Dr. Zaibat ToufikI : Le remède au diabète découvert par un algérien !

    publié le 16/11/2016

     

    ABDELMALEK BOUDIAF À CONSTANTINE

    “Le nouveau complément alimentaire pour le diabète sera commercialisé dès dimanche prochain”

    “Rahmat Rabi sera commercialisé à partir de la semaine prochaine”, a déclaré, hier, le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Abdelmalek Boudiaf, à propos du complément alimentaire découvert par Toufik Zaïbet, un technicien de la santé, destiné aux malades diabétiques. Le produit en question a,  faut-il le rappeler, suscité des réactions négatives de la part de chercheurs ainsi que du bureau de l’Ordre national des médecins et d’autres professionnels de la santé dans les quatre coins du pays et qui ont estimé que “l’homologation” de ce produit qu’on appelle “remède contre le diabète” est une “dérive très grave”. “Je l’ai soutenu depuis que j’étais wali de Constantine et je le soutiens toujours parce que je crois en lui”, a affirmé le ministre de la Santé. Et d’ajouter : “Ce produit est passé par toutes les étapes nécessaires bien avant d’être commercialisé, en tant que complément alimentaire.” Abdelmalek Boudiaf poursuivra : “Pour avancer, il faut encourager les porteurs de ce genre de projets pour ne pas les pousser vers l’étranger.”
    Par ailleurs, le ministre de la Santé a procédé à la célébration de la Journée mondiale de lutte contre le diabète placée, cette année, sous le slogan “Gardons un œil sur le diabète”, à la grande esplanade de la mosquée Émir-Abdelkader de Constantine. “Cette célébration me permet de réitérer solennellement l’engagement de notre pays à mettre en œuvre de façon résolue la déclaration de l’Assemblée générale des Nations unies sur la prévention et le contrôle des maladies non transmissibles de septembre 2011 et que l’Algérie a adoptée”. Concernant le diabète en Algérie, M. Boudiaf a affirmé que “selon les études effectuées sur la population âgée de plus de 25 ans, la prévalence du diabète est estimée entre 9 et 12%”. Le ministre de la Santé a affirmé, dans son allocution, que  “pas moins de 3 000 médecins généralistes ont été formés. Rien que pour l’année 2016, 360 médecins généralistes ont reçu une formation sur l’approche intégrée des maladies non transmissibles et 118 autres ont été formés sur l’éducation thérapeutique”. Ces actions de formation, soutient-il, “visent les intervenants des structures de proximité dans le soucis d’améliorer les connaissances et les compétences des médecins généralistes qui sont appelés à être les médecins référents dans le projet de la nouvelle loi sanitaire”. Cette dernière, qui devrait être présentée aujourd’hui devant l’APN, sera, selon le ministre, “reportée au 7 décembre prochain”.

    - Publié le 22/11/2016 

    Le «complément alimentaire» n’a reçu aucune autorisation

    Rush sur les pharmacies pour une potion d’huile d’olive et d’omega 3

    Le Snapo met en garde contre la vente de ce produit par les pharmaciens sans les informations précises sur ses composant

    Les premières boîtes du complément alimentaire dont le nom commercial est Rahmat Rabi (RHB) présenté, dans un premier temps, comme un médicament miracle contre le diabète, sont en vente depuis dimanche. Des pharmacies ont connu un rush ce début de semaine dans certaines régions du pays, comme à Biskra, Constantine, M’sila, etc.

    Cédé à 1760 DA et non remboursé, dont la dénomination est purement populiste, ce produit se vend déjà comme des petits pains. Le résultat d’une large campagne médiatique suivie du soutien indéfectible du premier responsable de l’autorité de santé, à savoir Abdelmalek Boudiaf. Une garantie supplémentaire pour les malades qui n’hésitent pas à se le procurer à n’importe quel prix.

    D’ailleurs, des pharmaciens interrogés affirment qu’effectivement, il y a une forte demande des patients de ce produit, mais «pour le moment il y a une hésitation à faire des commandes tant que les choses ne sont pas encore claires par rapport à l’autorisation de sa commercialisation et aux constituants de ce produit», nous confie une pharmacienne, qui estime que les autorités de santé doivent communiquer à ce sujet. Les grossistes en produits pharmaceutiques appréhendent pour le moment de faire des commandes. Si certains ont carrément décidé de ne pas le commercialiser, d’autres attendent pour voir. «Nous sommes submergés de demandes des pharmaciens. J’ai déjà une commande de 4000 boîtes de mes clients.

    Les pharmaciens subissent effectivement une pression des malades pour lesquels ils ne peuvent pas refuser la demande. C’est pourquoi l’avis de la haute autorité de santé est aujourd’hui indispensable pour trancher définitivement sur la fiabilité de ce complément alimentaire», estime un grossiste. D’autres affirment que les pharmaciens sont plutôt favorables à la commercialisation du RHB pour l’unique raison que les malades le demandent.

    Le Syndicat des pharmaciens d’officine (Snapo) met en garde contre la vente de ce produit en l’absence d’informations techniques et scientifiques. A l’issue de la réunion du bureau national tenu hier, le Snapo a saisi officiellement le ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière et le ministère du Commerce, pour demander des éclaircissement concernant l’autorisation de mise sur le marché et surtout les caractéristiques de ce complément alimentaire.

    «Le pharmacien ne peut pas conseiller au patient de prendre ce produit.» «Les pharmaciens sont appelés à respecter les procédures légales en matière de pratiques commerciales. Comme ils doivent veiller à avoir la traçabilité totale au sujet des approvisionnements qu’ils pourraient effectuer de ce produit», a déclaré Messaoud Belambri, le président du Snapo, qui n’a pas manqué de rappeler que dans le passé, des pharmaciens étaient déférés devant les tribunaux suite à la vente de certains produits (des vitamines) qui comportaient des excès de dosage de certains constituants.

    «On ne peut pas s’aventurer à vendre un produit dont nous ignorons tout et qui a bénéficié seulement d’une publicité par les médias et les réseaux sociaux. Aucune explication n’a été donnée ni par les pouvoirs publics ni par son producteur, alors qu’habituellement, des rencontres sont organisées au profit des médecins et des pharmaciens pour une meilleure connaissance du produit. Rien n’a été fait dans ce sens», a-t-il déploré.

    Pour Lotfi Benbahmed, président du Conseil national de l’éthique et de la déontologie et président du conseil national de l’Ordre des pharmaciens, il s’agit d’un complément alimentaire qui n’a donc par définition aucun effet thérapeutique, comme des milliers d’autres produits de cette catégorie : «Ce sont des produits dont l’effet rejoint l’effet placebo et n’ont aucun intérêt pour  la santé publique. Cependant, présenté dans un premier temps comme un médicament miracle, sa commercialisation pourrait conduire des patients diabétiques à abandonner leurs traitements.

    Ce qui constitue un risque sanitaire réel pour une pathologie qui mobilise des efforts considérables de la part du corps médical et des caisses de Sécurité sociale (dépistage, consultations, remboursement de bandelettes et médicaments).» M. Benbahmed estime que «le fait de vendre un produit qui ne sert à rien à plus de 1700 DA et non remboursé constitue dès lors pour les malades une véritable escroquerie». L’Ordre des pharmaciens, a ajouté M. Benbahmed, se réunira  jeudi pour justement débattre de ce point.

    Un communiqué destiné aux pharmaciens sera adopté afin de leur «recommander de se rapprocher de l’ensemble de leurs patients diabétiques pour les informer au mieux sur ce produit et surtout pour leur rappeler la nécessité, dans cette pathologie, de poursuivre avec rigueur les prescriptions de leurs médecins». La communauté médicale est quant à elle formelle : il n’y aura pas de prescription de ce produit dont les preuves scientifiques n’ont pas été démontrées.

    - Publié le 04/12/2016

    MALGRÉ LES MISES EN GARDE DES DIABÉTOLOGUES

    Le RHB emballe à Oran

     
     
    Depuis l’annonce de sa prochaine mise sur le marché, les diabétiques sont sur des charbons ardents et les pharmaciens ont du mal à tempérer les ardeurs. “Nous avons enregistré de très nombreuses demandes ces dernières semaines mais jusqu’à aujourd’hui, nous n’avons pas encore été livrés malgré les commandes”, indique cette pharmacienne de Bir El-Djir en précisant que contrairement à ce que la majorité des diabétiques croient, il ne s’agit pas d’un médicament mais d’un complément alimentaire.

    “Les malades ne doivent en aucun cas suspendre leur traitement et le RHB doit être pris en complément. Il est important de le savoir”.
    En raison du manque d’information et des zones d’ombre qui entourent le RHB, beaucoup de diabétiques ne savent, effectivement, pas quelle attitude adopter. “Je ne sais pas ce qu’il convient de faire, admet Rabah, 66 ans, diabétique de longue date. Je nourris de grands espoirs depuis que j’en ai entendu parler à la télévision mais il semble que ce ne soit pas le remède miracle annoncé. Certains disent qu’avec le RHB, on peut arrêter la médication de manière graduelle, d’autres que l’on ne doit surtout pas suspendre le traitement et mon médecin refuse de m’autoriser à le prendre. Mais j’avoue que je ne peux pas réprimer mon impatience.” Les incertitudes qui entourent ce “produit miracle” n’empêchent pas des milliers de diabétiques d’Oran de se rendre dans les différentes pharmacies de la ville pour s’enquérir de l’arrivage du RHB et passer commande. “J’ai déjà vendu quelques boîtes et je dois recevoir un autre quota en fin de journée (mardi 28 novembre, ndlr)”, déclare un pharmacien du quartier de Seddikia. “Je ne sais pas si c’est efficace, mais je sais que la demande est importante et que certains clients auxquels j’en ai déjà vendu, il y a quelques jours, en redemandent”, assure-t-il.
    Annoncé la deuxième quinzaine de novembre, l’écrasante majorité des pharmacies oranaises n’a cependant pas encore reçu sa commande en RHB. “Il doit y avoir un problème chez les grossistes, avance la pharmacienne de Bir El-Djir. Ils ont annoncé la distribution à partir de la semaine passée mais jusqu’ici, nous attendons toujours. Il y a même des rumeurs qui parlent de produits contrefaits”. Plus retenus, voire ouvertement hostiles à l’arrivée de ce nouveau-venu, les médecins ne veulent pas encore s’engager sur un produit qui, bien qu’ayant manifestement reçu la bénédiction du ministre de la Santé, n’en continue pas moins de nourrir les suspicions.
    Principal argument du corps médical : le RHB n’est pas passé par la procédure classique avant d’être commercialisé. “Je ne suis pas sûr que le RHB ait été soumis aux différentes étapes de contrôle qui précèdent la mise sur le marché d’un produit destiné à la consommation humaine”, relève le Dr Aït Aïssa Karim, spécialiste en endocrinologie et diabétologie basé à Oran, pour étayer son évident scepticisme. “Lorsque des malades viennent me consulter sur ce complément alimentaire, j’essaie d’expliquer que le médicament doit passer par une série d’examens rigoureux qui peuvent durer six années. Or, ce n’est manifestement pas le cas du RHB, dont nous ignorons les composants et les effets qu’il peut éventuellement entraîner sur les malades.” Et en bon pédagogue face à des malades qui veulent y croire malgré tout, le spécialiste ne ferme pas totalement la porte à l’espoir. “S’il s’agissait de moi ou d’un membre de ma famille, j’attendrais un peu…”

    Levée de boucliers
    En scientifique qui se respecte, le Dr Aït Aïssa déplore, par ailleurs, le choix, pas forcément innocent, d’un nom à consonance religieuse pour le complément alimentaire : RHB, Rahmat Rabi (littéralement, miséricorde de Dieu), dont on peut constater l’impact sur l’imaginaire populaire à travers l’engouement des malades sur les officines pharmaceutiques. Ces mises en garde rappellent la levée de boucliers de la communauté médicale, notamment les diabétologues et endocrinologues, qui avaient suivi l’annonce par une chaîne de télévision algérienne de “remède miracle” contre le diabète. Une pluie de commentaires scandalisés s’est abattue sur les réseaux sociaux et les sociétés savantes avaient crié au scandale. “Il est scandaleux de faire la promotion d’un homme et d’un produit sans prendre les précautions nécessaires pour protéger les patients. Si les choses avancent à ce rythme, des milliers d’enfants tomberont dans le coma et les conséquences seront irréversibles”, ont dénoncé la Société algérienne de diabétologie, l’Association nationale des endocrinologues et diabétologues libéraux, la Société algérienne de médecine interne et le Conseil national de l’Ordre des médecins. “On s’interroge justement sur les constituants de ce produit et si toutes les procédures prévues par la réglementation ont été respectées”, ont-ils également averti.
    “Mes parents sont diabétiques et je serais heureuse qu’ils en guérissent mais en l’état actuel des choses, jamais je ne leur permettrais d’acquérir ce produit”, affirme Louisa, médecin généraliste, qui préfère, elle aussi, attendre pour voir de quoi demain sera fait. Attitude que la majorité des diabétiques d’Oran semblent refuser de suivre, eux qui se rendent quotidiennement dans les pharmacies pour s’enquérir de la disponibilité du produit miracle. “Je suis assailli par les sollicitations et j’ai même un registre sur lequel j’inscris les commandes car elles sont nombreuses et je ne suis pas sûr que nous pourrions les satisfaire”, indique un pharmacien de Akid-Lotfi qui dit avoir reçu un quota de quelques boîtes qui “sont parties très vite”.
    À Oran, ni les mises en garde des médecins et des pharmaciens ni le prix relativement élevé du RHB (1 700 DA) et non remboursable ne découragent les diabétiques. Il reste que si les spécialistes ont raison et que le RHB s’avère nuisible à la santé des malades, le ministère de la Santé portera une lourde responsabilité. Dans le cas contraire, Toufik Zaibet et l’Algérie pourront se targuer d’être derrière la plus importante découverte médicale du XXIe siècle. Que même un prix Nobel ne parviendra pas à récompenser.

    - Publié le  15/12/2016

    LE COMPLÉMENT ALIMENTAIRE RETIRÉ DU MARCHÉ APRÈS SA COMMERCIALISATION PENDANT PRÈS D’UN AN

    “Rahmet Rabi” : qui a failli ?

     

     

    La grande question à laquelle aucun des départements ministériels concernés ne souhaite répondre est celle de savoir par quelle “magie” le produit, qui s’avère nocif pour la santé, a été vendu dans les pharmacies pendant plusieurs mois.

    La commercialisation du complément alimentaire RHB “Rahmet Rabi”, interrompue depuis mercredi dernier, continue de susciter moult réactions y compris celle du ministère de la Santé. Trois jours après la publication du communiqué de département de Bakhti Belaïb, le ministère de la Santé et de la Réforme hospitalière prend le relais et ordonne, à travers la Direction générale des pharmacies et équipements de santé (DGPES), “le retrait immédiat du complément alimentaire ‘RHB’ (Rahmat Rabi) de toutes les pharmacies sur le territoire national”. Dans une correspondance datant du 10 décembre 2016, et dont Liberté détient une copie, on peut y lire : “J’ai l’honneur de vous demander de veiller à l’arrêt immédiat de la commercialisation du produit cité en objet. La plus grande importance est accordée à l’exécution de la présente.” Et de préciser : “Je vous demande de me rendre destinataire d’un rapport concernant des mesures prises dans ce cadre.” Le document en question, note-t-on, a été destiné au directeur général du Laboratoire national de contrôle des produits pharmaceutiques (LNCPP), au directeur général du Centre national pharmaco et de matériovigilance et au Conseil de l’Ordre des pharmaciens. Autant d’organismes qui, visiblement, n’ont servi à rien pour éviter une telle situation de confusion générale auprès des citoyens et encore plus dans la cacophonie entre institutions. Mettre en avant, aujourd’hui, l’honnêteté intellectuelle… ou pas de la personne qui est à l’origine de la fabrication dudit complémentaire alimentaire n’enlève en rien de la responsabilité des différentes parties censées veiller au respect des lois et procédures en la matière. Cela fait des mois qu’une bataille médiatique au niveau des chaînes télévisées bat son plein tenant en haleine les trois millions de diabétiques en particulier et l’ensemble des Algériens en général en attente de ce “remède miracle” sans qu’aucune partie officielle ne se manifeste. Mieux encore, le fabricant du produit, qui assure avoir mené des recherches approfondies, reçoit les encouragements du ministre de la Santé qui est allé jusqu’à déclarer : “Je connais cette personne que j’ai fait venir moi-même de Genève pour travailler, ce n’est pas un charlatan, alors laissez-le travailler.” Et d’insister : “Il faut encourager l’initiative.” Depuis les choses sont allées, trop vite et nous nous sommes retrouvés, contre toute attente, avec un complément alimentaire vendu à 1 779 DA (non remboursable) en officine, et nulle part ailleurs comme il est d’usage pour les compléments alimentaires rencontrant un franc succès. La demande dépassait largement l’offre, selon les témoignages recueillis au lendemain même de sa commercialisation tant les Algériens se l’arrachaient. Il était même revendu en seconde main, comme on dit, loin de tout contrôle. Quelques jours plus tard, les choses prennent une autre tournure lorsqu’il s’avère que “le remède miracle” est “néfaste” et constitue un “problème de santé publique” comme soutenu par bien des personnes.

    Vide juridique, ignorance de la loi ou laxisme ?
    À la question de savoir quelle est la procédure à suivre pour commercialiser un complément alimentaire, au ministère du Commerce, on explique qu’“il n’existe aucune loi en la matière” et que “chacun est libre de fabriquer des compléments alimentaires à sa guise”. C’est, cependant, ce même département qui s’est autosaisi pour retirer le RHB “par mesure de précaution” et a demandé à le soumettre à des analyses pour vérifier sa conformité. Devant notre insistance d’en apprendre davantage sur les règles et procédures, le ministère du Commerce se ravisera pour soutenir qu’“il n’y a pas de commentaires sur la question tant que les résultats des analyses ne sont pas encore connus”. Or, Toufik Zaïbet a bel et bien présenté sur un plateau télévisé “l’autorisation préalable” de la part du ministère du Commerce en présence même du représentant de l’Ordre des médecins (autorisation provisoire ou préalable). Le président de la Fédération des associations de diabétiques, Noureddine Boussetta, a relevé, pour sa part, que “le produit est classifié dans la catégorie compléments alimentaires et a obtenu l'homologation du ministère du Commerce en vue de sa commercialisation”. Cela dénote d’une défaillance administrative qui en dit long sur l’inefficience des règles et procédures si elles sont appliquées sur les uns et non sur les autres et remet en cause la réputation de tous les autres produits sur le marché rendant la protection de la santé du citoyen algérien à travers son alimentation et le complément d’alimentation de vains mots.   

    Le ministre de la Santé dans l’embarras
    Force est de reconnaître qu’il n’est pas ordinaire qu’un ministre de la Santé s’implique autant dans la promotion d’un produit émanant d’un privé inconnu par la communauté médicale. Toufik Zaïbet, qui est à l’origine de la fabrication de ce complément alimentaire, s’est dit, tout de même, médecin diplômé de l’université de Genève pour s’avérer être un imposteur puisque lui-même reconnaît qu’il n’est pas titulaire du diplôme requis en la matière et qu’il n’a effectué à l’université de Genève que quelques modules. Un état de fait que le ministère de la Santé aurait pu aisément mettre au jour comme il aurait pu mener des tests et des recherches sur ce produit qu’il a commencé par appeler “médicament” à même de “révolutionner le monde de la médecine dont le diabète”, ignorant toutes les mises en garde des médecins, et finir par reconnaître que “ce n’est qu’un complément alimentaire”. À rappeler qu’il y a eu des médecins et des pharmaciens qui ont signé une déclaration dénonçant une propagande visant à promouvoir un faux médicament censé guérir le diabète et déplorant le soutien des autorités à la supercherie. La Toile s’approprie alors ce qui devient carrément “l’affaire RHB” divisant les Algériens entre ceux qui dénoncent l’arnaque et ceux qui crient à la jalousie et au lobby des producteurs de médicaments qui fait son effet, mais tous s’accordent à dire que “s’il y a problème, il revient aux autorités compétentes qui n’ont pas fait leur travail”. Il se trouve que la situation se complique davantage lorsqu’on nous apprend que “le ministre de la Santé, en la personne d’Abdelmalek Boudiaf, n’est pas à son premier impair, d’une part, et, d’autre part, que le patron du laboratoire qui a produit le complément alimentaire RHB serait le mari de la fille d’un ex-ministre…”.

    - Publié le 17/12/2016 

    LE MINISTRE DE LA SANTÉ SE DÉJUGE, SAÏDAL DÉMENT ET L’ARAV SE JUSTIFIE

    RHB : le scandale qui écorne l’image de l’État

     
     

    Le groupe Saïdal a annoncé avoir décidé d’engager des poursuites judiciaires contre Zaïbet pour, précise-t-on, “fausses déclarations et atteinte à son image de marque”.

    L’affaire du produit connu sous l’appellation RHB et prétendument présenté comme antidiabétique continue de faire couler beaucoup d’encre et d’occuper le devant de la scène avec des relents d’un scandale dont on ne connaît pas encore tous les tenants et aboutissants.
    Et si le principal responsable, en l’occurrence le ministre de la Santé, continue de s’emmêler les pinceaux en affirmant une chose et son contraire, d’autres acteurs se sont joints, avec ou contre leur gré, au tintamarre ambiant, amplifiant les relents d’un désordre qui cache un gros conflit d’intérêts. Et lorsque Abdelmalek Boudiaf, qui a été un des plus lourds promoteurs de ce produit maquillé en complément alimentaire, tente de dédouaner son secteur de cette énorme mascarade, en réalité il ne fait qu’ajouter une nouvelle contradiction à ses propres propos, tenus auparavant. Dans une déclaration à la presse à propos des compléments alimentaires, et ce, en marge de la séance des questions orales à l’Assemblée nationale, le ministre de la Santé a fait savoir que ces “produits relèvent du ministère du Commerce”. Si c’était le cas, pourquoi le ministre lui-même s’est impliqué de manière outrancière dans la promotion de ce produit douteux allant jusqu’à recevoir et se montrer en compagnie de l’homme par qui le scandale est arrivé, à savoir Toufik Zaïbet ? Pourquoi également avoir adressé une correspondance aux directeurs de la santé des wilayas leur ordonnant de retirer de la vente le produit en question ? Le groupe Saidal a décidé, pour sa part, de passer à l’offensive pour tenter de s’affranchir de l’affront que lui a fait Toufik Zaïbet qui avait assuré, dans une intervention sur une chaîne de télévision privée, qu’il entretenait une relation de partenariat avec la société nationale de productions de médicaments. Saidal a, en effet, annoncé, jeudi, dans un communiqué, avoir décidé d’engager des poursuites judiciaires contre Zaïbet pour, précise-t-on, “fausses déclarations et atteinte à son image de marque”. Le groupe public tient, d’ailleurs, à démentir “catégoriquement” les informations parues dans la presse et selon lesquelles Zaïbet a développé son produit avec Saidal. Ce dernier tient, de ce fait, à assurer qu’il n’entretient “aucune relation, ni de près ni de loin” avec l’intéressé et que son produit n’a fait l’objet d’aucune collaboration avec le groupe pour son développement ou sa production. Saidal, qui relève, par ailleurs, que Zaïbet n’a jamais figuré dans les effectifs de l’entreprise, précise, toutefois, que le concerné a contacté le groupe en 2004 “afin de réaliser une étude sur son produit qu’il prétendait être efficace pour le traitement du psoriasis”. Et comme les résultats de l’étude se sont révélés “non conformes”, Saidal affirme qu’il “a cessé tout contact avec l’intéressé, et ce, depuis 2006”.
    L’Autorité de régulation de l’audiovisuel (Arav), qui, jusqu’ici, s’était murée dans un silence incompréhensible face aux dérapages de cette grossière campagne de promotion d’un dangereux faux médicament par certains médias, a, finalement, été sortie de sa réserve par le journal électronique Tout sur l’Algérie (TSA) qui a interviewé son président, Zouaoui Benhamadi. Ce dernier, tout en tentant de justifier le silence observé à cet égard par son instance, tient à dégager sa responsabilité dans ce dossier affirmant que “cette campagne est partie après la bénédiction qui a été donnée par des personnes qui étaient supposées rassembler à la fois l’autorité scientifique, morale et administrative”, dans une évidente allusion au ministère de la Santé. “L’Arav ne peut pas se substituer à la responsabilité politique, scientifique, morale et légale de tous ceux qui ont de l’autorité ni au corpus juridique qui existe dans le pays et qui régit la vie de la société. Dans ce cas de figure, on est parti assez loin dans un supposé parrainage qui a faussé tous les jugements”, assène M. Benhamadi qui admet, indirectement, avoir été induit en erreur par cette
    implication sans équivoque du ministre de la Santé dans la campagne de promotion de ce produit.
    L’Arav n’aurait-elle pas dû s’autosaisir dans cette affaire ? “Évidemment qu’on peut s’autosaisir quand nous sommes en possession des éléments scientifiques et légaux pour pouvoir le faire”, répond M. Benhamadi, comme pour enfoncer encore plus le ministère de la Santé qui, selon lui, aurait, du fait de son implication directe, faussé les données.
    Mais, le ministre de la Santé, qui admet aujourd’hui avoir été, lui aussi, induit en erreur, a-t-il découvert l’imposture trop tard comme il tient, finalement à l’affirmer ? Qu’à cela ne tienne, le scandale a, aujourd’hui, atteint des proportions qui, le moins que l’on puisse dire, ont sérieusement écorché l’image même des institutions du pays.

    - Publié le 18/12/2016 

    AHMED OUYAHIA À PROPOS DE L’AFFAIRE DU COMPLÉMENT ALIMENTAIRE “RAHMAT RABI”

    “Il y a eu défaillance de la machine publique”

     

     - Publié le 19/12/2016 

    TOUT EN APPELANT BOUTEFLIKA À PRENDRE DES MESURES

    Louisa Hanoune charge le ministre de la Santé

     

    Pour Louisa Hanoune, la secrétaire générale du PT, “ce poison produit par un charlatan traduit le délitement de l’État”.

    C’est peut-être l’un des grands scandales qui ont marqué l’année qui s’achève : la vente du produit présenté comme la panacée au diabète, une pathologie qui touche des milliers d’Algériens, par un prétendu médecin, et appelé Rahmat Rabi, dénomination à consonance religieuse. Pour Louisa Hanoune, la secrétaire générale du PT, “ce poison produit par un charlatan traduit le délitement de l’État”. “Pourquoi le ministre a-t-il fait de la publicité à ce produit, en violation des normes et des textes, alors qu’il connaît ce charlatan ?”, s’est interrogé, hier, Louisa Hanoune lors de la présentation du rapport politique en prélude à la réunion du bureau politique de son parti. Elle suggère que ce scandale charrie quelques connivences entre des milieux d’affaires et l’État, tout en instrumentalisant la religion. “Il faut que toute la lumière soit faite sur cette affaire immorale et ce charlatan doit restituer l’argent”, a-t-elle réclamé, avant d’interpeller le président de la République car, soutient-elle, “il s’agit de la crédibilité de l’État”. Qualifiant de “crime” ce scandale qui a suscité un tollé au sein de l’opinion publique nationale et qui a fait des victimes, parmi lesquelles trois personnes à Blida qui auraient perdu la vue, Louisa Hanoune a estimé qu’“un ministre qui encourage la vente d’un poison ne peut gérer le secteur, ni présenter un projet de loi sur la santé”. Elle rappelle, d’ailleurs, dans le même contexte qu’un homme d’affaires “connu dans les travaux publics” dont elle évite soigneusement de révéler l’identité, mais donc tous ont conclu qu’il s’agit du patron du FCE, Ali Haddad, a bénéficié d’une autorisation pour importer du matériel de radiothérapie à travers une société “dans laquelle il représente l’État et des multinationales”. “Il a fait sa société grâce à l’appui du ministre”, a indiqué Louisa Hanoune en appelant à “l’ouverture d’une enquête”. “Le secteur de la santé doit être géré par un professionnel”, préconise-t-elle. Comme elle réitère son appel au retrait du projet de loi sanitaire, en examen à l’assemblée, car, selon elle, “il encourage la prédation au profit du secteur privé”. Le ministre du Commerce, qui a annoncé récemment l’assainissement des dettes non recouvrables par le Trésor dont certaines remontent aux années soixante, n’a pas échappé au “procès” de Mme Hanoune. “Le ministre a parlé de chèques sans provision, il doit donner des noms. Il décide de tout effacer comme si c’est un héritage familial, mais c’est l’argent de la collectivité”, a fulminé Louisa Hanoune en rappelant que l’Algérie compterait aujourd’hui 40 000 milliardaires alors qu’ils étaient seulement 5 000, il y a quelques années. “Pourquoi le gouvernement ne recouvre-t-il pas les impôts impayés ? Pourquoi refuse-t-il l’impôt sur la fortune”, s’est-elle interrogée. Par ailleurs, Louisa Hanoune a estimé que le fiasco du dernier Forum africain d’investissements et d’affaires n’était pas le produit d’un “cafouillage organisationnel”, mais se décline plutôt comme “l’expression de la caporalisation de l’État par l’oligarchie prédatrice”. “Il lève le voile sur une réalité qui était claire pour nous depuis la fin de 2014 : l’émergence d’une oligarchie comme une force violente et prédatrice qui a mis en place un État parallèle”, soutient-elle, en affirmant, là aussi, qu’elle “attend du président de la République des mesures à la hauteur de cet événement”.  “Ce qui s’est passé lors de ce Forum est inacceptable d’un point de vue patriotique et ne peut être considéré comme un événement marginal”, dit-elle, non sans saluer, par ailleurs, le ministre des AE, Ramtane Lamamra.

    Karim Kebir

    Démenti
    Dans son article fort intéressant, du jeudi 15 décembre 2016 (page 3), sur le scandale sanitaire de Rahmat Rabbi, Mlle Ines Boukhalfa, journaliste à Liberté, affirme que la fille du ministre Ould Abbes est propriétaire de la pharmacie détenant des quantités interminables de ce “produit miracle ?”. Je tiens à opposer un très ferme démenti à cette assertion. Et aucune de mes filles n’a de lien, ni de près ni de loin, avec le médicament. Et aucune ne possède de pharmacie. Il faut chercher ailleurs.

    Docteur Djamel Ould Abbes
    Ancien ministre de la Santé, de la Population et la Réforme hospitalière.

    Précision de “Liberté”
    En effet, il s’agit d’une méprise. Il ne s’agit pas de la fille de M. Djamel Ould Abbes, comme rapporté dans l’article, mais de la fille et du gendre de M. Mohamed Chérif Abbas, ancien ministre des Moudjahidine. Toutes nos excuses à M. Ould Abbes.

    - Publié le 20/12/2016 

    REPORT DE LA PRÉSENTATION DEVANT LA COMMISSION DE L’APN DU PROJET DE LOI SUR LA SANTÉ

    Scandale “RHB” : Boudiaf fuit-il la confrontation ?

     

     

    La présentation en commission du projet de loi sur la santé, qui devait avoir lieu hier, a été reportée sine die à une date ultérieure. Un report qui suscite plein d’interrogations chez les membres de la commission de la santé et des affaires sociales de l’Assemblée populaire nationale (APN), mais également dans les milieux médiatiques et dans l’opinion de manière générale sur le devenir réservé à ce projet de loi et corrélativement sur le sort du ministre de la Santé, Abdelmalek Boudiaf.

    L’information sur le report en question a été publiée dimanche par le député du FJD - El-Adala, Lakhdar Benkhellaf. Ce dernier a fait état de la décision du “retrait du projet de loi sur la santé de l'examen au niveau du Parlement par le gouvernement”, précisant que “des instructions ont été données par le bureau de l’APN au président de la commission de la santé pour surseoir à l’examen de cette loi, puisqu’il était prévu que le ministre de la Santé la présente devant la commission appropriée lundi (hier, ndlr)”.
    Ce report serait-il le prélude à un départ du ministre ? Le député en est convaincu. “Apparemment, il y a un changement de gouvernement qui a été précipité par l’affaire du complément alimentaire RHB”, ose-t-il sur son compte facebook. D’autres députés interrogés restent, eux, sceptiques.
    Ainsi, le chef du groupe parlementaire de l’Alliance de l’Algérie verte (AAV), Youcef Khebaba, qui se réfère à une discussion qu’il a eue la veille avec le président de la commission, M. Mellakhssou, soutient qu’“il s’agit d’un report à une date indéterminée et non pas d’un retrait”. Selon lui, avec l’approche des élections législatives, ni la commission ni la plénière n’auront assez de temps pour l’étude sereine de ce projet. L’élu de L’AAV estime, toutefois, que le complément alimentaire RHB n’est pas étranger à cela. “Cette affaire a fortement impacté le travail de la commission qui est concernée directement par la question, puisque le ministre de la Santé a été l’un des promoteurs de ce produit avant de se rétracter”, a-t-il affirmé, s’interrogeant sur son implication dans “la promotion de ce complément avec un telle force qui a fait croire aux citoyens et au malades qu’il s’agit d’un médicament miracle et qu’ils peuvent se passer de l’insuline”.
    Pour M. Khebaba, le report de l’examen du projet de loi sur la santé vise à éviter au ministre de la Santé de s’expliquer sur le scandale RHB. Le député a souligné la nécessité de la mise en place d’une commission d’enquête indépendante pour faire la lumière sur cette affaire. Des questions orales au ministre de la Santé seraient en préparation, a-t-il indiqué. La député Nadia Chouitem, du Parti des travailleurs, a adressé une question écrite au Premier ministre Abdelmalek Sellal.
    Pour sa part, la députée du Front de libération nationale (FLN), Fatima Tachi, a estimé qu’en raison du manque de temps, le projet serait annulé. Car, dit-elle, si le ministre est concerné par un remaniement, il faudra attendre un minimum de quatre à cinq mois pour qu’il soit présenté à nouveau par le nouveau ministre, surtout que cela coïncide avec la fin de la législature actuelle. Selon elle, outre le scandale RHB, le ministre est attendu sur d’autres questions, comme celle se rapportant aux erreurs médicales.
    “On s’est entendu avec les députés d’autres obédiences pour interpeller le ministre avec force”, a-t-elle affirmé. Le député retient contre le ministre de la Santé le fait d’avoir présenté Zaïbet comme médecin, alors que c’est faux.

     

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Un commentaire sur “Dr. Zaibat ToufikI : Le remède au diabète découvert par un algérien !

  1. MARICAR hameed dit :

    mme m

    svp laisser moi le num de tel pour une commande en france

    merci d avance

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