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Publié le 14/04/2018

LES UROLOGUES TIRENT LA SONNETTE D’ALARME

Des milliers de malades condamnés à une mort certaine

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Saisi à plusieurs reprises par les associations de malades, le comité médical de la Cnas rejette toujours la demande de remboursement des sondes lubrifiées pour auto-vidange de la vessie des blessés médullaires, des patients atteints de la maladie de Parkinson, de spina-bifida et de sclérose en plaques, apprend-on en marge du congrès de la Société algérienne de chirurgie urologique, qui se tient depuis hier à l’hôtel El-Aurassi. Cette décision va à l’encontre de l’avis d’un collège de professeurs en urologie, néphrologie et de médecins rééducateurs qui n’ont cessé, depuis 2014, par le biais de multiples courriers transmis à la tutelle, d’insister sur la nécessité de l’auto-sondage pour la préservation de la fonction rénale.
Les blessés médullaires présentent d’une manière typique une mauvaise coordination de la vessie, des muscles de la paroi vésicale et des sphincters. Celle-ci se traduit par des contractions vésicales incontrôlées qui empêchent toute relaxation du sphincter. Jusque dans les années 1970, cette dysfonction conduisait, dans 80% des cas, au décès du patient des suites de complications rénales. C’est encore le cas chez nous, car la plupart des malades recourent aux sondes à demeure ou aux sondes jetables qu’ils réutilisent plusieurs fois, au risque de contracter des infections. Si aujourd’hui, les sondes urinaires lubrifiées sont disponibles en Algérie, elles coûtent extrêmement cher.
Actuellement, le prix de l’unité atteint au niveau des magasins spécialisés dans le matériel médical les 500 DA. Soit une dépense mensuelle de près de 75 000 DA par mois par malade pour couvrir les besoins de 5 sondes par jour. Quant aux sondes urinaires sèches, elles sont cédées à 100 DA l’unité, mais elles présentent l’inconvénient d’irriter l’urètre et, à la longue, conduire à des interventions chirurgicales dont le résultat n’est pas garanti. Le professeur Hocine Chérid, chef de service de rééducation fonctionnelle à l’hôpital spécialisé d’Azur-Plage, a plaidé la cause en ces termes : “L’avantage des sondes prélubrifiées par rapport aux sondes sèches étant confirmé, il serait justifié de reconsidérer les modalités de remboursement de ce produit pour les malades présentant des troubles mictionnels, compte tenu des conséquences désastreuses auxquelles ils exposent leur appareil urinaire, et la mise en danger du pronostic vital.”
Une commission Onaaph-Cnas se réunit périodiquement pour enrichir la liste des produits remboursables. Pour cette année 2018, deux réunions ont eu lieu. La Fédération nationale des handicapés moteurs a approché les médecins spécialistes de la Cnas qui composent cette commission pour leur expliquer que les sondes à usage unique utilisées cinq fois
par jour permettaient aux malades de vider eux-mêmes leur vessie. Les patients auraient pu, ainsi, se les procurer gratuitement, sur présentation d’une ordonnance et d’une carte de Sécurité sociale. Cette fédération, présidée par Mme Atika El-Mameri, a demandé, par la suite, une audience auprès du ministre de la Santé de l’époque, qui s’est montré extrêmement sensible à son exposé. Cette entrevue s’est soldée par la signature d’une convention avec le ministère de la Solidarité portant sur l’acquisition de ce consommable vital. La fédération s’est attelée à fournir aux malades ce matériel pour couvrir les besoins de trois mois en attendant que l’Onaaph prenne le relais. Mais cet élan a été stoppé net par le refus du comité de médecins de la Cnas d’autoriser le remboursement de ce consommable vital.

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