2026-02-16

Prise en charge de l’autisme : Lancement d’un programme éducatif unifié et formation de 320 intervenants


Longtemps fragmentée selon les territoires, la prise en charge de l’autisme en Algérie amorce une sérieuse progression.

En effet, la ministre de la Solidarité nationale, de la Famille et de la Condition de la femme, Soraya Mouloudji, a donné hier à Alger le coup d’envoi d’ateliers nationaux consacrés au nouveau programme éducatif et pédagogique destiné aux enfants atteints de troubles du spectre de l’autisme (TSA).

Réunissant 320 participants, cadres du secteur de la Solidarité nationale, enseignants, professionnels de l’éducation, associations et familles, ces sessions visent «à harmoniser les pratiques d’accompagnement à l’échelle nationale, dans un domaine longtemps marqué par l’hétérogénéité des approches».

Dans son allocution d’ouverture, la ministre a insisté sur la dimension stratégique de cette initiative. L’Algérie, a-t-elle affirmé, «progresse résolument vers la mise en place d’un système global de prise en charge des personnes atteintes du trouble de l’autisme, s’inscrivant dans la politique nationale de protection et de promotion des droits des personnes en situation de handicap». Ce tournant s’appuie notamment sur la création récente d’un Centre national de l’autisme et de centres spécialisés, institués par décrets.

Le futur centre aura pour mission «la mise en œuvre, le suivi et l’évaluation du plan national autisme», avec un rôle central dans la recherche, la formation et le soutien aux familles, tout en veillant à l’unification des interventions des différents secteurs. Au cœur de la réforme figure un projet de programme pédagogique commun destiné à l’ensemble des établissements spécialisés, qu’ils relèvent de la Solidarité nationale ou d’autres ministères. L’objectif est de garantir des standards homogènes de qualité et d’efficacité sur tout le territoire. La ministre a souligné que «la réussite de l’accompagnement nécessite une intervention multidimensionnelle englobant les aspects médicaux, psychologiques, éducatifs et sociaux», et repose avant tout sur «la formation spécialisée et continue de tous les intervenants sur le terrain».

Une approche multidimensionnelle

Cette logique intersectorielle s’est traduite par la présence de plusieurs membres du gouvernement, dont le ministre de l’Education nationale, celui de la Santé et le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale. Pour l’éducation nationale, l’école constitue un maillon décisif. Le secteur demeure «un partenaire essentiel dans l’accueil des cas atteints d’autisme», a rappelé M. Saâdaoui, évoquant la coordination gouvernementale et l’implication des parents et de la société civile, notamment pour le dépistage précoce et l’accompagnement continu.

Il a réaffirmé la «disponibilité du secteur à déployer le nouveau programme et à garantir les meilleures conditions de scolarisation». Le ministre de la Santé a, de son côté, mis en avant la construction d’un dispositif reposant sur le diagnostic précoce et le suivi médicopsychologique.

L’élaboration d’un plan national exige, selon lui, «la participation de plusieurs spécialités et secteurs» ainsi que l’appui d’experts nationaux et internationaux. Il a également rappelé les progrès réalisés en pédopsychiatrie où l’Algérie dispose aujourd’hui de 20 unités spécialisées dont 9 hospitalo-universitaires et d’une centaine de spécialistes.

Au-delà du soin et de l’éducation, l’enjeu est aussi social. Le ministre du Travail a insisté sur «l’importance d’assurer des soins psychologiques, une attention régulière et un accompagnement permanent aux enfants et à leurs familles, afin de mettre en valeur leurs capacités» et favoriser leur intégration.

«De nombreuses personnes à besoins spécifiques à travers le monde ont prouvé leur succès», a-t-il souligné, plaidant pour une approche centrée sur le potentiel plutôt que sur la déficience.

Ces ateliers constituent ainsi la première étape opérationnelle d’une réforme qui ambitionne de structurer durablement la politique publique de l’autisme en Algérie. A vrai dire, l’efficacité de ce nouveau dispositif sera jugée à l’aune d’un objectif central, celui d’offrir aux enfants autistes un accompagnement précoce, continu et coordonné, condition sine qua non de leur inclusion scolaire et sociale.

ParM.F.Gaidi


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