Le diabète ou le pré-diabète, facteurs de risque défavorables en cas de tuberculose ?

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    Une étude internationale suggère qu’un état pré-diabétique ou diabétique est un facteur de risque défavorable en cas de tuberculose. Une enjeu de santé publique à l’heure ou au moins 25% de la population est porteur sain du bacille de Koch, et ou l’épidémie de diabète de type 2 touche 45 millions de personnes. 

    Des millions de personnes dans le monde qui présentent un taux de sucre trop élevé dans le sang, qu’elles soient déjà diabétiques ou non, pourraient courir un plus grand risque de contracter la tuberculose, ont averti des spécialistes après la présentation de nouveaux travaux au cours d’un congrès de pneumologie à La Haye. Ces chercheurs de la London School of Hygiene and Tropical Medicine ont mis en évidence que le taux d’une molécule associée à une glycémie élevée (trop sucre dans le sang), l’hémoglobine glyquée, lorsque trop élevé, était corrélée a une issue plus souvent fatale en cas de tuberculose. Or, cette molécule peut être présente chez les personnes hyperglycémiques ignorant encore qu’elles sont diabétiques, ou diabétiques mais n’ayant pas accès à un traitement efficace pour réguler leur glycémie.

    HÉMOGLOBINE GLYQUEE. L’hémoglobine, qui se trouve dans les globules rouges et permet de fixer l’oxygène, peut aussi capter une partie du sucre présent dans le sang. La part de l’hémoglobine qui capte le sucre est ainsi appelée « hémoglobine glyquée » (adjectif dérivant de « glucose »). Elle est exprimée par un taux, qui représente la part la part d’hémoglobine ayant fixé du glucose, rapportée à la quantité d’hémoglobine totale.

    La survie à la tuberculose corrélée à un faible taux d’hémoglobine glyquée

    En 2017, près de 10 millions de personnes ont développé la de tuberculose, une maladie infectieuse due au bacille de Koch, selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et les spécialistes craignent qu’une explosion des cas de diabète n’expose des millions d’autres patients au risque de contagion. L’étude, qui a porté sur 2.280 patients résidant en Afrique du Sud, Roumanie, Indonésie et Pérou, s’intéresse aux malades de la tuberculose en état d’hyperglycémie (trop de sucre dans le sang), qu’ils soient ou non déjà diagnostiqués diabétiques. Verdict : plus le taux d’hémoglobine glyquée du patient est important, plus l’issue de la tuberculose sera défavorable. Cette corrélation s’observe à partir d’un taux de 6,5% (ce qui correspond à une glycémie d’environ 1,3g/L), et augmente de façon significative lorsqu’il dépasse les 9% (glycémie supérieure à environ 2g/L).

    GLYCÉMIE. « Cela indique qu’avant même qu’une personne développe un diabète, le risque de développer la tuberculose est plus élevé », a déclaré le 26 octobre 2018 à l’AFP Ajay Kumar, directeur de recherches à l’Union internationale contre la tuberculose et les maladies pulmonaires, qui n’a pas pris part à cette étude. Or, l’étude suggère que réguler la glycémie accroît significativement les chances de survie à la tuberculose. D’où l’enjeu de dépister – et de traiter – le diabète au plus tôt.

    Organiser un dépistage croisé des deux maladies

    Dans certains pays comme l’Inde, où vivent un quart des personnes atteintes de tuberculose dans le monde, toute personne chez laquelle a été diagnostiquée cette maladie doit automatiquement être soumise à des examens pour le diabète, et vice-versa. M. Kumar a estimé que les services de santé de ces pays devraient également faire des dépistages pour la tuberculose chez les patients présentant simplement un taux élevé de sucre dans le sang. Selon lui, des « millions » de personnes dans le monde présentant un taux élevé de sucre courent des risques accrus. Le lien entre l’infection par le bacille de Koch et le diabète est connu, bien que mal élucidé. Le diabète diminue des défenses immunitaires, augmentant le risque de contracter la tuberculose.

     

    SANTE PUBLIQUE. Alors que selon l’OMS, plus de 450 millions de personnes dans le monde souffrent d’un diabète de type 2, une personne sur quatre est porteuse de la bactérie causant la tuberculose, une situation explosive selon les chercheurs. Paul Jensen, un responsable de l’Union internationale contre la tuberculose, a estimé que les pays les plus à risque étaient ceux où était présente la tuberculose à l’état latent et connaissant une forte augmentation des cas de diabète : l’Inde, le Pakistan, la Chine et plusieurs pays du sud-est de l’Asie. Une situation que l’on peut qualifier de« tempête », a-t-il déclaré à l’AFP, caractérisée par « le développement économique, un énorme taux d’infection par la bactérie de la tuberculose (qui reste à l’état) latent, et aussi ce problème d’escalade du diabète ».

    Un enjeu de prévention majeur 

    « Si on a en même temps la tuberculose et le diabète, le traitement est encore plus compliqué », a souligné M. Jensen. « Vous risquez davantage d’avoir de nouveau la tuberculose plus tard », a-t-il ajouté. Avec un risque de mortalité accru. Jusque là, la lutte contre la tuberculose s’était davantage concentrée sur la prévention contre le Sida, maladie affaiblissant le système immunitaire, et qui comme le diabète, augmente les risques de la contracter. Or pour MM. Jensen et Kumar, de plus grands efforts doivent être déployés pour protéger les populations contre la tuberculose favorisée par le diabète.

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