2026-01-28
Une équipe espagnole de chercheurs a développé une trithérapie pour soigner le cancer du pancréas. Le traitement s'est révélé efficace sur des souris.
Souvent diagnostiqué à un stade inopérable, le cancer du pancréas est difficile à soigner. Une équipe du Centre national espagnol de recherche sur le cancer (CNIO) vient pourtant de publier une étude porteuse d'espoir dans la revue PNAS : elle a expérimenté un traitement permettant de faire régresser la maladie chez des souris.
Sa stratégie se concentre sur l'oncogène (un gène dont l'expression favorise la survenue de cancers) KRAS, qui apparaît muté chez 90% des personnes atteintes au pancréas. Les scientifiques du CNIO ont cherché à bloquer son action en trois points plutôt qu'en un seul.
Il s'agit donc d'une trithérapie, reposant sur trois traitements distincts : un inhibiteur de KRAS (daraxonrasib), un médicament approuvé pour certains adénocarcinomes pulmonaires (afatinib) et un dégradeur de protéines (SD36).
Ils ont été administrés à des souris atteintes d'adénocarcinome pancréatique. Cette forme de cancer prend naissance dans les cellules glandulaires formant le revêtement interne de l'organe touché. L'équipe dirigée par Mariano Barbacid, directeur du groupe d'oncologie expérimentale du CNIO, a alors observé «une régression significative et durable de ces tumeurs expérimentales sans provoquer de toxicités importantes».
Mieux : les tumeurs n'ont montré aucune résistance au traitement après quelques mois. Un phénomène pourtant souvent observé avec les traitements actuels contre le cancer du pancréas, qui perdent de leur efficacité lorsqu'une telle résistance se fait sentir.
Si de tels résultats expérimentaux n'avaient jamais été obtenus auparavant, les chercheurs ont toutefois tempéré l'enthousiasme général dans un communiqué publié sur le site du CNIO. Ils rappellent que «l'optimisation de la trithérapie décrite ici pour une situation clinique ne sera pas chose aisée». Ces résultats ouvrent toutefois «la voie à la conception de thérapies combinées susceptibles d’améliorer la survie» des patients.
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