La vitamine B3, contre les fausses couches et les malformations

    Fausses couches et malformations : le rôle de la vitamine B3

    Des chercheurs montrent que certaines mutations génétiques faisant courir un risque de fausses couches et de malformations congénitales pourraient être compensées par un apport en vitamine B3. Une piste prometteuse.

    Un supplément de vitamine B3 chez certaines femmes enceintes permettrait de réduire les risques de malformation congénitale et de fausse couche. C’est la conclusion d’une vaste étude parue le 10 août 2017 dans le prestigieux New England Journal of Medicine. Les chercheurs ont en effet mis en évidence le rôle essentiel d’une molécule, le nicotinamide adénine dinucléotide (NAD), dans le bon développement du fœtus. Or pour produire cette molécule, l’organisme a besoin de vitamine B3.

    Nombre des cas de malformations ou de fausses couches restent des événements inexpliqués et cette étude permet d’en identifier une cause majeure. « Après 12 ans de recherches, notre équipe a découvert que cette déficience peut être traitée et des fausses couches et handicaps à la naissance empêchés, en prenant une simple vitamine », explique à l’AFP Sally Dunwoodie, professeure spécialisée dans les malformations cardiaques des nouveau-nés au Victor Chang Cardiac Research Institute. Celle qui est aussi à la tête du plus grand programme de séquençage du génome pour les maladies cardiaques congénitales espère ainsi « faire reculer le nombre de fausses couches et de handicaps de naissance à travers le monde ».

    Origine génétique élucidée

    Mais l’historique de ces travaux est plus complexe qu’il n’y paraît. Tout commence en effet en 2005, lorsque que Sally Dunwoodie identifie chez un nourrisson souffrant de graves malformations (du cœur, de la colonne vertébrale et des côtes) une mutation familiale sur un gène codant la production de NAD. Or si cette molécule est indispensable au bon développement du fœtus, c’est notamment parce qu’elle participe à la synthèse de l’ADN. La découverte en reste là : « Nous ne savions pas quoi faire de l’information »explique la chercheuse au magazineScience. Jusqu’en 2012 où un second cas très similaire est identifié. Là-aussi, une mutation génétique familiale limite la production de NAD.

    Cette fois, la piste se précise. Et pour l’explorer, les chercheurs vont mener des expériences sur la souris. En induisant chez les rongeurs les mutations génétiques identifiées chez les nouveau-nés… rien ne se passe ! Et pour cause, l’alimentation standard des souris est riche en vitamine B3, ce qui leur permet de synthétiser la molécule. En supprimant de leur nourriture tout apport en vitamine B3, les chercheurs observent ainsi les effets qu’ils attendaient : de nombreuses fausses-couches et des malformations similaires à celles constatées chez les nouveau-nés. La suite des expériences a montré que le risque de mauvais développement du fœtus dépendait du taux de vitamine B3 que les souris recevaient. Ainsi, cette vitamine qui se trouve naturellement dans nombre d’aliments (œufs, lait, viande, poisson…), pourrait permettre de compenser le défaut génétique dont certaines familles sont atteintes.

    Bien sûr, il faudra reproduire et affiner ces premiers résultats avant d’envisager prescrire de la vitamine B3 aux femmes enceintes. Aujourd’hui en effet, toutes les femmes se voient prescrire de la vitamine B9 (acide folique) qui réduit les risques de malformation du tube neural, le système nerveux primitif des embryons. Mais la supplémentation en B3 pourrait ne pas être adaptée à toutes les femmes, en particulier celles ne présentant pas les mutations impliquées dans le défaut de production de NAD. Sans compter que 95 gènes sont impliqués dans la production de cette molécule. Faudra-t-il dépister les mutations potentiellement dangereuses avant ?

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