2026-08-15
Des scientifiques ont découvert une évolution étonnante chez certaines de nos cellules du cerveau.
Avec l'âge et le temps qui passe, notre cerveau se modifie. Vers l'âge de 50 ans, une zone du cerveau en particulier, l'hippocampe, pourrait ainsi devenir plus vulnérable. Or, c'est cette zone qui joue un rôle clé dans la mémoire. Les chercheurs qui travaillent sur les causes de la maladie d'Alzheimer s'y intéressent donc tout particulièrement.
Pour mieux comprendre l'évolution de l'hippocampe au fil des années, une équipe de chercheurs américains, regroupant une équipe de l'Université de Californie de San Diego et Irvine et du New York Genome Center a examiné le cerveau de 40 personnes en bonne santé, âgée de 20 à 95 ans à l'aide de techniques poussées capables d'observer les cellules de l'hippocampe. Ils ont mesuré l'activité du génome, étudier précisément notre ADN pour tenter de dénicher des transformations des cellules au fil du temps.
Or, l'étude a permis de voir un changement majeur. En vieillissant, le cerveau perdrait un type de cellules, les astrocytes, qui nourrissent nos neurones et contribuent à protéger notre cerveau. Dès 50 ans, l'hippocampe commencerait à remplacer ces cellules immunitaires par des cellules plus inflammatoires, explique cette étude.
"Le constat le plus frappant est qu'après 50 ans, la quasi-totalité des cellules immunitaires d'origine du cerveau semblent être remplacées par des cellules immunitaires provenant de la circulation sanguine", a expliqué Nathan Zemke, auteur de l'étude et professeur adjoint à l'Université de Californie à San Diego, au magazine américain Newsweek.
"Les macrophages du cerveau, appelés microglies, protègent ce dernier en éliminant les déchets toxiques et en combattant les infections, poursuit-il. Comme les cellules entrantes véhiculent des signaux inflammatoires plus puissants, nous pensons que ce changement pourrait contribuer à l'inflammation cérébrale chronique associée au déclin cognitif. En cas d'inflammation cérébrale chronique, les microglies sont hyperactives et perdent leur capacité à protéger le cerveau."
Cette étude ouvre donc à la fois des pistes sur les causes de la maladie d'Alzheimer. "Le remplacement des cellules immunitaires se produit à l'âge où les changements liés à la maladie d'Alzheimer peuvent débuter, et l'inflammation chronique est considérée comme un mécanisme central de la maladie. Cela suggère que cette modification du système immunitaire pourrait contribuer de manière importante au risque de développer la maladie d'Alzheimer", souligne Nathan Zemke.
Cette découverte ouvre aussi de potentielles pistes pour développer des traitements. "Puisque ces cellules immunitaires de remplacement proviennent du sang, elles sont beaucoup plus faciles d'accès et de modification que les cellules déjà présentes dans le cerveau. Ceci ouvre la voie à la possibilité de concevoir des cellules immunitaires d'origine sanguine plus protectrices et moins inflammatoires avant leur entrée dans le cerveau, ce qui représente une nouvelle piste thérapeutique potentielle pour la maladie d'Alzheimer".
Les recherches vont donc se poursuivre pour vérifier s'il s'agit d'un phénomène typique du vieillissement et voir si ces cellules peuvent être la cause de l'inflammation dans le cerveau observée chez les personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer.
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