Les calculs rénaux ne ressemblent pas à des cailloux mais à des coraux

    Calcul rénal

    Examiné avec des techniques habituellement réservées à géologie et à biogéologie, des calculs rénaux révèlent une constitution en couche semblables à d’autre minéralisations naturelles comme celle des massifs coralliens.

    La solution pour traiter les calculs rénaux proviendra peut-être de la géologie ! Cette pathologie parfois très douloureuse consécutive à la formation d’un « caillou » dans le rein (voir encadré en fin d’article) concerne près de 12 % des hommes et 7 % des femmes dans le monde. Les calculs les plus fréquents sont composés d’oxalate de calcium que la médecine considère depuis des lustres comme des pierres homogènes qui ne peuvent pas être dissoutes par des moyens chimiques. Ce paradigme pourrait bien tomber aujourd’hui grâce à l’apport de techniques optiques habituellement utilisées par les géologues et les microbiologistes.

    Des calculs "vivants" 

    C’est une équipe inhabituelle qui a en effet examiné des calculs provenant de patients de la clinique Mayo : elle a été dirigée par Bruce Fouke, microbiologiste à l’Université de géologie de l’Illinois qui s’est associé avec un médecin de la clinique Mayo et une spécialiste des systèmes optiques des laboratoires Carl Zeiss. Tous trois ont scruté des lithiases rénales avec un large éventail de techniques de microscopie optique et électronique et ils ont également utilisé la spectrographie aux rayons X. Toutes ces méthodes sont d’usage courant en géologie mais elles n’avaient jamais été combinées pour étudier une minéralisation humaine.

     

     

    Les résultats de cette étude, publiée dans la revue Science Reports, contredisent la représentation habituelle des calculs d’oxalate de calcium. Au lieu d’une pierre homogène, les auteurs ont obtenu des images colorées et spectaculaires des calculs montrant qu’ils sont composés d’une alternance de minces couches de matière organique et de cristaux, interrompues par endroit par de plus gros cristaux saillants.

     

    Leurs images indiquent donc que les calculs se développent par couches successives et subissent un processus dynamique de croissance et de dissolution comme les massifs coralliens. « Au lieu d’être des masses cristallines sans valeur, les calculs rénaux sont un compte-rendu minutieux de la santé et du fonctionnement du rein d’une personne« , explique Bruce Fouked dans un communiqué de l’université de l’Illinois. 

    Coupe d’un calcul rénal au microscope optique. 

     La principale conclusion des auteurs, au vu de leurs observations et analyses, est qu’il pourrait être possible de dissoudre complètement in vivo les calculs d’oxalate de calcium puisqu’ils connaissent déjà ce processus, de façon partielle, naturellement. « C’est quelque chose que la plupart des médecins considèrent aujourd’hui impossible« , rappelle Bruce Fouke. 

    Les calculs rénaux, communément appelés « pierres aux reins », résultent d’une cristallisation de sels présents dans les urines. Ils peuvent se former en divers endroits dans les voies urinaires : les reins bien sûr, mais aussi dans l’uretère (le conduit reliant le rein à la vessie), dans la vessie ou dans l’urètre. Selon la taille et la forme de ces cailloux, leur élimination par les voies urinaires est plus ou moins difficile. Cette affection peut être très douloureuse et nécessiter une intervention chirurgicale.

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