2026-09-13
LA GESTION du secteur du médicament a enregistré, cette semaine, un véritable bond qualitatif avec l’officialisation, mardi dernier, de la plateforme « PAPP BOX » ou « Portail d’Accès aux Produits Pharmaceutiques ».
Un nouveau système numérique, placé sous le contrôle de l’ANPP, qui permettra, notamment, de rationaliser la production en limitant le nombre de médicaments génériques autorisés pour chaque molécule active.
Un moyen, pour le secteur, d’inciter les près de 240 producteurs recensés sur ce segment à investir dans la fabrication de nouveaux types de produits.
En effet, bien plus qu’un nouvel outil destiné à numériser la gestion de l’enregistrement et de la distribution du médicament, le lancement du système « PAPP BOX » devra également contribuer à « l’orientation » des industriels du secteur vers la production « d’autres types de médicaments ».
Ainsi, il apparaît que les conditions d’attribution par l’ANPP (Agence nationale des produits pharmaceutiques) des futures « décisions d’enregistrement sur le marché » pour les médicaments génériques seront beaucoup plus strictes.
Les autorités, selon les explications des experts, optent aujourd’hui pour une limitation à seulement « trois médicaments génériques » pour chaque principe actif, en plus de la marque commerciale du médicament d’origine, « princeps ».
Des segments saturés
Un moyen, explique le Dr Khadidja Bouguerra, responsable de la gestion de la qualité auprès de l’ANPP, d’inciter les producteurs à investir dans la fabrication d’autres types de produits, « encore peu présents sur le marché local ».
L’Algérie, ajoute en substance la même responsable, fait partie des pays « leaders » en termes de production pharmaceutique, notamment au niveau du continent africain.
Les besoins nationaux sont largement couverts à plus de 80%, bien que ce chiffre reste une moyenne.
« Nous enregistrons une saturation sur certains segments », visiblement pour certains types de traitements génériques.
Ainsi, le ministère de l’Industrie pharmaceutique incite très clairement les industriels du secteur, privé et public, à élargir leurs catalogues vers des produits de plus en plus spécialisés.
Une orientation possible, mais surtout nécessaire pour la croissance de cette industrie stratégique et le développement de l’exportation.
Le Dr K. Bouguer note à ce propos : « Nous avons des producteurs qui fabriquent les mêmes types de molécules, il s’agit aussi de diriger les futurs investissements vers d’autres priorités ».
Ainsi, le ministère de l’Industrie pharmaceutique avait précisé, mardi dernier, que la mise en place du nouveau système permettra de « rationaliser » l’accès au marché national des médicaments.
La généralisation des enregistrements numériques constitue, en ce sens, une « étape supplémentaire dans le développement de l’industrie pharmaceutique nationale » et la « pérennité de la production ».
À l’heure actuelle, selon les derniers chiffres communiqués par l’ANPP, près de 2 500 produits sont distribués suite à l’attribution d’une « décision d’enregistrement sur le marché ».
Le système PAPP BOX devra numériser et faciliter les procédures, en restant axé, dans un premier temps, sur le médicament (molécule), et possiblement s’élargir, dans un second temps, vers le dispositif médical.
Renforcer la transparence
Quant à la question des procédures mises en œuvre pour la sélection des producteurs de médicaments génériques, le secteur de l’industrie pharmaceutique souligne que la plateforme offre une totale transparence.
Le ministre expliquait à ce titre, lors de la présentation du système, que l’ouverture « d’une opportunité » de mise sur le marché d’un produit sera clairement annoncée.
Même choses en cas de « retrait d’un médicament », notamment suite à l’expiration de sa décision d’enregistrement, sans renouvellement.
La gestion du système devra également donner la priorité aux opérateurs « capables de garantir des livraisons dans les meilleurs délais », et ceux qui affichent les meilleurs taux d’intégration au niveau local, et la maîtrise des procédures et technologies de production.
Par ailleurs, il est noté que la gestion du nouveau système devra aussi « donner une voix » aux pharmaciens, selon les déclarations du Dr Noureddine Mettioui, président du Conseil national de l’Ordre des pharmaciens (CNOP).
Cette profession, également représentée, mardi dernier, par le Syndicat national des pharmaciens d’officine (SNAPO), réclame depuis plusieurs années l’application de nouvelles règles pour la distribution des produits pharmaceutiques.
Le président du SNAPO, M. Sami Tirache, nous expliquait dernièrement que certaines pratiques « heureusement limitées » posaient encore des difficultés sur le terrain, dont des cas de « vente concomitante » ou des ventes « forcées » aux pharmaciens, devenues un « fonds de commerce » pour certains opérateurs économiques.
Des pratiques illégales, destinées à « écouler » le maximum de marchandises qui devrait devenir beaucoup plus difficile à mettre en place grâce aux nouveaux outils numériques.
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