2026-07-06

La santé au cœur des priorités


Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a posé, hier à Rahmania, à l’ouest d’Alger, la première pierre de l’Institut algérien de thérapie cellulaire et génique, marquant ainsi le lancement officiel d’un projet structurant appelé à bousculer les codes de la prise en charge médicale conventionnelle et à faire entrer l’Algérie dans le cercle des pays misant sur les biotechnologies médicales de nouvelle génération.

Cette infrastructure, lancée dans le cadre des célébrations du 64e anniversaire de la Fête de l’indépendance, réunira des activités de soins, de recherche scientifique et de formation dans les domaines de la médecine régénérative et des biotechnologies, consolidant ainsi la stratégie nationale de souveraineté sanitaire.

Selon les informations fournies, le projet devrait devenir opérationnel en juillet 2027. Le ministre de l’Industrie pharmaceutique, Wassim Kouidri, qui s’exprimait, en juin dernier, devant les membres du Conseil de la nation, a souligné qu’avec la réalisation de cet institut, l’Algérie entend se positionner parmi les pionniers régionaux d’une médecine qui transformera profondément les traitements au cours des prochaines années. Le ministre a également affirmé que dans une décennie, une large partie de la médecine classique laissera progressivement place aux thérapies cellulaires. Pour concrétiser cette ambition, l’Algérie s’appuie sur des partenariats avec plusieurs institutions scientifiques internationales, dont le prestigieux Karolinska Institutet, ainsi que des partenaires américains et chinois spécialisés dans les biotechnologies.

A souligner que la thérapie cellulaire repose sur un principe inédit consistant à utiliser des cellules vivantes comme traitement. Des cellules, souvent des cellules souches ou des cellules immunitaires, sont prélevées, préparées en laboratoire, parfois modifiées génétiquement, avant d’être réinjectées, afin de réparer des tissus endommagés ou de combattre directement certaines maladies. Cette approche ouvre des perspectives importantes dans la prise en charge de cancers résistants, grâce notamment aux thérapies CAR-T, mais également des maladies neurodégénératives comme Parkinson ou de certaines pathologies chroniques. Contrairement aux traitements conventionnels qui agissent principalement sur les symptômes, la thérapie cellulaire vise à restaurer les fonctions biologiques altérées en mobilisant les propres mécanismes du vivant. Ainsi, au-delà de sa dimension scientifique, ce projet traduit également la volonté des pouvoirs publics de développer une industrie pharmaceutique de haute technologie capable de produire localement des traitements innovants, réduisant ainsi la dépendance aux importations et renforçant la souveraineté technologique du pays.

Un nouvel hôpital spécialisé en cardiologie pédiatrique inauguré

La visite présidentielle a également été marquée par l’inauguration, à Mahelma, de l’établissement hospitalier spécialisé en cardiologie et chirurgie cardiaque pédiatrique Omar-Boudjellab. Doté de 80 lits, cet hôpital entièrement numérisé constitue le premier établissement de ce type en Algérie. Équipé de plateaux techniques modernes, de services de télémédecine et d’un important pôle de formation, il est destiné à améliorer la prise en charge des nourrissons et des enfants atteints de malformations ou de maladies cardiaques. L’établissement intègre, selon les détails fournis, sept services clés, allant de la chirurgie cardiaque à la transplantation d’organes, appuyés par une imagerie de pointe. Doté d’un pôle pédagogique pour la recherche et d’un système numérique global, il s’impose comme le tout premier hôpital 100% numérisé d’Algérie, opérationnel pour la télémédecine.

Ces deux réalisations s’inscrivent dans une dynamique plus large de modernisation du système national de santé engagée ces dernières années par les pouvoirs publics qui ont multiplié les investissements dans les infrastructures hospitalières, la numérisation des établissements de santé, le déploiement du dossier électronique du patient ainsi que le renforcement de la médecine de proximité, afin de désengorger les grands centres hospitalo-universitaires. Ce développement du secteur de la santé est également accompagné, faut-il le noter, par une progression soutenue de la production pharmaceutique. En ce sens, il y a lieu de rappeler que l’Algérie dispose, aujourd’hui, de 250 unités de production couvrant plus de 80% des besoins nationaux en médicaments, tandis que de nouveaux investissements concernent aussi bien les médicaments que les dispositifs médicaux et la fabrication locale des matières premières pharmaceutiques. Ainsi, l’ambition affichée est désormais de dépasser le stade de l’autosuffisance pour faire émerger une industrie biomédicale capable d’accompagner les innovations thérapeutiques de demain et de conforter la place de l’Algérie parmi les principaux acteurs africains du secteur de la santé.


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