2026-06-30
Arrêter de fumer n’est pas toujours une partie de plaisir. En effet, chez beaucoup de fumeurs, les symptômes de manque sont tellement fréquents, qu’ils rechutent.
Bien que la cigarette électronique soit souvent perçue comme un outil de sevrage tabagique ou une alternative moins nocive que le tabac fumé, une nouvelle étude coréenne, publiée cette semaine dans la revue Nature Medicine, révèle que le «vapotage» quotidien après l’arrêt du tabac augmente significativement le risque de cancer du poumon. «Vapoter après avoir cessé le tabac est associé à une hausse de 56% du risque de cancer du poumon», fait savoir la publication. Plus loin encore, l’étude, réalisée sur la base d’analyse de plus de 4,5 millions de dossiers médicaux d’anciens fumeurs, indique que ce risque augmente de 91% pour les personnes âgées de 50 à 80 ans ayant fumé au moins 20 ans. De ce fait, l’arrêt du tabac sans passer par l’option vapotage semble être le choix le plus raisonnable pour les fumeurs souhaitant échapper au cancer du poumon. Et contrairement aux idées reçues, l’arrêt du tabac permet de réduire le risque de cancer du poumon, et cela même après plusieurs années de consommation.
Dans ce contexte, le Dr Samy Akroun, pneumologue explique : «Quelque soit le moment où on arrête de fumer, le risque de cancer bronchique se réduit.» Selon lui, il faut compter à peu près 5 ans pour diviser le risque par deux. «Et après 10 à 15 ans, le risque se rapproche de celui d’un non fumeur, mais il ne redevient jamais équivalent, surtout si le début intervient avant l’âge de 15 ans», confie-t-il.
En d’autres termes, la fonction pulmonaire commence à revenir, en quelques semaines, à la normale, notamment le débit respiratoire qui est corrélé au diamètre interne des bronches. «Sachant qu’un débit bas signifie souvent une réduction de calibre bronchique due à l’inflammation de la muqueuse (paroi interne des bronches) secondaire à l’inhalation chronique de fumée de cigarette», explique le Dr Akroun. De ce fait, très tôt après l’arrêt, l’inflammation commence à diminuer et le débit augmente. Et cela se poursuit sur de nombreuses années. «Malheureusement, il ne reviendra jamais à un niveau d’un non-fumeur, surtout après plusieurs années de tabagisme», prévient-il.
Finalement, en quelques mois, c’est le système de balayage de l’intérieur des bronches qui se remet en marche. Mais arrêter de fumer n’est pas toujours une partie de plaisir. En effet, chez beaucoup de fumeurs, les symptômes de manque sont tellement fréquents, qu’ils rechutent. Et ces derniers sont nombreux à avoir des envies irrépressibles de fumer (craving), de l’irritabilité, de l’anxiété et la nervosité, des troubles de la concentration, et du sommeil (insomnies, réveils nocturnes…), ainsi qu’une augmentation de l’appétit ou des pulsions vers des aliments sucrés. Toutefois, les premiers bénéfices observés après l’arrêt du tabac restent plus avantageux et encouragent à arrêter. «En quelques minutes déjà , le cœur se calme, la pression artérielle et les battements cardiaques redeviennent normaux», assure le Dr Akroun. Après quelques heures, le gaz carbonique diminue de moitié dans le sang et les cellules reçoivent plus d’oxygène. «En quelques semaines à quelques mois, le souffle s’améliore, les poumons fonctionnent mieux», ajoute-t-il. En plus, le système de nettoyage des bronches se remet en marche. A cet effet, il explique : «La fumée de tabac détruit les petits cils vibrant qui tapissent l’intérieur des bronches et qui fonctionnent un peu comme des balais qui évacuent les poussières, microbes et autres impuretés. Résultat, on est moins souvent malade ou encombré.» Pour ce qui est du risque de cancer, celui-ci diminue en quelques années. «Toutefois, il ne revient malheureusement jamais à la normale, comme chez quelqu’un qui n’a jamais fumé», se désole le Dr Akroun.
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