2026-07-20

Crise cardiaque : voici ce que les chercheurs ont retrouvé dans le sang de tous les patients les plus gravement atteints


Des chercheurs italiens ont découvert que les patients victimes d'une grave crise cardiaque présentaient davantage de microplastiques dans leur sang. Voici ce qu'ils ont observé sur une soixantaine de patients.

Les microplastiques sont devenus presque impossibles à éviter. On en retrouve dans l'air que nous respirons, dans l'eau que nous buvons et dans de nombreux aliments du quotidien comme le thé par exemple. Si l'impact sur notre santé est encore incertain, les recherches laissent entendre que les microplastiques seraient impliqués dans l'apparition de certains cancers. Et une étude italienne, publiée dans l'European Heart Journal, apporte aujourd'hui un nouvel élément de réflexion en montrant qu'ils sont beaucoup plus présents dans le sang des patients ayant subi une grave crise cardiaque que chez d'autres personnes.

Les chercheurs restent prudents : leurs travaux ne démontrent pas que ces particules de plastique provoquent une crise cardiaque. En revanche, ils mettent en évidence un lien fort entre leur présence dans le sang et les accidents coronariens. L'étude a également révélé que les fumeurs et les personnes exposées à des niveaux plus élevés de pollution atmosphérique présentaient des taux plus élevés de micro et nanoplastiques dans leur sang.

Des microplastiques retrouvés chez 84% des victimes d'infarctus grave

L'étude a porté sur 61 patients pris en charge dans deux hôpitaux italiens. Certains venaient d'être victimes de la forme le plus grave d'infarctus du myocarde, d'autres souffraient une cardiopathie ischémique chronique tandis qu'un troisième groupe présentait des artères coronaires normales.

Les chercheurs ont analysé des échantillons de sang prélevés directement dans les artères qui alimentent le cœur, mais aussi dans la circulation sanguine générale. Le résultat est marquant : des microplastiques ou des nanoplastiques ont été détectés chez 84,2 % des patients ayant subi une grave crise cardiaque. Cette proportion tombe à 40 % chez les personnes atteintes d'une maladie coronarienne chronique et à 31,8 % chez celles dont les artères étaient normales.

Les patients victimes d'un infarctus présentaient également une concentration plus élevée de ces particules ainsi qu'une plus grande diversité de plastiques. Le polyéthylène, largement utilisé dans les emballages et de nombreux objets du quotidien, représentait à lui seul 97 % des plastiques identifiés.

Nous respirons, nous buvons, nous mangeons des microplastiques

Comme le rappelle le Dr Pasquale Paolisso, principal auteur de l'étude, les microplastiques et les nanoplastiques sont de minuscules particules que l'on retrouve pratiquement partout dans l'environnement, notamment dans l'air que nous respirons, l'eau que nous buvons et de nombreux aliments que nous consommons.

"Ces dernières années, les scientifiques ont commencé à détecter ces particules dans les tissus et les organes humains, ce qui suscite des inquiétudes quant à leurs effets potentiels sur la santé. Mais jusqu'à présent, on savait très peu de choses sur la présence de ces particules dans la circulation coronarienne, c'est-à-dire le sang qui circule dans les artères alimentant le cœur, ou sur l'influence du tabagisme et de la pollution de l'air sur leur présence" précise-t-il. C'est ce que cette étude vient donc de démontrer.

Un risque six fois plus élevé chez les fumeurs

En outre, selon les chercheurs, leurs patients fumeurs étaient près de six fois plus susceptibles de présenter des microplastiques dans leur circulation sanguine que les non-fumeurs. Plus frappant encore, tous les patients qui cumulaient tabagisme et forte exposition à la pollution de l'air avaient des microplastiques détectables dans leur sang. "Nos résultats suggèrent que le tabagisme pourrait faciliter l'entrée des microplastiques et des nanoplastiques dans la circulation sanguine par les poumons. La pollution de l'air pourrait agir de manière similaire" déclare le Pr Emanuele Barbato, de l'université Sapienza de Rome, qui a dirigé ces travaux.

Le professeur , insiste sur la prudence nécessaire pour interpréter cette étude. "Ces résultats ne prouvent pas que les microplastiques provoquent les crises cardiaques, mais ils révèlent une forte association entre les expositions environnementales, la présence de microplastiques dans le sang et les maladies cardiovasculaires."

Pour le cardiologue, ces observations montrent qu'il devient nécessaire d'intégrer la pollution plastique parmi les facteurs susceptibles d'influencer la santé cardiovasculaire. "Les politiques visant à réduire la pollution de l'air, l'exposition au tabac et la contamination de l'environnement par les plastiques pourraient avoir des bénéfices qui dépassent la seule protection de l'environnement et améliorer potentiellement la santé cardiovasculaire."

Source : Micro- and nano-plastics in the coronary circulation and air pollution exposure in ischaemic heart disease presentation, European heart journal, juillet 2026

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