Maladie d’Alzheimer : un diagnostic de plus en plus précoce

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    Dans son livre, le Pr Marc Verny fait le point sur les travaux les plus récents, tant pour agir en amont que pour aider les malades et leur entourage. 

    La maladie d’Alzheimer est aujourd’hui la troisième pathologie la plus crainte des Français après le sida et le cancer, selon le Pr Marc Verny, qui vient de lui consacrer un livre*. Ce neurologue de formation et responsable du centre de gériatrie à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière (Paris) rappelle que, selon certaines estimations, cette affection neurodégénérative et les maladies apparentées toucheraient actuellement environ 850 000 personnes en France, et pourraient en atteindre plus d’un million en 2020. Et que cette affection dite de civilisation nous renvoie à notre mode de vie moderne, puisque la sédentarité, l’obésité, le diabète et le tabagisme sont autant de facteurs de risque de la voir se développer.

    Alors que, pendant longtemps, les spécialistes n’évoquaient cette maladie qu’au stade de la démence, ils savent désormais que les capacités cognitives des patients commencent à diminuer 13 à 15 ans auparavant. Quant aux premières modifications des protéines dans le cerveau, elles débuteraient encore une dizaine d’années plus tôt. En d’autres termes, il faut environ un quart de siècle pour arriver aux symptômes graves. Ce constat n’a rien d’inquiétant, au contraire. Car il devrait permettre de trouver un moyen de bloquer cette évolution, de prévenir la démence, contre laquelle il n’existe aujourd’hui aucun traitement efficace.

    Cela implique évidemment un diagnostic relativement précoce. Pour cela, il faut que les personnes se plaignant de perte de mémoire n’hésitent pas à en parler à leur médecin traitant. Ce dernier se montrera rassurant dans la plupart des cas, mais pourra demander l’avis d’un spécialiste et des examens complémentaires à chaque fois qu’il aura un doute. La prise de sang vise notamment à contrôler le taux de sodium, de calcium, le bon fonctionnement de la thyroïde et l’absence de certaines maladies infectieuses susceptibles d’expliquer les troubles cognitifs.

    Traiter le mal avant qu’il se manifeste

    L’IRM cérébrale est utile d’abord pour observer l’éventuelle présence de maladies autres (tumeur cérébrale, séquelles d’un traumatisme crânien, d’AVC…). Elle permet aussi d’étudier l’hippocampe, une petite région située dans le lobe temporal et qui est très impliquée dans les processus de mémorisation à long terme. Car il est désormais prouvé, grâce à des travaux post-mortem, que les lésions de l’Alzheimer, dans sa forme amnésique (car il y a différentes formes), commencent toujours dans cette région du cerveau.

    Le Pr Verny ajoute que la scintigraphie cérébrale apporte des informations différentes et complémentaires des précédentes. Cet examen permet de savoir si des groupes de cellules cérébrales fonctionnent correctement ou pas. « Des techniques utilisant des marqueurs de la substance amyloïde – une des protéines modifiées dans la maladie d’Alzheimer – pourraient permettre un marquage beaucoup plus efficace dans le futur et donc un meilleur diagnostic », explique le spécialiste, avant de préciser qu’elles sont actuellement réservées à la recherche. Mais nul n’en doute, pour combattre efficacement ce redoutable mal, il est impératif de l’identifier tôt et de le traiter avant qu’il se manifeste.

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