2025-12-10

Vers la fin des piqûres pour les diabétiques ? Un dispositif révolutionnaire mis au point par le MIT peut mesurer le glucose grâce… à la lumière


Mesurer la glycémie sans douleur ni capteur sous la peau, c’est le pari relevé par une équipe du MIT grâce à une technologie lumineuse issue de la recherche biomédicale. Un pas décisif vers des capteurs miniatures, discrets, et accessibles au plus grand nombre.

La surveillance du diabète reste l’un des actes médicaux les plus répétés au quotidien dans le monde. Pourtant, malgré les avancées technologiques, rares sont les solutions qui parviennent à s’imposer sans imposer à leur tour une contrainte physique ou mentale. Alors que la douleur et la lassitude minent l’adhésion des patients, un espoir prend forme du côté des laboratoires. La promesse d’une surveillance du glucose sans piqûre commence à se concrétiser, portée par des chercheurs qui misent sur un outil inattendu : la lumière.

Un geste quotidien contraignant pour des millions de personnes

Chaque jour, des millions de diabétiques dans le monde s’arment de courage pour effectuer un même geste : se piquer le doigt. Cette routine, souvent répétée plusieurs fois par jour, est loin d’être anodine. Elle génère de la douleur, de l’inconfort, et un stress psychologique qui pousse nombre de patients à négliger leur propre suivi. Même les capteurs sous-cutanés, censés simplifier le quotidien, ne font pas l’unanimité. Ils nécessitent une insertion dans la peau, provoquent régulièrement des irritations, et doivent être remplacés tous les 10 à 15 jours, avec un coût non négligeable.

L’enjeu dépasse largement la simple gêne physique. Lorsque le contrôle glycémique devient trop contraignant, certains malades finissent par espacer les mesures, au détriment de leur santé. Des complications graves peuvent alors survenir, allant de la fatigue chronique à des troubles cardiovasculaires. Pour les chercheurs, il devient donc urgent de concevoir une méthode fiable, continue, mais surtout indolore.

La lumière au service d’une surveillance du glucose sans piqûre

Et si la peau révélait ses secrets sans la moindre piqûre ? C’est le défi relevé par une équipe du MIT. Ils ont conçu un dispositif qui mesure le glucose grâce à un faisceau lumineux. Leur méthode repose sur la spectroscopie Raman, qui étudie l’interaction entre la lumière et les molécules du corps. En dirigeant une lumière proche de l’infrarouge sur l’avant-bras, ils captent des signaux propres au glucose. Ceux-ci proviennent du liquide interstitiel situé juste sous la peau.

Ce principe, démontré dès 2010 dans le laboratoire du MIT Laser Biomedical Research Center, restait jusqu’ici difficile à miniaturiser. Les premiers dispositifs occupaient la taille d’une imprimante de bureau. Mais selon MIT News, les chercheurs sont désormais parvenus à concentrer leur technologie dans un appareil gros comme une boîte à chaussures, sans perdre en précision. Ils y sont parvenus en sélectionnant uniquement trois bandes spectrales spécifiques sur les mille habituellement utilisées, réduisant ainsi l’encombrement, les coûts et le temps de traitement.

Chaque mesure ne dure qu’une trentaine de secondes. Lors des essais cliniques menés sur un volontaire en bonne santé, les résultats se sont révélés très précis. En effet, ce dispositif optique rivalise avec deux moniteurs invasifs bien établis. Il s’agit du Freestyle Libre 3 et du Dexcom G7. D’après Popular Science, ces performances placent la technologie du MIT parmi les rares solutions viables pour surveiller le glucose sans piqûre.

Miniaturiser sans compromettre la précision

Pour rendre leur technologie portable, les scientifiques ont dû surmonter des obstacles aussi bien optiques qu’algorithmiques. Dans leur dernière publication dans ACS Publications, ils décrivent une version compacte du dispositif, baptisée BRS (Band-Pass Raman Spectroscopy), intégrée dans un boîtier de 31 × 27 × 21 cm. L’échantillonnage spectral est restreint à trois longueurs d’onde précises. Une bande principale correspondant au pic du glucose, et deux bandes latérales servant de références internes. Ce choix permet de s’affranchir des caméras CCD classiques et des éléments optiques complexes qui alourdissent les systèmes Raman traditionnels.

Lors des tests, un faisceau lumineux de 830 nm a été dirigé vers l’avant-bras d’un participant toutes les cinq minutes, sur une durée de quatre heures. Des mesures ont simultanément été prises par glucomètre classique et par capteurs sous-cutanés. Les données ont ensuite été traitées avec un algorithme de calibration quadratique. Le taux d’erreur relatif moyen n’a pas dépassé les 12%, une valeur tout à fait acceptable pour une utilisation clinique.

La prochaine avancée vise un format miniature, équivalent à celui d’une montre. Des tests sont déjà menés auprès de patients prédiabétiques, mais aussi sur diverses teintes de peau. L’objectif est de garantir une fiabilité constante, quelle que soit la personne. Si les résultats se confirment, ce capteur pourrait changer le quotidien des patients. En effet, il permettrait de mieux gérer le diabète sans effort ni douleur. La médecine de demain pourrait donc reposer sur la lumière, sans la moindre goutte de sang.

EN BREF

  • Le MIT développe un dispositif de mesure du glucose sans piqûre utilisant la spectroscopie Raman, miniaturisé à la taille d'une boîte à chaussures.
  • Ce dispositif utilise la lumière infrarouge pour capter des signaux du glucose à travers la peau, rivalisant avec les moniteurs invasifs actuels.
  • Une avancée prometteuse pour surveiller le diabète sans douleur, potentiellement révolutionnaire pour les patients du monde entier.


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