2026-10-10
Le coup d’envoi de la campagne nationale de renforcement du dépistage précoce du cancer du sein pour l’année 2026 vient d’être donné par le secrétaire général du ministère de la Santé, Mohamed Talhi, au nom du ministre de la Santé, le professeur Mohamed-Seddik Aït Messaoudene, et ce, lors d’une cérémonie organisée jeudi au ministère.
Cette campagne s’accompagne du lancement de la première caravane mobile connectée dédiée au dépistage du cancer du sein. Equipée d’appareils de mammographie numérique de dernière génération, celle-ci est reliée, grâce à une connexion à haut débit, au centre Pierre-et-Marie-Curie d’Alger, permettant ainsi de bénéficier à distance de l’expertise médicale spécialisée et de faciliter le diagnostic et l’orientation des patientes, notamment dans les régions qui nécessitent un accompagnement renforcé.
«La célébration d’Octobre Rose constitue un rendez-vous national renouvelé pour réaffirmer l’engagement de l’Etat algérien dans la lutte contre le cancer, notamment le cancer du sein, à travers une approche intégrée fondée sur la prévention, le dépistage précoce, le diagnostic, le traitement, une prise en charge de qualité et un accompagnement continu de la patiente tout au long de son parcours thérapeutique», a assuré le ministre.
En termes de chiffres, le ministre a annoncé que le réseau national des registres du cancer fait état de plus de 56 000 nouveaux cas de cancer enregistrés en 2023, soit une hausse de plus de 34% en moins de dix ans. «Le cancer du sein occupe une place importante dans ces données, puisqu’il constitue le premier cancer chez la femme algérienne, avec 14 074 nouveaux cas enregistrés chaque année, représentant plus de 45% des cancers féminins», a-t-il poursuivi.
C’est pourquoi le ministre a affirmé que le droit à la santé ne se limite pas à assurer les soins lorsque la maladie apparaît, mais commence par la prévention, l’accès aux possibilités de dépistage précoce et la garantie d’un accès au diagnostic et au traitement en temps opportun, contribuant ainsi à réduire les inégalités d’accès aux services de santé.
D’autant plus que, selon le premier responsable du secteur, si le cancer du sein demeure également la première cause de décès par cancer chez les femmes, celui-ci touche désormais des femmes à un âge plus jeune, l’âge moyen au diagnostic étant d’environ 47 ans. Toutefois, le ministre s’est montré rassurant : «Le dépistage du cancer du sein à un stade précoce et sa prise en charge sans délai peuvent porter les chances de guérison à plus de 90%.»
D’ailleurs, le ministère de la Santé mise sur la numérisation pour améliorer la prise en charge des patients atteints de cancer. Et cela passerait par la généralisation du dossier médical électronique, la dématérialisation des rendez-vous, notamment de radiothérapie, et la mise en place de plateformes numériques de suivi des équipements et des indicateurs de prise en charge.
Le schéma prévoit également le développement de la téléradiologie et des réunions de concertation pluridisciplinaires à distance afin de faciliter l’accès à l’expertise médicale spécialisée, notamment dans les régions qui en sont dépourvues, tout en garantissant la confidentialité des données de santé.
Le renforcement des capacités de prise en change du cancer a également été abordé lors de l’événement. «L’Algérie dispose actuellement de 15 centres de lutte contre le cancer, de 24 services de radiothérapie et de 61 accélérateurs linéaires», a fait savoir le ministre.
Sachant que l’ouverture de nouveaux services de radiothérapie ainsi que l’acquisition de 16 accélérateurs linéaires sont, selon la même source, programmées à l’horizon 2028.
Les traitements n’ont pas été oubliés. En effet, sur le plan thérapeutique, 52 traitements innovants, notamment les thérapies ciblées et l’immunothérapie, ont été intégrés à l’arsenal thérapeutique national. En ce qui concerne la mise en service d’un appareil PET Scan à Tizi Ouzou, celle- ci est prévue, selon le ministre, avant la fin de l’année. Parallèlement, le ministère s’attelle à garantir la disponibilité des médicaments anticancéreux et des dispositifs médicaux. «Pas moins de 73 milliards de dinars ont été alloués au Fonds de lutte contre le cancer, dont les ressources sont renforcées annuellement à hauteur de 40 milliards de dinars», a annoncé le ministre. «Ces mesures s’inscrivent dans le cadre de la Stratégie nationale de prévention et de lutte contre le cancer 2025-2035, conformément aux orientations du président de la République, Abdelmadjid Tebboune», a-t-il poursuivi.
En matière de prévention, le ministère de la Santé mise sur la sensibilisation aux facteurs de risque, notamment le tabagisme, la mauvaise alimentation, la sédentarité et l’obésité, à travers des campagnes nationales et le Salon de l’information sur le cancer (Sican). «Le dépistage de proximité est également renforcé grâce aux cliniques mobiles, qui ont permis à plus de 2000 femmes de bénéficier de dépistages dans sept wilayas en 2025», a indiqué le ministre. Affirmant au passage que le dispositif repose non seulement sur les structures de santé de proximite mais aussi sur le renforcement des compétences des médecins généralistes. «Il prévoit également le développement du système de surveillance épidémiologique du cancer à travers le réseau national des registres du cancer», a-t-il précisé. L’objectif : recueillir les données nécessaires afin d’améliorer le suivi épidémiologique et orienter les politiques de santé. «Il est aussi essentiel de mettre en œuvre le Plan stratégique national multisectoriel de prévention et de lutte contre les maladies non transmissibles 2026-2030», a recommandé le ministre.
Ce Plan en question fait de la lutte contre les facteurs de risque une priorité nationale, parallèlement à l’élaboration d’un plan multisectoriel de lutte contre l’obésité et au développement continu d’un plan national de nutrition et de santé. «La lutte contre le cancer est une responsabilité collective qui nécessite une coordination permanente entre les différents secteurs, institutions et acteurs», a rappelé le ministre de la Santé. Selon lui, cette démarche s’est notamment traduite par la création d’une commission interministérielle de coordination dans le domaine de la prévention, placée sous la présidence du Premier ministère, renforçant ainsi l’action commune et consacrant l’implication des associations de patients dans cette dynamique nationale.
Par ailleurs, le ministre a réaffirmé l’engagement de l’Etat à mobiliser les moyens nécessaires pour améliorer la prise en charge des patientes et rapprocher les services de santé des citoyennes. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il a appelé à faire du slogan «Tous unis contre le cancer» un engagement collectif, et ce, en plaçant la numérisation au service d’un accès plus équitable au dépistage et à l’expertise médicale spécialisée. A noter que la caravane sillonnera plusieurs wilayas du pays jusqu’à janvier 2027.
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