2026-08-09

L’énigme des piqûres résolue : le microbiote cutané et les odeurs corporelles révèlent pourquoi les moustiques ciblent certaines personnes

L’énigme des piqûres résolue : le microbiote cutané et les odeurs corporelles révèlent pourquoi les moustiques ciblent certaines personnes

Alors que certains individus semblent attirer irrésistiblement les moustiques tandis que d’autres traversent l’été sans la moindre piqûre, la science vient enfin de percer ce mystère. Une étude pionnière menée en Floride démontre que notre microbiome cutané et la composition chimique de notre sueur façonnent une empreinte olfactive unique. Chaque espèce de moustique possède ses propres préférences gustatives, ouvrant la voie à des répulsifs biologiques révolutionnaires.

Une expérience d’envergure menée à Miami auprès de cent vingt volontaires

Le constat est partagé par tous : lors des soirées estivales, les moustiques ne distribuent pas leurs piqûres au hasard. Pour comprendre les mécanismes de cette sélection drastique, une équipe de chercheurs a réuni près de cent vingt volontaires à Miami, en Floride. Les scientifiques ont analysé la composition chimique des effluves émanant de leurs bras à l’aide d’un olfactomètre unidirectionnel, un dispositif conçu pour mesurer l’attractivité olfactive en temps réel.

L’originalité de cette recherche réside dans l’étude simultanée de trois espèces d’insectes particulièrement virulentes : Aedes aegypti, vecteur de la fièvre jaune, Aedes albopictus, le fameux moustique tigre asiatique, et Culex quinquefasciatus, le moustique domestique méridional. Pour capturer les odeurs spécifiques à cette dernière espèce, qui pique principalement pendant la nuit, les participants ont porté des manches en nylon spécialement conçues pour emprisonner les sécrétions cutanées.

Des préférences olfactives et bactériennes propres à chaque espèce

Les analyses chimiques et le séquençage génétique des prélèvements effectués sur la peau des participants ont révélé un monde microscopique d’une richesse insoupçonnée. Les chercheurs ont identifié deux cent quarante-six types de bactéries cutanées, parmi lesquelles Corynebacterium kefirresidentii, Cutibacterium granulosum et des variantes de Staphylococcus epidermidis. En se nourrissant de la sueur et des sébums naturels, ces bactéries métabolisent les composés organiques et les transforment en odeurs volatiles identifiables par les insectes.

Les résultats publiés dans la revue scientifique iScience démontrent que les moustiques n’ont pas tous les mêmes goûts. Alors qu’Aedes aegypti a manifesté une légère préférence pour les volontaires masculins, les deux autres espèces n’ont montré aucun biais lié au sexe. De son côté, Aedes albopictus s’est montré particulièrement attiré par les profils chimiques riches en cétones. Dans leurs conclusions, les chercheurs ont souligné que chaque espèce de moustique présentait des réponses distinctes selon les individus, mettant en évidence des signaux à la fois uniques et partagés pour cibler leurs hôtes.

Vers des répulsifs écologiques basés sur le microbiote

Cette découverte majeure remet en cause l’idée d’une attractivité universelle et ouvre des perspectives prometteuses pour la prévention des maladies vectorielles telles que la dengue, le zika ou le paludisme. En comprenant précisément quelles molécules bactériennes repoussent ou attirent les insectes, la recherche médicale envisage de concevoir des répulsifs basés sur les microbes cutanés.

À terme, ces innovations permettraient de modifier temporairement le profil olfactif de la peau ou de neutraliser les signaux attractifs, offrant ainsi une protection naturelle et personnalisée sans recourir aux substances chimiques traditionnelles.

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