2025-11-29
D’après des chercheurs de l’université de Cambridge, notre cerveau traverserait cinq phases au cours de la vie, chacune ayant ses propres spécificités.
Notre cerveau quitte-t-il vraiment l'adolescence lorsque nous atteignons la majorité ? Il semble que non, selon une récente étude parue dans la revue Nature Communications. Le cerveau humain sortirait de cette période autour des 32 ans, dévoilent des chercheurs de l'université de Cambridge, qui ont analysé les scanners cérébraux de quelque 4 000 sujets âgés de 0 à 90 ans.
Le cerveau humain traverse, d'après ces chercheurs, cinq phases distinctes de développement, avec des tournants clés à 9, 32, 66 et 83 ans. S'il est en constante évolution, ce processus n'est pas linéaire. « Le cerveau se restructure tout au long de la vie. Il renforce et affaiblit constamment ses connexions […] Il y a des fluctuations et des phases de restructuration cérébrale », a expliqué à la BBC le Dr Alexa Mousley, autrice principale de l'étude. D'après les chercheurs, ces résultats pourraient aider à comprendre pourquoi le risque de troubles mentaux et de démence varie tout au long de la vie.
D'après les résultats exposés dans Nature Communications, la première phase, de la naissance de l'enfant à ses neuf ans, est caractérisée par une augmentation rapide du volume du cerveau et par une explosion de ses connexions neuronales.
Des milliards de nouvelles liaisons sont créées pendant cette période, et les fonctions cognitives se développent rapidement. Des résultats peu étonnants, quand on sait que l'enfance est la période où doit être enregistré un nombre incalculable d'acquis déterminants pour le reste de la vie de l'individu.
De ses 9 à ses 32 ans, le sujet traverse une nouvelle phase cérébrale : l'adolescence. Juste avant ses dix ans, il voit ses connexions cérébrales atteindre une efficacité redoutable : « C'est un bouleversement majeur », souligne ainsi le Dr Alexa Mousley. Pendant cette période, le réseau neuronal du cerveau est extrêmement efficace. C'est également pendant ce laps de temps que le risque d'apparition de troubles mentaux est le plus élevé.
Après cette explosion, le cerveau entre dans son âge adulte et se stabilise… Pour pas moins de trois décennies ! La phase dite « adulte » dure en effet des 32 aux 66 ans de l'individu en faisant la période la plus longue. D'après Alexa Mousley, cela « correspond à un plateau d'intelligence et de personnalité ».
Vient ensuite une phase que certains peuvent redouter, dite du « vieillissement précoce ». Débutant autour des 66 ans de la personne, ce n'est cependant pas un déclin brutal ou soudain.
Il faut plutôt voir cette phase comme un ensemble de modifications des connexions neuronales. Plus précisément, au lieu de fonctionner comme un seul et unique cerveau, l'organe se divise progressivement en régions qui continuent, autant que faire se peut, à travailler en étroite collaboration.
Notons tout de même que c'est également à partir de cet âge que la surface blanche – qui transmet l'information, là où la substance grise la traite – et les connexions commencent à se dégrader. C'est aussi à partir de cette phase que peuvent commencer à se manifester certains troubles comme la démence ou l'hypertension artérielle, qui affectent la santé cérébrale.
Le processus se poursuit lors de la phase suivante, dite « vieillissement tardif », qui débute autour des 83 ans. La connectivité continue de diminuer, le cerveau commence à se reposer sur certaines zones plus que d'autres. Les données sont cependant moins nombreuses sur cette dernière période, car l'étude scannait uniquement des cerveaux sains – plus difficiles à trouver à partir de cet âge-là.
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