2025-12-12
La corrélation entre la naissance par césarienne et l’augmentation du risque de contracter une leucémie infantile avait déjà été étudié précédemment. Une nouvelle étude suédoise semble confirmer ces soupçons.
[Article déjà publié le 29 juillet 2025]
Cette étude, et les précédemment travaux sur le sujet, soulèvent des questions plus vastes sur la pertinence des accouchements par voie non naturelle quand ils ne sont pas justifiés médicalement.
Une récente étude menée par le Karolinska Institutet et publiée dans The International Journal of Cancer met en lumière la corrélation entre césarienne programmée, c’est-à-dire sans justification médicale d’urgence, et un risque accru de contracter une leucémie aigüe lymphoblastique soit la forme la plus courante de cancer pédiatrique.
C’est avec les données recueillies pour 2,4 millions de naissances suédoises que les chercheurs ont travaillé. Le mode d’accouchement aurait un effet clair sur le développement du système immunitaire de l’enfant. Cette très sérieuse étude a pris en compte différents facteurs pouvant également jouer sur la santé des bébés et enfants comme des variables sociodémographiques ou encore le risque pré-existant d’augmenter le risque de leucémie comme des malformations congénitales ou des troubles génétiques déjà connus.
L’étude révèle que le risque accru ne concerne que la leucémie aigüe lymphoblastique (dite LAL) et non les autres types de cancers comme les tumeurs cérébrales ou les lymphomes. Les pistes d’explication apportées avec ces résultats seraient l’importance du premier contact microbien, dans le cas d’un accouchement par voie naturelle, dans l’activation du système immunitaire de l’enfant ou encore le relâchement de cortisol par le corps de l’enfant lors d’accouchement par voie naturelle. Cette hormone aurait, également, des conséquences positives sur la maturation des fonctions immunitaires de l’enfant.
Elle questionne donc très sérieusement l’intérêt des accouchements par césarienne programmés pour des raisons non justifiées médicalement.
Tous les pays n’ont pas la même culture concernant le taux de césariennes programmées. En France, le chiffre d’un enfant sur cinq environ reste constant ces dernières années. En Suède, les césariennes programmées concernent un enfant sur six. Plusieurs raisons expliquent ces chiffres : certaines femmes en font spécifiquement la demande à leur médecin par peur de la douleur ou d’un potentiel traumatisme de l’accouchement par voie basse. D’autres ne sont juste physiologiquement pas considérées comme capables par l’équipe médicale. Dans d’autres cas, les césariennes programmées permettent une meilleure gestion de l’occupation des lits hospitaliers. Ainsi, les équipes ont un meilleur contrôle du remplissage du service.
Dans certains pays, le nombre de césariennes programmées est particulièrement impressionnant : en République dominicaine, elles concernent 58% des naissances en 2020. Au Brésil, on parle de 55% des naissances qui se feraient par césarienne programmée et au Chili le chiffre serait de 50%.
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