2025-08-22
Des chercheurs de l'UCLouvain ont découvert que les trois couches distinctes qui composent l'enveloppe des bactéries agissent de concert pour assurer leur protection, remettant en question le modèle longtemps admis selon lequel une seule couche jouait un rôle prépondérant.
Cette découverte, publiée dans la revue "Nature Microbiology", remet en question le modèle longtemps admis selon lequel le peptidoglycane - une sorte de "mur rigide" entourant la bactérie - suffisait à lui seul à résister aux agressions, notamment aux antibiotiques. Elle "permettra d'appréhender sous un jour nouveau cette défense des bactéries et ainsi de mettre au point de nouveaux an tibiotiques", expliquent les chercheurs.
"Jusqu'à récemment, le peptidoglycane était considéré comme la couche essentielle évitant l'implosion de la bactérie", explique Jean-François Collet, professeur à l'Institut de Duve de l'UCLouvain.
Or, son équipe a démontré que ce "squelette extracellulaire" fait en réalité partie d'un mécanisme plus large impliquant les trois couches de défense. "C'est l'ensemble du système qui protège les bactéries de nombreux antibiotiques", précise le chercheur. Ce fonctionnement s'applique à la moitié des bactéries actuellement connues, comme Escherichia coli ou la salmonelle.
Cette avancée constitue "un changement de paradigme majeur" qui pourrait ouvrir la voie au développement de nouveaux antibiotiques ciblant l'enveloppe bactérienne dans son ensemble. "Mieux on connaît nos ennemis et leurs moyens de défense, mieux on peut les attaquer ou déjouer leurs systèmes", souligne Jean-François Collet.
Cette découverte intervient dans un contexte où la résistance aux antibiotiques représente de plus en plus un défi sanitaire. L'OMS considère d'ailleurs l'antibiorésistance comme une menace "majeure" pour la santé mondiale. "Alors que les bactéries deviennent de plus en plus résistantes, il n'est pas illusoire de penser que d'ici 15-20 ans, nous connaîtrons une ère semblable à ce que nous vivions avant la découverte de la pénicilline au début du 20e siècle", avertit M. Collet.
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