2026-07-16
Composée de 150 à 200 molécules assemblées en laboratoire, SpudCell reproduirait la croissance et la reproduction cellulaire. Les pairs n'ont pas encore évalué ces résultats.
Des scientifiques viennent d'assembler une cellule synthétique capable de croître, de se nourrir et de se reproduire. L'Université du Minnesota a présenté, le 1ᵉʳ juillet 2026, SpudCell, une entité construite uniquement à partir de composants chimiques non vivants. Ce système reproduirait plusieurs fonctions clés de la vie, alors même que son génome reste plus petit que le minimum théorique estimé par les biologistes. Aucun assemblage artificiel n'avait encore atteint ce stade.
SpudCell tient dans une enveloppe de lipides qui imite la membrane d'une cellule naturelle. À l'intérieur, sept plasmides portent l'ensemble du patrimoine génétique. Aussi, 36 enzymes purifiées forment le mécanisme d'expression protéique PURE, qui traduit les instructions de l'ADN en protéines actives. C'est ce procédé qui permet au dispositif d'absorber des nutriments et de déclencher sa propre multiplication.
Pour se nourrir, SpudCell fabrique une protéine appelée α-hémolysine à partir de ses propres gènes. Celle-ci s'insère dans la membrane lipidique et traverse toute son épaisseur. Ainsi, elle permet la fusion avec des liposomes nourriciers chargés en ressources. D'après Biotic, la cellule accomplit sélection, réplication, croissance, alimentation et scission génétiquement encodées. Aucune construction artificielle antérieure n'avait réuni toutes ces capacités.
Le génome humain compte environ 3 millions de kilopaires de bases. Les biologistes estimaient qu'un organisme cellulaire nécessiterait au minimum 113 kpb. Pourtant, SpudCell ne mobilise que 90 kpb répartis sur ses sept fragments d'ADN. Selon Kate Adamala, responsable du projet, cette cellule synthétique reproduirait la totalité des comportements cellulaires par la chimie seule. La structure modulaire de ces briques permet de programmer chaque processus de manière indépendante.
SpudCell ne survit que cinq générations environ. Le dispositif ne fabrique pas son propre mécanisme d'expression protéique et ne régule pas son métabolisme. Dès lors, il dépend entièrement du milieu liquide dans lequel il flotte. Sans autonomie métabolique, les déchets s'accumulent et provoquent un vieillissement accéléré qui limite chaque cycle de reproduction.
L'absence de cytosquelette complique davantage la situation. Sans cet échafaudage interne, la cellule ne peut ni transporter ses matériaux ni évacuer ses résidus. Un évaluateur a même estimé que le projet ne relevait pas de la biologie. Ces travaux n'ont par ailleurs pas encore fait l'objet d'une évaluation par les pairs.
Les laboratoires utilisent déjà des bactéries génétiquement modifiées pour produire des médicaments, comme l'insuline. Une cellule synthétique entièrement programmable offrirait un contrôle supérieur sur ces procédés de fabrication. Car chaque composant serait connu et modulable, ce qui permettrait de synthétiser sur mesure des molécules thérapeutiques ou des produits chimiques. La construction ascendante permettrait aussi d'intégrer des garde-fous génétiques impossibles à implanter dans un organisme vivant.
Pour accélérer ces travaux, les créateurs de SpudCell ont lancé un consortium à but non lucratif doté d'environ 10 millions de dollars. Cet organisme distribuera ses premières subventions en septembre 2026. Parmi les priorités figurent l'ajout d'un cytosquelette, l'amélioration du métabolisme et le renforcement de la reproduction. L'équipe prévoit aussi de fusionner les plasmides en un génome unique pour fiabiliser les futures itérations.
EN BREF
4 vues
Partagez sur vos réseaux sociaux :