2026-01-28

Cosmétiques contrefaits, dates falsifiées… : Le danger est dans nos rayons !


La falsification des dates de péremption et la contrefaçon sont devenues un fléau préoccupant en Algérie, touchant aussi bien les denrées alimentaires que les produits d’hygiène et de consommation courante. Une fraude aux conséquences sanitaires et sociales graves.

Dans les supérettes et petites surfaces de vente, la fraude se manifeste de façon insidieuse. Les produits falsifiés sont souvent placés en rayon aux côtés d’articles conformes, rendant leur identification difficile pour le consommateur. Les services de sécurité annoncent régulièrement des coups de filet pour rassurer les consommateurs et protéger la santé publique. Dans ce contexte, la police judiciaire de la wilaya de Sétif a frappé un grand coup contre la fraude commerciale.

Deux individus ont été interpellés pour avoir falsifié les dates de péremption de produits de large consommation, mettant gravement en danger la santé des citoyens. L’opération a permis la saisie d’une quantité importante de produits cosmétiques, d’hygiène et de denrées alimentaires.

Parmi les articles récupérés figurent des shampooings de diverses marques, savons pour adultes, produits d’hygiène pour bébés et talc (poudre pour nourrissons) ainsi que des produits alimentaires, tels que le vinaigre, mayonnaise, biscuits, eau de fleur d’oranger, et bien d’autres articles de consommation courante. L’enquête a révélé que «les suspects s’approvisionnaient à bas prix auprès de certaines usines en récupérant des stocks périmés ou en passe de l’être.» Le stratagème consistait ensuite à «falsifier les dates de validité avant de réinjecter ces produits dans le circuit commercial, notamment auprès de certaines surfaces de vente, en les faisant passer pour des produits conformes».

A l’issue de l’enquête, les mis en cause ont été présentés devant le parquet selon la procédure de comparution immédiate. Le tribunal a décidé du report de l’audience à la semaine prochaine. Il est à noter que l’Association de protection et d’orientation du consommateur et de son environnement (Apoce) s’est officiellement constituée partie civile dans cette affaire pour défendre les droits et la sécurité des citoyens face à ces individus qualifiés de «sans conscience».

Il faut dire que le secteur des cosmétiques est l’un des plus touchés par la contrefaçon en raison de la forte attractivité des marques de renom. Les contrefaçons portent massivement sur les parfums, les produits d’hygiène (shampooings, dentifrices) et les crèmes de soin. Contrairement aux produits originaux, les cosmétiques contrefaits ne respectent aucune norme de sécurité. Ils contiennent souvent des substances interdites ou toxiques qui peuvent provoquer des réactions allergiques graves, des dermatoses ou des brûlures chimiques.

Ces produits utilisent frauduleusement des marques déposées pour tromper le consommateur sur l’origine et la qualité du produit, nuisant ainsi gravement à la réputation des entreprises légitimes.

Produits «cabas» et promotions trompeuses

La contrefaçon de produits destinés à l’alimentation humaine est jugée quant à elle particulièrement dangereuse car elle met en jeu le pronostic vital des consommateurs. La fraude consiste souvent à utiliser des emballages authentiques pour y introduire des substances de qualité inférieure, ou à modifier les dates de péremption de produits déjà avariés.

Ce phénomène a de multiples causes. La majorité des Algériens veulent acheter pas cher et bon marché avec des revenus qui stagnent face à une inflation persistante. Il y en a d’autres aussi qui aiment même acheter en dehors des circuits officiels, parce que pour eux, ils font de meilleures affaires quand ils achètent sur les bords de route, autour des marchés hebdomadaires ou s’approvisionnant des marchés à la sauvette.

La fermeture des frontières à l’importation des produits cosmétiques a fait naître également des réseaux d’importation informels. Il s’agit de produits dits «cabas» dont on ne connaît pas l’origine et qui ne sont soumis à aucun contrôle : c’est un marché qui prend visiblement de l’ampleur. Certains importateurs ont délaissé les circuits classiques pour investir dans un créneau jugé lucratif : acheter à l’étranger, à des prix symboliques, des stocks dont la date de péremption est imminente.

Ces produits sont ensuite revendus en Algérie avec des marges importantes en jouant sur la quantité et le flux constant de marchandises. Pour écouler rapidement ces stocks avant qu’ils ne deviennent invendables, les commerçants ont un mode d’emploi bien ficelé et utilisent des méthodes de vente agressives. Les produits sont proposés à des tarifs jusqu’à cinq fois inférieurs au prix normal. Des écriteaux «Promotion» sont placés à l’entrée des supérettes pour attirer les clients.

La marchandise est écoulée très vite (parfois en une journée) et immédiatement remplacée par de nouveaux lots. Bien que la loi encadre strictement les périodes de soldes et de promotions (tous les six mois), ce marché parallèle échappe à tout contrôle.

L’Apoce dénonce «un marché déguisé qui n’est soumis à aucune surveillance, laissant le consommateur seul face à ces risques». Les principales causes de la falsification des dates de péremption résident dans la recherche du profit facile, où les fraudeurs exploitent la forte demande pour les produits alimentaires de base, combinée à des failles dans le contrôle dues au manque de surveillance stricte et à l’insuffisance des inspections régulières.

A cela s’ajoute la prolifération du marché informel, qui crée des circuits parallèles favorisant la circulation de produits falsifiés et rendant leur traçabilité encore plus difficile.

Dossier réalisé par Kamel Benelkadi


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