L’ablation de l’utérus associée à une augmentation du risque cardiovasculaire

    Coeur électrocardiogramme

    Les femmes ayant subi une ablation de l’utérus, même en conservant leur ovaires, sont plus à risque de développer des maladies cardiovasculaires. C’est ce que montre une étude américaine, précisant que le risque maximal concerne les femmes ayant subi l’intervention avant leurs 35 ans.

    Les femmes ayant subi une ablation de l’utérus présentent une probabilité accrue de souffrir de problèmes cardiovasculaires, même en cas de préservation de leurs ovaires, selon une étude publiéemercredi 3 janvier 2018 dans la revue médicale Menopause.

    L’hystérectomie,2è acte de chirurgie obstétrique le plus fréquent en France

    En cas de cancer utérin ou de prédispositions génétiques à cette tumeur, les médecins peuvent procéder à une ablation de l’utérus, des trompes de Fallope et des ovaires. Ces derniers sont désormais préservés dans la mesure du possible depuis que des études ont montré que leur ablation pouvait accroitre le risque de maladies chroniques et de mortalité précoce. « L’hystérectomie est la deuxième intervention chirurgicale gynécologique la plus fréquente et, dans la plupart des cas, elle est effectuée pour des raisons médicales bénignes, la majorité des médecins pensant que les risques à long terme sont faibles« , s’inquiète Shannon Laughlin-Tommaso, gynécologue à la Mayo Clinic aux Etats-Unis. En France, l’hystérectomie est la deuxième intervention en gynécologie obstétrique après la césarienne avec plus de 64.000 actes annuels, contre 400.000 aux Etats-Unis, le plus souvent pour traiter des fibromes utérins douloureux, des troubles du cycle menstruel ou un prolapsus utérin.

    4,6 fois plus de risques d’insuffisance cardiaque chez les femmes ayant subi une hystérectomie avant 35 ans

    Les scientifiques de la Mayo Clinic, dans le Minnesota (nord des Etats-Unis), ont observé plus de 2.000 femmes ayant subi une hystérectomie – tout en conservant leurs ovaires, afin notamment d’éviter une ménopause précoce et leurs conséquences néfastes. Par rapport aux habitantes de cette région n’ayant pas subi ce type d’ablation, les anciennes patientes présentaient un risque nettement supérieur d’avoir un taux élevé de mauvais cholestérol, de souffrir d’hypertension, d’obésité, d’arythmie cardiaque et de maladie des artères coronaires, soulignent les chercheurs. En effet, 20 ans après cette intervention, le risque d’hypertension et de maladies coronariennes était supérieur respectivement de 13 % et de 33 %. Pour les femmes opérées avant 35 ans, il était encore plus élevé, avec une multiplication jusqu’à 4,6 fois pour l’insuffisance cardiaque et 2,5 fois pour les maladies coronariennes, un durcissement et un rétrécissement des artères, par rapport à celles n’ayant pas été opérées. « Il s’agit des données les plus complètes disponibles à ce jour montrant que l’hystérectomie comporte un risque de maladies cardiovasculaires à long terme, même si les deux ovaires ont été préservés« , précise Shannon Laughlin-Tommaso. Les auteurs observent que, même en conservant les ovaires, « l’hystérectomie est associée à un risque accru à long terme de maladies cardiovasculaires et métaboliques, en particulier chez les femmes qui subissent une hystérectomie avant l’âge de 35 ans« . Ils suggèrent alors, dans le cas où la relation de cause à effet serait vérifiée, d’envisager « des alternatives à l’hystérectomie (…) pour traiter les affections gynécologiques bénignes ».

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