2026-01-22
Le directeur des prestations à la Caisse nationale des assurances sociales (CNAS), Abdelhafid Djeghri, explique la procédure permettant l’application du récent dispositif d’accès gratuit des personnes démunies aux médicaments.
Intervenant hier sur les ondes de la Chaîne 3 de la Radio nationale, ce responsable donne plus de détails, qualifiant cette mesure «d’avancée majeur dans le système de la protection sociale en Algérie».
Il annonce, à cet effet, le lancement de la carte électronique destinée à «cette catégorie bien précise de citoyens». «Il s’agit de personnes sans revenus, non affiliées à un régime de Sécurité sociale et ne bénéficiant d’aucun dispositif de soutien existant. Contrairement aux salariés, aux chômeurs indemnisés, aux personnes en situation de handicap ou aux bénéficiaires des allocations de solidarité, ces citoyens ne disposaient jusque-là d’aucune couverture leur permettant d’accéder régulièrement aux médicaments», souligne-t-il.
La mise en œuvre de cette mesure, indique-t-il, passe par une démarche administrative. Selon M. Djeghri, «pour être reconnue comme personne démunie non assurée sociale, la démarche commence au niveau de l’Assemblée populaire communale du lieu de résidence». «Le citoyen concerné doit y déposer un dossier administratif attestant de sa situation sociale. Après enquête, le dossier est transmis à une commission de wilaya qui statue officiellement sur l’éligibilité. Une fois cette qualité reconnue, la personne peut bénéficier du nouveau dispositif prévu par le décret exécutif 24-187», précise-t-il. Ce texte, estime M. Djeghri, «vient corriger les limites d’un ancien système jugé insuffisant». «Auparavant, la prise en charge concernait uniquement les personnes démunies atteintes de maladies chroniques et se limitait à une liste restreinte d’environ 136 médicaments. Désormais, le champ des bénéficiaires est élargi à l’ensemble des personnes démunies, qu’elles soient atteintes ou non de maladies chroniques, avec une extension importante au profit des enfants mineurs à charge», détaille-t-il.
Environ 3000 bénéficiaires potentiels
L’accès au dispositif ne devrait pas prendre beaucoup de temps. Selon Abdelhafid Djeghri, la «CNAS s’est fixé un délai de 15 jours après réception des listes validées par les commissions de wilaya pour produire et acheminer les cartes». «A ce jour, plus de 375 personnes, auxquelles s’ajoutent leurs enfants mineurs, ont déjà été recensées dans 23 wilayas, et les estimations font état de 2000 à 3000 bénéficiaires potentiels à l’échelle nationale», déclare-t-il. Poursuivant, M. Djeghri met l’accès sur «l’importance du contrôle et du suivi», soulignant que «le système électronique permettra de prévenir les abus, de contrôler la cohérence entre prescriptions et état de santé, et de constituer une base de données fiable pour orienter les futures décisions en matière de protection sociale». L’autre nouveauté de ce système, dit-il, est «l’élargissement spectaculaire de la liste des médicaments pris en charge». Celle-ci dépasse aujourd’hui les 5500 produits pharmaceutiques, couvrant aussi bien les affections chroniques que les maladies aiguës, en fonction de l’état de santé du patient et sur prescription médicale. «L’accès aux médicaments se fait désormais à travers le réseau national des officines privées conventionnées avec la Sécurité sociale. Plus de 13 000 pharmacies sont aujourd’hui partenaires de la CNAS, offrant ainsi une proximité géographique et un accès facilité aux bénéficiaires, quel que soit leur lieu de résidence», ajoute Abdelhafid Djeghri.
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