2026-04-05

Le ministère de l’Industrie pharmaceutique appelle à la vigilance


Face à l’instabilité croissante au Moyen-Orient, les autorités anticipent les risques de rupture de stock. Le ministère de l’Industrie et de la Production Pharmaceutique exhorte les acteurs du secteur à sécuriser leurs approvisionnements pour garantir la souveraineté sanitaire du pays.

Dans une déclaration accordée à la chaîne Ennahar TV, le ministère de l’Industrie Pharmaceutique a lancé un appel pressant à l’ensemble des établissements pharmaceutiques (fabricants, importateurs et exploitants). L’objectif est clair : faire preuve d’une «rigueur et d’une vigilance extrêmes» quant à l’approvisionnement en matières premières et produits finis.

Cette sortie intervient dans un climat de fortes tensions géopolitiques au Moyen-Orient, une zone stratégique pour le transit maritime et le commerce international. Les perturbations actuelles menacent directement les chaînes d’approvisionnement mondiales, ce qui pourrait, selon le ministère, impacter la disponibilité des médicaments sur le marché national dans les semaines et mois à venir.

Le ministère a rappelé que la sécurité du patient algérien dépend de la réactivité des entreprises. À ce titre, les opérateurs sont désormais soumis à deux obligations majeures. Les établissements doivent monitorer en temps réel l’évolution de leurs stocks et de leurs commandes internationales. Toute difficulté logistique ou commerciale susceptible d’entraver les programmes d’importation ou de production (matières premières, intrants, produits finis) doit être signalée « sans délai aux services compétents du ministère ».

Une industrie qui dépend de l’importation de principes actifs

L’inquiétude du ministère s’inscrit dans une réalité économique mondiale complexe. Le secteur pharmaceutique est particulièrement vulnérable pour plusieurs raisons. Les tensions en Mer Rouge obligent de nombreux navires à contourner l’Afrique par le Cap de Bonne-Espérance, augmentant les délais de livraison de 10 à 15 jours et faisant grimper les coûts de transport. Bien que l’Algérie ait considérablement boosté sa production locale (couvrant plus de 70% des besoins en volume), l’industrie dépend encore largement de l’importation de Principes Actifs (API) venant d’Asie et transitant par les zones de conflit. 

Biodiversité AlgérieL’instabilité énergétique liée au conflit pèse sur les coûts de fabrication du plastique, du verre et des produits chimiques dérivés du pétrole, essentiels au conditionnement des médicaments. Pour parer à toute éventualité, le ministère pourrait renforcer les contrôles sur les stocks de sécurité obligatoires (souvent fixés à 3 mois pour les produits essentiels). Cette stratégie de souveraineté vise à transformer la vigilance actuelle en une résilience durable, permettant au système de santé de fonctionner même en cas de rupture prolongée des flux internationaux.


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