L’un des piliers de la neurochirurgie en Algérie a été inhumé, dans la dignité, dans la commune de Tizi N’Tlata, daïra des Ouadhias, à une trentaine de kilomètres au sud de Tizi Ouzou. Il s’agit du Pr Nafaâ Ioualalen, ancien chef du service de neurochirurgie de l’hôpital Aït Idir d’Alger, qui est décédé, mardi, à l’âge de 75 ans.
Ses funérailles à Acif Boulma ont drainé une foule nombreuse qui l’a accompagné à sa dernière demeure. Une atmosphère triste, marquée par une profonde émotion, a régné surtout lorsque la dépouille est sortie de la maison pour y être acheminée vers le cimetière où repose désormais en paix le défunt dans cette localité qui l’a vu naître. «Il est né et a grandi dans ce village où sont gravés les souvenirs de sa vie. Aujourd’hui, il y revient pour la dernière fois, entouré des siens, avant de rejoindre sa demeure éternelle. La disparition du professeur Nafaâ Ioualalen est une immense perte pour l’Algérie», souligne un proche du regretté.
«Dda Nafaâ était avant tout un homme d’une grande humanité. Sa bienveillance, son respect de l’autre et son dévouement resteront dans le souvenir de ceux qui l’ont connu», poursuit-il tout en précisant que «la disparition d’un homme est toujours une épreuve, mais celle d’un homme qui a consacré sa vie aux autres laisse une douleur particulière».
Des médecins et autres cadres de la santé ainsi que des élus et des anonymes ont rendu un ultime hommage au regretté, dont les obsèques ont été un moment historique dans ce village qui a enfanté un médecin d’une grande dimension. «C’est une grande fierté pour notre région et notre pays», laissent entendre des citoyens des Ouadhias, revisitant le parcours de ce neurochirurgien qui est parti après une riche carrière dans son domaine qu’il exerçait avec passion et rigueur. D’ailleurs, lors de ses apparitions ces dernières années dans les médias, il subjugue par sa modestie et son esprit d’ouverture en incarnant le respect avec ses hautes valeurs morales. «En neurochirurgie, on a toujours peur de perdre nos malades. Quand un patient décède, je passe des épisodes de dépression. Je reste plusieurs jours toujours perturbé. C’est pénible», a-t-il déclaré lors de son passage à la Télévision. Des mots qui en disent long sur l’attachement qu’avait le défunt à son métier et surtout son dévouement pour sauver des vies.
«C’est un homme qui ne se vante jamais de ses mérites quels qu’ils soient. Il a consacré sa vie aux patients, en participant à l’évolution d’une spécialité très exigeante. Il était très humble et surtout discret», témoigne-t-on, soulignant que le Pr Ioualalen a formé des générations de médecins spécialistes en neurochirurgie durant sa grande carrière d’hospitalo-universitaire. Ses anciens collaborateurs gardent, d’ailleurs, de lui l’image d’une figure emblématique et de pionnier incontesté de la neurochirurgie en Algérie. «Le professeur Ioualalen n’était pas seulement un praticien d’exception, il a été un bâtisseur et un mentor pour des générations de médecins. Par sa rigueur académique, son exigence scientifique et son humanisme bienveillant, il a façonné les bases de la neurochirurgie nationale et formé des spécialistes qui poursuivent aujourd’hui son œuvre à travers le pays», souligne le Dr Mohamed Bekkat-Berkani, président du bureau du Conseil national de l’Ordre des médecins algériens (Cnoma), dans un message de condoléances adressé, au nom de tous les membres du Conseil, à la famille du regretté défunt. «Au-delà de son expertise médicale d’une rare précision, nous saluons l’homme de devoir, dévoué corps et âme au service public de santé et au soulagement de la souffrance humaine. Son engagement éthique et son amour de la médecine resteront un modèle et une source d’inspiration pour toute la communauté médicale», ajoute le même texte.
Le défunt a eu droit à plusieurs hommages compte tenu de l’estime qu’il avait dans son entourage social et professionnel. «Son héritage scientifique, professionnel et surtout humain restera une référence indélébile», témoigne-t-on, évoquant aussi les qualités du Pr Ioualalene qui a œuvré pour une formation de qualité. «Il était l’un des piliers de la neurochirurgie qui a formé un grand nombre de spécialistes qui sont aujourd’hui chefs de service à travers pratiquement plusieurs wilayas du pays. Il a toujours été proche du patient pour faciliter le processus des soins et la prise en charge efficace de la maladie avec les traitements possibles.
Il était un vrai patriote, un humaniste, il avait un grand cœur et une grande culture», souligne-t-on également. Beaucoup de ceux qui ont travaillé avec le neurochirurgien disparu gardent de lui aussi l’image d’un homme inoubliable. L’artiste Hocine Ouahioune, lui aussi cadre de la santé, se rappelle, dit-il, de sa proximité professionnelle avec le Pr Ioualalen. «J’ai eu la chance et le privilège de travailler avec lui. Il me confiait certains de ses patients pour leur prise en charge en kinésithérapie.
A travers ces moments de collaboration, j’ai eu l’occasion de découvrir non seulement le grand neurochirurgien, mais surtout l’homme qu’il était, compétent, loyal, honnête, humble et profondément attaché à ses patients. Il avait cette qualité rare qui distingue les grands : la compétence sans arrogance, l’autorité sans mépris et le savoir accompagné d’une véritable humanité», confie-t-il. «L’Algérie perd aujourd’hui un éminent neurochirurgien. Ses patients perdent un médecin, ses confrères un maître et tous ceux qui l’ont connu perdent un homme dont la présence, la probité et la générosité laisseront une empreinte indélébile», ajoute-t-il pour évoquer, en quelques mots, les qualités indéniables d’un homme exceptionnel.
" إنّــا لله و إنّــا إليــه راجعـــون "
« A Dieu nous appartenons et à lui nous retournons ».
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