2026-04-19
Réunis les 20 et 21 avril au théâtre d’Alger centre, parents, professionnels et décideurs sont appelés à plancher sur les défis persistants d’un secteur en mutation, de la formation des éducateurs au dépistage précoce.
Le coup d’envoi a été donné ce lundi. L’Association nationale Autisme Algérie (ANAA) inaugure son séminaire national de deux jours, placé sous le haut patronage de la ministre de la Solidarité nationale, Soraya Mouloudji, et organisé dans le cadre du mois de sensibilisation à l’autisme. Réunis au théâtre de la commune d’Alger centre autour du thème « Autisme… pour une dynamique renouvelée et une prise en charge efficace », participants et décideurs sont invités à transformer les constats en solutions concrètes.
Interrogée dimanche dans l’émission L’invité du jour sur la Chaîne 3 de la Radio algérienne, la présidente de l’ANAA, Leïla Ouali, a fixé les ambitions de ce rendez-vous : répondre aux « nombreuses préoccupations et défis » auxquels font face au quotidien les parents et les professionnels intervenant auprès des personnes atteintes de trouble du spectre de l’autisme (TSA). Le séminaire doit également permettre à tous les acteurs du secteur de se mettre à jour sur les nouvelles approches en matière de prise en charge.
Pour Leïla Ouali, la tenue de ce colloque est en elle-même un signe positif. Elle y voit la concrétisation d’une politique publique qu’elle qualifie de « très positive », illustrée par l’ouverture d’un grand centre national de référence et par le déploiement annoncé de centres régionaux dans les grandes villes du pays. Autant d’avancées que l’ANAA entend mettre à profit pour aller plus loin.
Parmi les chantiers prioritaires identifiés par la présidente de l’ANAA figure la formation des éducateurs spécialisés, dont le nombre demeure insuffisant au regard des besoins. Le séminaire sera l’occasion d’interpeller directement le ministère de la Solidarité nationale et les autorités compétentes sur ce volet, afin d’accélérer la structuration d’une filière de professionnels qualifiés.
Fondée en 2012, l’ANAA peut se prévaloir d’un bilan de terrain substantiel. En plus d’un an d’existence, l’association a formé des inspecteurs de l’Éducation nationale, des enseignants et des médecins pédiatres dans plusieurs wilayas. Elle a également organisé des séminaires à destination des parents pour les doter des outils fondamentaux de la prise en charge. En 2017, l’association était descendue dans la rue, à la Grande Poste d’Alger, pour former quelque 140 étudiants en médecine — une initiative symbolique qui illustre l’esprit militant de la structure.
Sur la question du dépistage, Leïla Ouali se veut volontairement optimiste tout en dressant un état des lieux lucide. Des centres de diagnostic existent — à Chéraga, à Bouchaoui, à Constantine — mais leur nombre reste insuffisant au regard de l’étendue du territoire national. La présidente de l’ANAA fonde de grands espoirs dans le nouveau centre national de l’autisme, auquel elle assigne notamment la mission de constituer une base de données nationale, préalable indispensable au déploiement d’équipes pluridisciplinaires de dépistage et de diagnostic précoces dans chaque région du pays.
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