2026-07-07
La maladie d’Alzheimer est la cause la plus fréquente de déclin cognitif. Elle touche environ un million de personnes , soit 5 % des plus de 60 ans.
Cette pathologie est liée à une accumulation progressive de deux protéines dans le cerveau. D’un côté, le peptide bêta-amyloïde (Aβ) forme des plaques à l’extérieur des neurones. De l’autre, la protéine tau anormalement phosphorylée s’accumule à l’intérieur des neurones sous forme d’agrégats appelés dégénérescences neurofibrillaires. Cette double accumulation entraîne des dommages des synapses (points de connexion entre neurones où ils communiquent entre eux), la mort de neurones et une réaction des cellules de soutien du cerveau (gliose). Pendant longtemps, le diagnostic reposait de manière insatisfaisante sur des signes cliniques et sur l’exclusion d’autres causes possibles des troubles neurocognitifs.
Les deux dernières décennies ont vu progresser les biomarqueurs de la maladie d’Alzheimer. Ils reposent d’abord sur l’analyse du liquide cérébrospinal (LCS), avec le dosage du peptide bêta-amyloïde, de la protéine tau totale et de la tau phosphorylée mais aussi sur l’imagerie en médecine nucléaire (TEP-scan). Récemment, des biomarqueurs mesurables dans le sang se sont développés, notamment la protéine tau phosphorylée plasmatique, via une simple prise de sang. Tous ces outils améliorent la spécificité du diagnostic : ils permettent de relier les symptômes cognitifs à la présence de lésions caractéristiques de la maladie d’Alzheimer. D’où la possibilité d’un diagnostic plus précoce, au stade dit « prodromique », ce qui correspond à un trouble cognitif léger sans impact encore sur les activités quotidiennes.
Les biomarqueurs au sein d’une démarche médicale globale
Le diagnostic précoce de la maladie d’Alzheimer repose sur une démarche médicale qui combine plusieurs approches : l’examen clinique, l’évaluation des fonctions cognitives et l’analyse de marqueurs biologiques, rappellent les recommandations 2026 d’un groupe de travail coordonné par la Fédération des centres mémoire (FCM) français avec la participation de plusieurs sociétés savantes*, parues le 26 juin dernier. Elles s’intéressent en particulier à un marqueur retrouvé dans le plasma de certaines personnes : la protéine tau phosphorylée 217 (p-tau217). Les experts précisent que désormais son dosage peut être réalisé par une prise de sang chez une personne de plus de 50 ans présentant un trouble neurocognitif confirmé, afin de poser le diagnostic. Il peut être utilisé seul ou en association avec le peptide bêta-amyloïde 1-42, sous forme de ratio plasmatique p-tau217/Aβ42L’usage « raisonné » des biomarqueurs de la maladie.
Le dosage de la p-tau217 permet d’écarter fortement le diagnostic d’Alzheimer lorsqu’il est négatif mais un résultat positif ne permet pas de conclure seul et doit être mis en relation avec les signes cliniques et le contexte du patient. En pratique, son usage a débuté en France dans plusieurs centres mémoire afin de tester à large échelle son intérêt pour aider au diagnostic de la maladie d’Alzheimer chez des personnes présentant des troubles neurocognitifs. Ce test grandeur nature servira aussi à ajuster les seuils d’interprétation, et affiner les indications.
De nouveaux biomarqueurs sanguins sont en cours de développement. Parmi eux figurent le peptide amyloïde et les chaînes légères de neurofilaments (NfL). Certains ont déjà obtenu un marquage CE, ce qui valide leur usage technique. En revanche, leur intégration dans la nomenclature des actes de biologie médicale (NABM) n’a pas été réalisée, ce qui empêche leur remboursement par l’Assurance maladie.
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