2026-02-02

Le ministre de l’Industrie pharmaceutique devant la commission de la santé de l’APN : Un système numérique pour le dépôt des programmes d’importations


L’industrie pharmaceutique algérienne s’apprête à franchir un cap structurant. A l’horizon 2026, l’ensemble du secteur sera engagé dans une numérisation globale, un chantier stratégique présenté, hier, par le ministre de l’Industrie pharmaceutique, Ouacim Kouidri, devant la commission de la santé de l’Assemblée populaire nationale (APN).

La réforme annoncée touche d’abord le cœur des procédures. Le ministère prévoit, selon ses dires, «la mise en place d’un système numérique dédié au dépôt à distance des dossiers relatifs aux programmes d’importation et aux demandes d’agrément, dont l’objectif est de garantir la transparence, la traçabilité et la rapidité de traitement». Une évolution majeure dans un secteur longtemps marqué par la lourdeur administrative et les délais d’instruction.

Autre pilier de cette transition digitale est la numérisation intégrale de l’enregistrement des produits pharmaceutiques au niveau de l’Agence nationale des produits pharmaceutiques. A cela s’ajoute l’intégration du système de sérialisation des médicaments dans les cahiers des charges. Cette mesure vise à assurer une traçabilité complète des produits, de la fabrication à la dispensation, et à renforcer la lutte contre les médicaments contrefaits, enjeu majeur de santé publique.

Cette modernisation intervient dans un contexte de consolidation remarquable de la production locale. Selon le ministre, «le taux de couverture du marché national par les médicaments fabriqués en Algérie a atteint près de 83% à fin 2025. Une performance saluée par l’Organisation mondiale de la santé qui considère désormais l’Algérie comme un ‘pôle régional qualifié’ pour l’approvisionnement du continent africain en médicaments et dispositifs médicaux conformes aux normes internationales de qualité et de sécurité».

Exportations

Les retombées économiques sont déjà tangibles. «La facture d’importation pharmaceutique a chuté de 1,25 milliard de dollars en 2022 à 718 millions en 2023, puis à 515 millions de dollars en 2024. Une baisse plus conséquente en 2025 est appelée à se poursuivre en 2026», selon les projections du ministère, traduisant l’impact direct de la substitution aux importations. Parallèlement, l’Algérie commence à s’imposer sur les marchés extérieurs. Les exportations de produits pharmaceutiques ont plus que triplé en un an, passant de 6,12 millions de dollars en 2023 à 23,15 millions en 2024, soit une croissance supérieure à 300%.

Cette dynamique devrait doubler en 2025, portée par un plan opérationnel d’accompagnement des industriels vers la certification internationale, condition-clé pour l’accès aux marchés africains et au-delà. La Foire commerciale intra-africaine organisée en septembre dernier en Algérie a joué un rôle catalyseur dans cette ouverture. Elle a offert une vitrine au produit pharmaceutique algérien, mettant en avant sa compétitivité et facilitant les partenariats industriels et commerciaux avec les opérateurs africains.


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