2026-09-18
Contre les tumeurs solides de l'enfant, la chimiothérapie reste souvent la seule arme, et elle échoue parfois. Une autre voie consiste à réarmer les défenses du malade lui-même. Chez un tout-petit, une thérapie CAR-T a fait reculer un cancer du foie que plus rien ne freinait.
Des médecins du Baylor College of Medicine et de l'hôpital pour enfants du Texas, à Houston, ont rapporté en septembre 2026 dans le New England Journal of Medicine la rémission complète d'un garçon de 3 ans atteint d'un cancer du foie disséminé jusqu'aux poumons. L'enfant avait épuisé chimiothérapies et chirurgies sans venir à bout de la maladie. La thérapie CAR-T reçue en deux perfusions a effacé ses tumeurs, et un an plus tard aucune rechute n'apparaît.
Tout commence avec un hépatoblastome, la tumeur du foie la plus fréquente chez le jeune enfant, mais qui reste une maladie rare. Chez ce garçon, la masse initiale mesurait environ onze centimètres de long, soit la taille d'un pamplemousse logé dans un tout petit corps, et des métastases avaient déjà gagné les poumons. Chez l'adulte, le cancer du foie compte parmi les premières causes de décès par cancer dans le monde, et sa forme pédiatrique laisse peu de répit. Le pronostic était sombre.
Trois lignes de chimiothérapie, l'ablation de la tumeur principale puis le retrait de deux métastases pulmonaires n'ont pas suffi. Une nouvelle lésion est même réapparue dans un poumon peu après la chirurgie. Le cancer résistait aux médicaments et repartait de plus belle, ne laissant presque plus d'options thérapeutiques à l'équipe soignante.
Le principe consiste à prélever les lymphocytes T du patient, ces globules blancs chargés de la défense, puis à les reprogrammer en laboratoire pour qu'ils reconnaissent la tumeur. Fabriquées à partir des propres cellules de l'enfant, elles ont été armées contre le glypicane-3, une protéine très présente à la surface des cancers du foie mais quasi absente des tissus sains.
Les médecins ont ajouté deux gènes, ceux des interleukines 15 et 21, afin de rendre ces cellules plus endurantes et plus offensives. Cette Immunothérapie, administrée en ambulatoire, n'a provoqué ni toxicité grave ni réaction inflammatoire majeure, deux écueils fréquents de ce type de traitement.
Jusqu'ici, ces cellules-médicaments brillaient surtout contre les cancers du sang et butaient sur les tumeurs solides, plus difficiles à infiltrer. Pour parer à tout emballement, les chercheurs ont aussi glissé dans les cellules un interrupteur de sécurité, capable de les éteindre à la demande en cas de réaction dangereuse. Ce garde-fou est resté au repos, faute d'incident.
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