2025-09-29

Une bactérie vivante devient l’arme secrète qui cible le cancer du côlon


Dans les tumeurs, le système immunitaire reste souvent aveugle. Pour briser ce silence, des scientifiques ont conçu un micro-organisme capable de déclencher localement une riposte immunitaire structurée, sans recourir à des substances chimiques ou à des cellules modifiées en laboratoire.

Une bactérie contre le cancer du côlon qui réveille l’immunité silencieuse

Lors de sa destruction, la bactérie libère une protéine appelée LIGHT, capable de stimuler une voie clé de signalisation immunitaire. Cette protéine active les cellules lymphoïdes innées de type 3 (ILC3), qui jouent un rôle central dans l’organisation de structures immunitaires spécialisées à proximité de la tumeur. C’est ainsi que naissent les structures lymphoïdes tertiaires matures, véritables bastions du système immunitaire.

L’étude, publiée dans Science Translational Medicine, a été menée par l’Université nationale de Singapour et l’Université de médecine de Changsha en Chine. Elle démontre que les tumeurs traitées par cette thérapie présentent une forte augmentation de ces structures immunitaires, avec des zones distinctes pour les cellules B et les cellules T, signe d’une organisation fonctionnelle. La bactérie n’agit donc pas seule. Elle initie une cascade biologique qui transforme l’environnement tumoral.

Ces structures mTLS, jusque-là difficiles à induire artificiellement, sont corrélées à de meilleurs taux de survie. Grâce à l’effet combiné de la protéine LIGHT et des ILC3, le système immunitaire devient capable d’identifier la tumeur et de lancer une attaque ciblée, mobilisant notamment les cellules T cytotoxiques capables de déclencher l’apoptose des cellules cancéreuses.

Une révolution thérapeutique qui redéfinit les limites du vivant

Si cette bactérie contre le cancer du côlon suscite autant d’intérêt, c’est parce qu’elle pourrait transformer l’approche même de l’immunothérapie. Là où les traitements classiques consistent à injecter des molécules ou à moduler des récepteurs, cette stratégie repose sur un organisme vivant, programmé pour délivrer un signal au bon endroit, au bon moment, puis disparaître. Elle fonctionne comme un médicament vivant, capable de remodeler localement le système immunitaire.

Chez les animaux, les résultats se sont révélés très prometteurs. En effet, la croissance tumorale a nettement diminué, tandis que la survie s’est améliorée. Parfois même, la tumeur a totalement régressé. L’étude, relayée par l’Université nationale de Singapour, a aussi mis en lumière un effet inattendu. Elle montre que cette thérapie restaure la diversité du microbiote intestinal. Ce bénéfice secondaire reste pourtant important dans le cadre du cancer du côlon.

Comme le rappelle New Atlas, cette approche ne pourra être transposée à l’Homme qu’après de nombreuses étapes. Les chercheurs devront vérifier que le système immunitaire humain réagit de manière comparable et que la libération de LIGHT ne provoque pas d’effets indésirables. Les bactéries modifiées soulèvent également des enjeux de biosécurité, notamment en cas de déséquilibre du microbiote ou de mutation imprévue.

Une chose reste certaine. En combinant génie biologique et immunologie, cette approche ouvre la voie à des traitements vivants inédits. Elle ne vise pas à remplacer les thérapies classiques. Toutefois, elle pourrait les compléter, voire les renforcer. En effet, elle permettrait de rendre les tumeurs du côlon plus visibles. Dès lors, elles deviendraient plus vulnérables face aux défenses naturelles du corps.


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