2026-06-14
Trois cent trente huit nouveaux cas de diabète de type 1 ont été recensés chez les enfants âgés de moins de 15 ans au niveau de l’ensemble des établissements hospitaliers du secteur public de la wilaya d’Alger, et cela, entre le 1er janvier au 31 décembre 2023», c’est ce qu’a indiqué le dernier Registre du diabète de type 1 chez l’enfant âgé de moins de 15 ans au niveau de la wilaya d’Alger, initié par l’Institut national de santé publique (INSP).
Sachant que plus de la moitié de ces nouveaux cas ont été diagnostiqués au niveau du CHU Nafissa Hamoud, avec 78 cas, soit un taux de 23,1%. L’EPH de Belfort arrive en seconde position avec 69 cas, soit 20,4% des cas enregistrés. Et enfin, le CHU Douéra clos le podium avec 36 cas, soit 10,7% des cas enregistrés au niveau de la wilaya d’Alger. Pour ce qui est du reste du classement, il est établi comme suit : EPH de Birtraria et de Bologhine avec 29 cas chacun, soit 8,6%, le CHU de Béni Messous avec 27 cas, soit 8%, le CHU Mustapha avec 23 cas et 6,8%, le CHU Bab El Oued avec 22 cas, soit 6,5%, l’EPH d’Ain Taya avec 9 et 2,7% et enfin, l’EPH de Rouiba et de Zéralda avec 8 cas chacun, soit 2,4%. Si, selon le rapport, l’âge moyen de ces enfants lors du diagnostic était de 7-5 ans, la même source précise que le quart de ces enfants, l’âge observé était inférieur à 4 ans, pour la moitié, l’âge observé était inférieur à 8 ans et enfin, pour les trois quarts, l’âge observé était inférieur à 11 ans.
«Parmi les 338 nouveaux cas de diabète de type 1diagnostiqués en 2023 dans la wilaya d’Alger, 165 étaient du sexe masculin et 173 du sexe féminin», poursuit le rapport. Par ailleurs, il est mentionné, dans le rapport, que 67,3% des nouveaux cas de diabète de type 1 avaient au moins un parent (père, la mère, le frère, la sœur, l’oncle ou la tante, le grand-père, la grand-mère, le cousin(e) au 1er degré) diabétique dans la famille. Et retrouvé chez 19,5% des nouveaux cas de DT1, un antécédent de pathologie auto-immune, représenté essentiellement par la thyroïdite (52,7%) et la maladie cœliaque (10,9%), chez les parents a été retrouvée.
Autre information capitale concerne les circonstances de découverte. A cet effet, le rapport indique que les circonstances de découverte les plus fréquentes de la maladie étaient la cétose inaugurale avec 52,3% des cas, suivie par l’acidocétose (avec ou sans troubles neurologiques) dans 28,6% des cas.
«Le syndrome polyuro polydipsique (SPP) arrivait en troisième position avec 16,1% des cas», poursuit la même source. Sachant que dans 56,3% des cas, le diabète de type 1 était diagnostiqué, selon les auteurs du rapport, dans un délai supérieur ou égal à deux semaines après l’apparition des premiers symptômes. Si ce rapport et les résultats qu’il apporte sont si importants, c’est car le diabète constitue un réel problème de santé publique que ce soit en Algérie ou ailleurs.
D’ailleurs, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) estimait que 422 millions de personnes à travers le monde étaient, en 2014, porteuses de cette maladie. Cette dernière est de ce fait responsable, durant la même année, de 1,6 million de décès.
Par Sofia Ouahib
«Plusieurs facteurs pourraient expliquer l’augmentation de ces cas. Et on peut les répertorier selon trois grandes catégories», affirme le Pr Khiati. Et le premier facteur est la génétique. A cet effet, le spécialiste explique que les études montrent que la génétique peut expliquer environ 50% du risque de développer le diabète de type 1. «Les gènes du complexe HLA (Human Leukocyte Antigen) jouent un rôle crucial en régulant la reconnaissance du soi par le système immunitaire», explique-t-il. De ce fait, le risque est d’environ 5% de développer la maladie quand on a un parent atteint de DT1, contre 0,3 à 0,5% dans la population générale. Par contre, lorsque les deux parents sont diabétiques de type 1, le risque s’élève à environ 30%, mais cela signifie aussi que 7 enfants sur 10 ne développeront jamais la maladie. «Si l’un des jumeaux monozygotes a un DT1, l’autre ne le développera que dans 30 à 50% des cas, signe clair d’un rôle important de l’environnement», poursuit-il. Affirmant au passage que la génétique crée certes un terrain, mais ne suffit pas à déclencher la maladie. «Selon une formule consacrée dans ce domaine : ‘’on ne nait pas diabétique mais on nait prédisposer à le devenir’’», conclut-il à ce sujet. Le second facteur qui expliquerait, selon le Pr Khiati l’augmentation de cas : Les infections virales. A cet effet, le spécialiste fait savoir que parmi les facteurs environnementaux, une infection par certains virus, particulièrement le virus Coxsackie B, paraît être une hypothèse sérieuse au vu des preuves recensées dans la littérature. Selon lui, les facteurs infectieux sont appuyés par la saisonnalité de l’apparition des anticorps et du diagnostic de la maladie, la survenue étant plus fréquente en automne et en hiver, ainsi que par l’association connue entre DT1 et rubéole congénitale. «Les entérovirus sont susceptibles d’induire une infection du sujet dès son plus jeune âge, voire pendant la grossesse», affirme-t-il. Enfin, l’environnement serait le dernier facteur qui expliquerait l’augmentation des cas. «L’hypothèse hygiéniste stipule qu’une baisse du nombre d’infections et d’infestations durant la petite enfance, et une flore intestinale symbiotique moins diversifiée, conduisent le système immunitaire vers l’auto-immunité», explique le Pr Khiati. Selon lui, en Algérie, la transition épidémiologique rapide, urbanisation, modification de l’alimentation, réduction des infections précoces, changements dans la composition du microbiote intestinal, crée précisément les conditions décrites par cette hypothèse. «Un effet protecteur de la vitamine D a également été avancé, pertinent dans un contexte où, malgré un ensoleillement abondant, beaucoup de personnes présentent des déficits prouvés»,
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