2025-05-27
L'Algérie a décidé de restreindre considérablement les transferts médicaux à l'étranger pour certains patients. Cette mesure, annoncée ce lundi 26 mai 2025, vise principalement à rationaliser les dépenses de santé tout en développant les compétences médicales locales. Seuls les cas les plus complexes pourront encore bénéficier d'une prise en charge hors des frontières nationales.
Lors d'une interview accordée ce lundi 26 mai à la Radio Algérienne, Abdelhafid Djeghri, directeur central des prestations à la Caisse nationale des travailleurs salariés (CNAS), a précisé les contours de cette réforme. Les patients souffrant de maladies cardiovasculaires seront les premiers concernés par cette mesure. "Nous avons mis en place des partenariats avec 50 établissements hospitaliers privés spécialisés pour assurer ces soins en Algérie", a-t-il expliqué, soulignant que seules des exceptions médicalement justifiées permettront encore des évacuations sanitaires à l’étranger.
Selon Abdelhafid Djeghri, cette décision s'inscrit dans un contexte de maîtrise des dépenses de santé, qui s'élèvent à près de 650 milliards de dinars annuels pour couvrir les besoins de 30 millions de bénéficiaires. Le responsable a également indiqué que la neurochirurgie figurait désormais parmi les spécialités disponibles localement, grâce aux progrès réalisés par le système de santé national.
Outre les maladies cardiovasculaires, d'autres domaines médicaux bénéficient d'une attention particulière. Plus de 2 050 patients atteints de cancer, y compris ceux non affiliés au système d'assurance, ont pu bénéficier d'une prise en charge complète ces derniers mois, précise l’invité de la Radio Algérienne. Cette initiative s'inscrit dans le cadre des directives du président de la République visant à améliorer l'accès aux soins pour tous.
Par ailleurs, le système de santé algérien continue de se moderniser. Une nouvelle mesure permet désormais aux assurés de mettre à jour leur carte chifa directement dans les pharmacies partenaires, simplifiant ainsi les démarches pour les 7 millions de travailleurs affiliés à la CNAS. Plus de 13 000 pharmacies sont déjà intégrées à ce réseau, fonctionnant selon le principe du tiers payant, particulièrement avantageux pour les 5,8 millions de patients souffrant de maladies chroniques recensés en 2024.
Les chiffres communiqués par Abdelhafid Djeghri donnent la mesure des enjeux financiers. En 2024, les dépenses en médicaments ont atteint 298 milliards de dinars, tandis que les indemnités pour congés maladie, accidents du travail, maladies professionnelles, maternité et invalidité ont dépassé 550 milliards de dinars. À cela s'ajoute une contribution de 150 milliards de dinars au financement de la santé publique.
Le directeur central à la CNAS a également précisé que le système algérien d'assurance maladie couvre désormais 90 % de la population, un taux exceptionnel au niveau international. La liste des médicaments remboursables, révisée chaque mois par une commission nationale, comprend actuellement plus de 7 500 médicaments produits localement et 1 600 médicaments importés, selon le même responsable.
Partagez sur vos réseaux sociaux :