Les effets de la réduction du mouvement sur les cellules souches du cerveau

    Neurogenèse

    Limiter le mouvement des souris a un impact sur la neurogénes, la production des cellules neuronales dans le cerveau. C’est la découverte d’une équipe italienne qui met en lumière le lien entre l’activité physique et le métabolisme et la prolifération des cellules souche neurales.

    L’inactivité physique est nuisible pour le cerveau. C’est ce que montre une étude conduite par l’équipe du Dr. Bottai, à Milan, et dont les résultats sont publiés dans la revuefrontiers in Neuroscience. Cette étude a a été conduite sur des souris, dont les chercheurs ont surveillé le bon déroulement de la neurogénèse. C’est à dire la capacité du cerveau à produire de nouveaux neurones à partir de cellules immatures, les cellules souches neurales (CSN). Un phénomène connu depuis la fin des années 90, grâce aux études menées par Fred Gage et Peter ErikssonChez l’homme les CSN ne se trouvent que dans deux régions du cerveau : l’hippocampe et la zone sous-ventriculaire. Plusieurs études ont montré que l’activité physique augmente la neurogenèse et chez la souris induit une amélioration de l’apprentissage. À l’inverse, l’équipe du Dr Bottai s’est penchée sur les effet de l’inactivité physique prolongée sur ces cellules souches neurales.
     
    Pour mener l’étude, les chercheurs ont suspendu les pattes postérieures des souris, en attachant leur queue à une corde. Les animaux ont été laissés libres de se déplacer dans la cage en utilisant seulement les pattes antérieures pendant 14 jours, une période comparable à des mois d’inactivité pour les humains. Les pattes postérieures n’étaient pas immobiles, mais suspendues, donc « elles ne bougeaient pas contre la gravité », a expliqué Daniele Bottai, directeur de l’étude, dans une interview à Sciences et Avenir. Une fois ce délai passé, l’équipe a ensuite analysé les cellules souches neurales des animaux. Résultat : dans le cerveau des animaux suspendus, et fournissant donc moins d’efforts pour se déplacer, la prolifération et la différenciation en neurones matures des cellules souches neurales était bien moindre.

    Des travaux préliminaires

    Leur étude montre également des changements dans le métabolisme – en termes de production d’énergie – ainsi que dans l’expression des gènes. En particulier, les chercheurs ont observé que les gènes impliqués dans la division cellulaire et le métabolisme étaient exprimés -c’est à dire traduits en protéines – de manière anormale. Un, Cdk5 était moins exprimé, un’autre, Cdk6, plus exprimé que chez les souris non suspendues.

    Partant de ces résultats, il est possible supposer, selon Daniele Bottai, que l’activité physique implique en quelque sorte une stimulation des cellules souches neurales, avec une altération de l’expression génétique, en particulier des gènes impliqués dans la prolifération et le métabolisme. Ce travail préliminaire chez la souris ouvre des pistes de recherche chez l’humain des plus intéressantes. Par exemple en ce qui concerne les astronautes qui pâtissent d’atrophie musculaire lors de long séjours en impesanteur ou pour les patients atteints de maladies chroniques qui limitent les mouvements. Reste toutefois de nombreuses zones d’ombre à éclaircir. Par exemple, quelle est la nature du messager qui assure la  communication entre les muscles et les cellules souches neurales. ou encore comment l’expression génétique peut influencer le métabolisme cellulaire.

Nombre de clicks: 4

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *