2026-02-01
Des chercheurs espagnols ont réussi à éliminer complètement des tumeurs pancréatiques chez des souris grâce à une combinaison de trois médicaments. Cette approche innovante évite l'apparition de résistances au traitement, un obstacle majeur dans la lutte contre ce cancer particulièrement agressif.
En France, près de 16 000 nouveaux cas de cancer du pancréas ont été diagnostiqués en 2023, dont 52 % chez les hommes. On constate une augmentation d'environ 1,6 % de cas de cancer du pancréas par an chez les hommes depuis 2010, et de 2,1 % chez les femmes. Malheureusement, cette maladie est fréquemment découverte à un stade avancé, et les taux de survie à 5 ans après le diagnostic restent bas, inférieurs à 10 %, d’après la Fondation pour la Recherche Médicale (FRM).
Face à ce constat alarmant, les avancées thérapeutiques se font rares. Pourtant, une équipe du Centre national de recherche sur le cancer espagnol (CNIO) vient de franchir une étape décisive. Leurs travaux, publiés dans la revue scientifique PNAS, démontrent qu'une triple combinaison médicamenteuse permet d'éliminer durablement les tumeurs pancréatiques chez des modèles animaux, sans apparition de résistances. On vous explique.
L'innovation de l'équipe de recherche espagnole repose sur une stratégie simple : au lieu de cibler un seul point faible du cancer, elle en attaque trois simultanément. Les chercheurs bloquent trois molécules liées à KRAS, un gène défectueux présent chez 90 % des patients atteints de cancer du pancréas. Le traitement combine trois médicaments : un inhibiteur de KRAS en phase d'essai, un médicament déjà utilisé contre certains cancers du poumon, et un destructeur de protéines cancéreuses. Testé sur des souris malades, ce cocktail a fait disparaître les tumeurs “sans provoquer de toxicités importantes”, précisent les chercheurs dans un communiqué.
Les tumeurs ont complètement disparu chez les souris, qui sont restées en bonne santé même 200 jours après l'arrêt du traitement, sans rechute. Une première. Actuellement, les traitements ciblant KRAS perdent leur efficacité au bout de quelques mois car la tumeur développe des résistances. Malgré ces résultats encourageants, les chercheurs demeurent prudents : “Nous ne sommes pas encore en mesure de mener des essais cliniques”. Le passage à l'humain nécessitera encore du temps et des études complémentaires. Néanmoins, ces travaux “ouvrent la voie à de nouvelles thérapies qui pourraient améliorer la survie des patients”, après des décennies de progrès très limités contre ce cancer particulièrement agressif.
Pour rappel, le tabagisme, le surpoids, l'obésité et certaines prédispositions génétiques sont les principaux facteurs de risque établis du cancer du pancréas. Mais ils n'expliquent pas à eux seuls la progression alarmante observée en France. Une étude française a identifié un lien statistiquement significatif entre l'exposition aux pesticides et le risque de cancer du pancréas, en croisant les données de cancers diagnostiqués et les volumes de pesticides vendus par commune entre 2011 et 2021, souligne la FRM. D'autres hypothèses émergent également : les nano- et microplastiques ainsi que les substances perfluorées (PFAS), qui nécessitent des recherches approfondies pour comprendre leur rôle potentiel.
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