Nombre de clicks: 2

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *