2025-12-04

Vers des traitements sur-mesure contre le cancer ? « Une avancée majeure » faite par des chercheurs de l’Université de Tours


Des chercheurs de l’Université de Tours publient une étude qui décrypte le comportement des tumeurs. Ils ont mis au point une méthode, basée sur l’intelligence artificielle, qui ouvre la voie à des diagnostics plus fins et à des thérapies adaptées à chaque patient.

Une « avancée majeure sur la détection et le traitement personnalisé des cancers » : c’est ainsi que l’Université de Tours qualifie, dans un communiqué de ce début décembre 2025, l’étude publiée par ses laboratoires à l’issue de travaux débutés en 2022. Les équipes du laboratoire Niche, nutrition, cancer et métabolisme oxydatif (N2COx), en collaboration avec le Laboratoire d’informatique fondamentale et appliquée de Tours (Lifat), à l’Université de Tours, ont analysé « des variations du calcium dans les cellules afin de détecter et de prédire le comportement des cellules cancéreuses ».

En effet, explique l’étude pilotée par les enseignants-chercheurs David Crottès (N2COx) et Thierry Brouard (Lifat) et publiée dans la revue Cell Communication and Signaling (Springer Nature)« le calcium est un messager universel qui permet aux cellules de communiquer entre elles et avec leur environnement. Ses fluctuations constituent un code précis, déclenchant des réactions spécifiques selon le type de cellule et l’information à transmettre. Cependant, dans les cellules cancéreuses, la régulation de ce signal est perturbée, favorisant leur prolifération et leur dissémination dans les tissus. Les équipes ont donc envisagé d’exploiter ces altérations du signal calcique comme des “ marqueurs ” pour identifier les cellules cancéreuses et évaluer leur agressivité ».

Bientôt testé à l’échelle humaine

Fruit de ce travail de longue haleine : la création d’un modèle d’intelligence artificielle capable de « détecter une cellule cancéreuse parmi des cellules non-cancéreuses » et « prédire son origine, son agressivité et sa résistance aux traitements », explique l’Université de Tours dans son communiqué. Ainsi, « l’étude du profil calcique des tumeurs à l’aide de modèles d’intelligence artificielle pourrait améliorer la prise en charge des patients et adapter les stratégies thérapeutiques »« Cela permettrait de prédire quel traitement utiliser sur le patient », vulgarise David Crottès, joint par la NR. Et ainsi gagner du temps dans la prise en charge.

Mais on n’en est pas encore là. Les chercheurs projettent désormais « de tester cette approche à l’échelle humaine », annonce l’université. Des recherches qui pourraient s’étaler encore plusieurs années. « Il nous faut les autorisations et un circuit clinique », annonce David Crottès. Si les essais sont à nouveau concluants, il sera temps d’envisager une mise en pratique. « Cinq ans si tout se passe bien, confirme David Crottès. Mais il reste de nombreux obstacles sur la route. Il faudra développer des modèles plus rapides et, surtout, convaincre les cliniciens. »


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