2026-07-02
Une vaste étude épidémiologique révèle que la consommation quotidienne de café, même à des doses élevées dépassant cinq tasses par jour, est associée à une diminution significative des risques de cirrhose, de cancer du foie et de mortalité hépatique. Les vertus antioxydantes de la boisson semblent supplanter l’effet de la seule caféine.
Les amateurs de caféine et de décaféiné ont une nouvelle raison de se réjouir. Selon des données initialement relayées par le réseau américain CNN et issues du suivi à long terme de plus de 354 000 participants pendant plus d’une décennie, les bienfaits du café sur la santé hépatique s’intensifient de manière générale avec le volume quotidien absorbé. Les conclusions, publiées dans la revue Clinical Gastroenterology and Hepatology, détaillent des baisses de risques graduelles mais spectaculaires.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes pour les scientifiques. Boire une à deux tasses par jour réduit le risque de cirrhose de 20 %, celui du cancer du foie de 24 % et la mortalité liée aux maladies hépatiques de 31 %. Pour ceux qui grimpent à trois ou quatre tasses, la baisse atteint 35 % pour la cirrhose et le cancer, et 41 % pour la mortalité. Le summum de la protection est observé chez les consommateurs de cinq tasses ou plus, avec une chute de 47 % du risque de cancer du foie.
La caféine ne serait pourtant pas la formule magique de cette équation médicale. Le docteur Hyunsuk Kim, spécialiste des transplantations hépatiques au centre médical Cedars-Sinai de Los Angeles et auteur principal de la recherche, apporte un éclairage crucial : « Il s’agit probablement des données les plus complètes pour suivre l’effet à long terme du café. Nous constatons que le bienfait du café pour le foie n’est probablement pas dû à la caféine, car nous observons un avantage similaire chez les personnes qui consomment du café décaféiné. Il semble donc que cela soit davantage lié à l’effet antioxydant du café. »
Le café est riche en antioxydants
Si l’ajout de sucre ou de substituts ne supprime pas totalement ces effets bénéfiques, les chercheurs soulignent qu’il en amoindrit l’impact protecteur. L’usage d’édulcorants artificiels a notamment été associé à l’augmentation d’un marqueur d’inflammation hépatique, un facteur pouvant accentuer le risque de stéatose hépatique ou maladie du foie gras.
Malgré l’enthousiasme suscité par ces résultats, les auteurs appellent à la prudence en raison de certaines limites méthodologiques. La consommation de café n’a été mesurée qu’à deux reprises sur une période de dix ans, un intervalle durant lequel d’autres facteurs de mode de vie ont pu évoluer. De plus, la cohorte étant majoritairement composée d’individus d’origine européenne au mode de vie globalement sain, de futures recherches devront inclure des populations plus diversifiées pour confirmer ces vertus universelles.
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