Stimuler le cerveau pour lutter contre l’obésité

    Stimulation magnétique transcrânienne (TMS)

    Selon une étude présentée au meeting annuel de la société européenne d’endocrinologie du 2018, la stimulation magnétique transcranienne pourrait altérer le système de la récompense dans le cerveau. La technique pourrait être utilisée pour soigner l’obésité.

    MAGNÉTIQUE. La stimulation magnétique transcrânienne (SMT) pourrait être une thérapie efficace contre l‘obésité. C’est la piste thérapeutique que poursuit l’équipe italienne du Dr Luzi.De premiers travaux, conduits en 2017 sur des patients obèses (Indice de masse corporelle –IMC– compris entre 30 et 45), l’équipe était parvenue à faire perdre 3% de leur poids et 4% de leur masse graisseuse après trois séances de SMT par semaine pendant cinq semaines. La SMT consiste en l’application sur le crâne d’une bobine qui génère un champ électromagnétique. Sans électrodes et de manière non invasive, elle est capable de dépolariser et donc d’activer les neurones. L’équipe avait également montré que cette stimulation avait un effet sur la flore intestinale. Ces premiers travaux avaient fait l’objet d’un article dans le magazine Endocrine Society en avril 2017.

    Activer les circuits de la récompense

    Toutefois, cette équipe d’endocrinologie de Milan a cherché à savoir plus précisément quelles zones du cerveau étaient impliquées dans cette régulation de l’alimentation. Les chercheurs ont posé le postulat que l’obésité est liée à une défaillance du système de récompense. Après avoir mangé, les circuits de la satiété ne fonctionnant pas correctement chez les patients, ceux-ci deviendraient donc plus sensibles aux fringales. L’équipe a donc cherché à savoir si la stimulation magnétique chez les sujets obèses avait un effet sur le système de récompense et en particulier si cette méthode était capable de rétablir son bon fonctionnement.

    Ils ont soumis 40 patients à une seule session de 30 minutes de SMT au niveau du cortex préfrontal et de l’insula, une région du cerveau impliquée dans l’addiction. Une partie des sujets a reçu une stimulation à haute fréquence, une autre à basse fréquence et un troisième groupe témoin a reçu une « fausse stimulation ». Les chercheurs ont ensuite recherché la présence de béta-endorphine dans le sang, des molécules responsables de cette sensation de satiété et indiquant la bonne activation du circuit de la récompense. 

    Cette nouvelle expérience a permis de montrer que c’est surtout la stimulation à haute fréquence qui entraîne une augmentation significative des taux ces béta-endorphines. Un changement dans le taux de glucose et de leptine, l’hormone qui donne le sens de la satiété, a également été observé. L’hypothèse selon laquelle la stimulation magnétique peut stimuler le circuit de la récompense semble donc validée. La prochaine étape sera l’observation par imagerie cérébrale, d’un cerveau pendent, la stimulation magnétique. Cela pourrait permettre de comprendre comment la stimulation à haute fréquence change la structure et la fonction du cerveau des patients.

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