2026-08-19
C'est peut-être le futur de la médecine : au lieu de prendre chaque jour des comprimés ou des injections, les personnes malades pourraient bientôt avaler une petite gélule contenant une microscopique "usine à médicaments" vivante. C'est le concept que proposent des scientifiques chinois pour le traitement du diabète. Cette solution révolutionnaire vient, d'ailleurs, d'être présentée dans la revue américaine Nature.
C'est le résultat de plusieurs années de recherches menées par des scientifiques de l'East China Normal University, située à Shanghai. Une étude scientifique qui avait notamment pour objectif de soulager les personnes atteintes de diabète, une maladie chronique dont souffrent aujourd'hui des centaines de millions de personnes dans le monde.
Les patients présentent un taux de sucre, ou glucose, trop élevé dans le sang. Cette hyperglycémie peut alors entraîner de nombreuses complications. Souvent en manque d'insuline, l'hormone qui régule normalement le taux de sucre dans le sang, ils doivent, dans certains cas, recevoir quotidiennement des injections d'insuline.
C'est notamment parce que ce traitement est particulièrement contraignant que des chercheurs chinois souhaitent le remplacer. S'ils n'ont pas miniaturisé une usine à insuline, ils ont créé un micro-organisme capable de faire ce travail directement dans l'intestin des patients. Pour cela, ils ont utilisé un probiotique inoffensif, autrement dit une "bonne bactérie", qu'ils ont génétiquement modifiée.
Ce probiotique est désormais capable de détecter en temps réel les variations du taux de sucre dans l'organisme. S'il détecte un taux de sucre anormal, il se met automatiquement à sécréter des hormones capables de réguler le niveau de glucose. Dès que le taux de sucre revient à la normale, le probiotique cesse de produire ces hormones de régulation.
Il faudra toutefois encore un peu de temps avant que les personnes diabétiques puissent acheter ce traitement sous forme de gélules. Pour l'instant, cette solution a été testée avec succès sur des souris diabétiques, ainsi que sur des singes. Mais les essais cliniques sur l'être humain n'ont pas encore commencé. L'équipe chinoise dirigée par le professeur Ye Haifeng espère être prête pour ces grandes étapes, notamment en Europe, d'ici deux ou trois ans.
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