2026-02-02

La ménopause provoquerait des changements dans le cerveau semblables à ceux observés dans la maladie d'Alzheimer, selon une étude


Une vaste étude britannique suggère que la ménopause s'accompagne de modifications cérébrales similaires à celles observées dans la maladie d'Alzheimer. Une découverte qui pourrait contribuer à expliquer pourquoi les femmes sont plus touchées que les hommes par les démences.

La ménopause ne se limite pas seulement à des bouleversements hormonaux et physiques. Selon une large étude menée au Royaume-Uni, elle serait également associée à des changements structurels du cerveau, proche de ceux observés dans la maladie d'Alzheimer

Les résultats, publiés dans la revue Psychological Medicine, s'appuient sur les données de 125.000 femmes, dont environ 11.000 qui ont bénéficié dd'IRM cérébrales.

Les chercheurs ont observé une perte de matière grise dans plusieurs régions clés du cerveau, impliqués notamment dans la mémoire, l'apprentissage et la régulation des émotions. Des altérations qui pourraient, selon eux, jouer un rôle dans le risque accru de démence chez les femmes.

Des régions cérébrales très touchées

Les zones concernées par ces modifications sont bien connues des neurologues. Il s'agit notamment de l'hippocampe, essentiel à l'apprentissage et à la mémoire, du cortex entorhinal, impliqué dans la formation des souvenirs à la navigation spatiale, ainsi que du cortex cingalaise antérieur, qui joue un rôle dans l'attention et la gestion des émotions.

«Les régions du cerveau où nous avons observé ces différences sont précisément celles qui ont tendance à être affectées par la maladie d'Alzheimer», explique la professeure Barbara Sanhakian, de l'université de Cambridge, auteure principale de l'étude. 

«La ménopause pourrait rendre certaines femmes plus vulnérables à long terme. Ce n'est pas toute l'explication, mais cela pourrait aider à comprendre pourquoi on observe presque deux fois plus de cas de démence chez les femmes que chez les hommes».

La matière grise, qui diminue dans ces zones, correspond aux corps cellulaires des neurones et à leurs connexions proches, tandis que la matière blanche assure la transmission des signaux entre différentes régions du cerveau. Les deux sont essentielles au bon fonctionnement cérébral.

Hormonothérapie et santé mentale, des effets encore flous

L'étude s'est également penchée sur l'impact du traitement hormonal substitutif (THS). Contrairement à ce que certains espéraient, son utilisation ne semble pas prévenir la perte de matière grise observée pendant la ménopause. 

Les femmes sous THS présentaient par ailleurs plus fréquemment des troubles de la santé mentale, même si beaucoup d'entre elles souffraient déjà de difficultés psychologiques avant la prescription.

Pour la chercheuse Christelle Langley, co-autrice de l'étude, ces résultats soulignent la nécessité de mieux prendre en compte la dimension psychologique de la ménopause». «Il est essentiel d'être attentif non seulement aux symptômes physiques, mais aussi à la santé mentale des femmes à cette période de la vie. Il ne devrait y avoir aucune gêne à demander de l'aide».

Des experts appellent toutefois à la prudence. Channa Jayasena, spécialiste des hormones à l'Imperial College de Londres, rappelle que les effets du THS sur la santé cérébrale restent débattus et insuffisamment tranchés par les essais cliniques passés.

De son côté, l'Alzheimer Society souligne que les femmes représentent environ deux tiers des personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer au Royaume-Uni. Si les hormones sont soupçonnées de jouer un rôle, l'association rappelle que cette étude ne permet pas d'établir un lien direct entre les changements cérébraux à la ménopause et le développement ultérieur d'une démence, faute de suivi à long terme.


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