2026-01-26
Les nouveaux antibiotiques sont devenus une priorité face à la résistance croissante des bactéries. Une équipe a mis au point une méthode automatisée pour en créer rapidement. Elle repose sur des composés métalliques et une chimie hautement contrôlée.
Face à l’essor des bactéries résistantes, la course aux nouveaux antibiotiques s’intensifie. Pourtant, les méthodes classiques restent longues et peu productives. Une équipe de chercheurs a mis au point un procédé inédit, alliant robotique et métaux rares, pour générer des molécules actives en un temps record. Cette avancée pourrait bouleverser la recherche mondiale en infectiologie.
Les nouveaux antibiotiques ne proviennent pas toujours de molécules organiques classiques. Une équipe de l’université de York, au Royaume-Uni, a misé sur des composés métalliques pour créer des agents antimicrobiens originaux. Pour y parvenir, les chercheurs ont combiné 192 éléments organiques appelés ligands avec cinq métaux différents.
Selon un article publié par Live Science, cette synthèse a été menée à l’aide d’un robot automatisé. L’équipe a utilisé la click chemistry (chimie par encliquetage), une méthode simple et fiable. Elle permet d’assembler des blocs moléculaires pour créer rapidement des structures complexes. En une semaine, les chercheurs ont obtenu 672 composés métalliques différents. Certains ont montré une activité notable contre Staphylococcus aureus, une bactérie impliquée dans de nombreuses infections hospitalières.
Les complexes contenant de l’iridium ou du rhénium ont donné les meilleurs résultats. Ils ont inhibé fortement la croissance bactérienne. L’un d’eux était jusqu’à 100 fois plus actif contre les germes que toxique pour les cellules humaines. Cette différence entre efficacité et toxicité est cruciale pour un usage médical. Ces composés, très différents des antibiotiques actuels, pourraient ouvrir une nouvelle voie thérapeutique.
Les nouveaux antibiotiques deviennent accessibles grâce à une stratégie de synthèse rapide et ciblée. Dans une étude publiée dans Nature Communications, les chercheurs ont mis au point une méthode appelée « Direct-to-Biology ». Elle permet de tester les complexes métalliques immédiatement après leur formation, sans passer par des étapes longues de purification.
Cette approche réduit considérablement les délais habituels en recherche pharmaceutique. Elle repose sur une automatisation complète des réactions chimiques et des tests biologiques. Dès qu’un composé est formé, il est évalué pour son efficacité contre les bactéries, mais aussi pour son innocuité sur les cellules humaines.
Cette méthode a permis d’identifier six complexes particulièrement prometteurs. Actifs à très faibles concentrations, ils ont aussi montré une toxicité réduite. La capacité à produire et tester des centaines de candidats en un temps très court constitue un avantage décisif. Elle augmente les chances de trouver des molécules efficaces contre les bactéries résistantes.
Les nouveaux antibiotiques découverts grâce à cette méthode ne sont qu’un début. Les chercheurs souhaitent désormais intégrer l’intelligence artificielle dans leur processus. Les chercheurs analyseront les données issues des tests. Des modèles pourront ensuite prédire quelles combinaisons métal-ligand seront les plus prometteuses.
Cette démarche associe chimie de précision, automatisation et analyse prédictive. Elle permet de sélectionner, dès la conception, les structures les plus susceptibles de réussir. Par conséquent, elle évite de consacrer du temps à des molécules inefficaces ou trop toxiques.
Dans un contexte où les bactéries multi-résistantes posent un défi croissant, cette approche offre une réponse concrète. Elle pourrait réduire les délais entre la découverte d’un composé actif et le développement d’un traitement viable. En combinant technologie de pointe et rationalité scientifique, les nouveaux antibiotiques produits par cette méthode pourraient changer durablement la lutte contre les infections résistantes.
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