Zerhouni, le chercheur que le monde s’arrache

Zerhouni, le chercheur que le monde s’arrache

    Destin. II a grandi en Algérie, réussi aux Etats-Unis. Sanofi lui a confié sa recherche.

     

    "J'ai grandi au bord de la mer, à la pointe Pescade d'Alger, où se baignait Albert Camus." Depuis, quel chemin ! Elias Zerhouni, bientôt 62 ans, est le patron "monde" de la recherche de Sanofi, champion tricolore de l'industrie pharmaceutique. Il a effectué toute sa carrière aux Etats-Unis, où le président Bush l'a même bombardé à la tête du NIH (National Institutes of Health), prestigieuse machine publique de recherche médicale. Quel autre pays offrirait autant d'opportunités à un immigré ?"Il n'y en a pas, dit Zerhouni.En France, en Allemagne ou ailleurs, je n'aurais pas pu faire un parcours pareil. Même quand j'ai voulu rentrer en Algérie, en 1984, j'ai senti que je n'étais pas le bienvenu."

    Pour Zerhouni, tout commence à Nedroma, dans l'ouest de l'Algérie, près de la frontière marocaine. Une petite ville de tradition intellectuelle où s'étaient réfugiés musulmans et juifs chassés d'Espagne par Isabelle la Catholique. La mosquée de Nedroma a plus de 1 000 ans et dans la ville on pratiquait les arts et la musique andalouse. Lui-même, après le piano et le violon, joue encore du luth entre deux avions. Son père, devenu instituteur, ce qui était très rare à l'époque pour un "indigène", militait alors pour l'Union démocratique de Ferhat Abbas. En 1949, il fait de la prison, puis, libéré, est menacé de mort lors des premiers soubresauts de la guerre d'Algérie. Obligé de partir, il réussit à se faire muter à Alger. Le petit Elias a alors 2 ans et demi. Son père, mettant un peu en sourdine son activité militante, deviendra professeur de mathématiques, physique et chimie."Il n'avait qu'une préoccupation, sauver sa famille."

    Elias Zerhouni et ses six frères ont été élevés dans la religion de l'école. Ingénieurs, médecin anesthésiste, officier de port... tous ont réussi et l'un d'entre eux a même été le premier boursier algérien aux Etats-Unis."Pendant les événements d'Alger, se souvient Zerhouni, qui a encore en mémoire les attentats de l'OAS,nous manquions souvent l'école. C'est notre père qui nous donnait les cours." Sa mère soutenait cet acharnement, car elle avait été privée d'études trop tôt, à 9 ans."Jusqu'à sa mort, elle l'a regretté."

    En 1961, la situation ne cessant d'empirer à Alger, la petite famille se replie à Nedroma jusqu'à l'indépendance, qu'Elias, à 11 ans, fête sans bien comprendre ce qui se passe. Retour ensuite à Alger, au lycée Bugeaud, qui avait pris le nom de son légendaire adversaire Abd el-Kader, mais où l'on affichait encore les compositions d'un prestigieux élève, Albert Camus (tiens, encore lui...). Epoque traumatisante."Du jour au lendemain, tous mes amis européens ont disparu." Le gamin Elias, qui, une fois ses devoirs terminés, jouait au foot dans la rue et passait ses après-midi à la pêche sous-marine à la pointe Pescade, se souvient d'une "coupure dramatique". "On perd son enfance. On découvre trop tôt que la vie, ce n'est pas seulement papa-maman."

    Les années lycée se déroulent sans encombre. Elias Zerhouni décroche ses deux bacs, l'algérien et le français. Il est boursier et l'université d'Alger s'ouvre à lui. Mais quel chemin prendre ? Il choisit les mathématiques pour, six mois plus tard, sourd aux recommandations insistantes de son père, les abandonner au profit de la médecine. Lubie ? Pas vraiment. Quand il était lycéen, il avait participé à des opérations de reboisement dans les montagnes des Bibans, près de Sétif, brûlées au napalm durant la guerre de libération. Dans ces villages ignorés, il avait vu de près la misère et la maladie, la tuberculose en particulier. D'où son attirance pour la médecine.

    L'étudiant Zerhouni sort cinquième de sa promo. Et peut donc opter pour les disciplines les plus prestigieuses, comme la chirurgie. Au lieu de cela, il surprend en choisissant une spécialité peu recherchée, la radiologie. Tout ça parce qu'un jour son oncle, chercheur réputé, lui avait montré la première photo d'un cerveau publiée dans le British Journal of Radiology."Explorer un corps humain sans le détruire" : pour le jeune Zerhouni, c'est la révélation. Son métier sera donc l'imagerie médicale. Ce choix surprenant lui vaut à l'époque une convocation chez le doyen de la fac d'Alger, qui ne comprend pas."La radiologie nécessite du matériel trop coûteux pour notre pays. Tu ne vas pas pouvoir travailler, tu vas perdre ton temps", lui dit le doyen. Le jeune Zerhouni s'entête. Mais tout n'est pas perdu."Après m'avoir sermonné, raconte-t-il,le doyen m'a expliqué que je ne m'en sortirais que si je faisais un stage à l'étranger une fois mon cursus terminé à Alger."

    Il suit ces conseils et se met à préparer par correspondance l'examen d'équivalence pour les Etats-Unis. Pour cela, il apprend l'anglais, car, au lycée, pour ne pas faire la queue aux inscriptions, il s'était rabattu sur l'allemand en première langue. Et comme si cela ne suffisait pas, membre de l'équipe algérienne de natation, il continue la compétition en 100 et 200-mètres nage libre. Ce qui lui donne l'occasion de revoir Nadia, nageuse de haut niveau elle aussi, croisée durant les années lycée et qui deviendra sa femme."La natation, les entraînements sans fin forgent le caractère", explique le patron de la recherche de Sanofi, pour qui "la cervelle n'est pas tout".

    Moment crucial, l'examen pour l'équivalence américaine se déroule à Paris, dans le 14e arrondissement. L'occasion de découvrir la capitale. Il se prend au jeu. Au lieu de rester pour les deux ou trois jours de l'épreuve, il y reste un bon mois. Une fête. Un peu trop longue : la faculté d'Alger le convoque pour un conseil de discipline. Le matin de la convocation, il ouvre sa boîte aux lettres. Une enveloppe provenant des Etats-Unis s'y trouve."On m'avait prévenu. Si elle est grosse, tu n'as pas réussi, car on te donne un formulaire d'inscription pour le prochain examen. Si elle est fine, c'est gagné." Et elle était bien plate, la lettre...

    Paria. L'après-midi, il laisse les profs lui "passer un savon" et finit par confier son précieux courrier au doyen. En le lisant, celui-ci fait d'abord la moue puis exulte. L'élève Zerhouni devient le premier médecin algérien à décrocher l'équivalence américaine. Et du premier coup !"Rentré à la réunion en paria, s'amuse aujourd'hui Zerhouni,je sors en héros national." Le doyen, toujours prévenant, lui obtient une bourse à Baltimore (Maryland), fief de la fondation Johns Hopkins, qui possède l'université de médecine et l'hôpital les plus prestigieux des Etats-Unis. A 24 ans, il signe au service de radiologie pour trois mois. Et restera quarante ans aux Etats-Unis, où il possède toujours sa maison à Baltimore et où vivent ses trois enfants. Zerhouni l'Américain ?"Je reste algérien, bien sûr, dit-il.Mais je suis fan des Etats-Unis. Et je dois à la France mon cartésianisme."

    Et dire que tout n'avait pas si bien commencé ! Zerhouni, quand il débarque à Baltimore, possède un anglais écrit mais ne parle pas vraiment la langue."Voyant cela, mon maître de stage m'a fait comprendre que je ne pourrais pas rester longtemps. Heureusement, il était d'origine allemande et nous avons pu converser dans la langue de Goethe." Ensuite, c'est comme dans un film hollywoodien, le rêve américain. Zerhouni devient instructeur puis assistant professeur, fait un détour par Norfolk (Virginie), crée des start-up revendues depuis, revient à Baltimore à la Johns Hopkins. Où il finira patron du département de résonance magnétique, l'un des plus en vue des Etats-Unis. Il sera aussi, en tant que vice-doyen, sollicité pour réorganiser la recherche de l'université.

    Pendant tout ce temps, il mûrit sa conception de la R-D médicale. Elias Zerhouni est un adepte de la recherche "translationnelle". Pour lui, il faut ouvrir les labos, casser les barrières, favoriser la convergence entre chimie, physique, biologie, radiologie... et la recherche ne doit jamais se couper des hôpitaux. Les biotechnologies et la génétique ont fait exploser les connaissances. En 1970, on ne recensait qu'un type de cancer ; aujourd'hui, on en dénombre plus de 2 000. On ne peut plus se contenter d'expériences sur les souris. Cette approche n'est pas passée inaperçue.

    "Un jour, je reçois un coup de fil de la Maison-Blanche. On me propose de diriger le NIH. Je croyais que mon interlocuteur avait fait erreur." Mais ce n'était pas une plaisanterie. Agence publique regroupant 27 instituts et forte de 10 000 scientifiques, le NIH finance les projets d'universités, d'hôpitaux, d'entreprises aux Etats-Unis et ailleurs. Il ne manque pas de moyens, avec un budget doté de 31 milliards de dollars. Proposé par George Bush, Elias Zerhouni, après une multitude d'auditions, est nommé directeur du NIH, poste qu'il occupera de 2002 à 2008. Promotion invraisemblable pour un musulman intronisé juste après le 11 septembre 2001."Un défi de plus", se dit-il. Une fois abandonné le NIH, Zerhouni revient comme conseiller à la Johns Hopkins et, dans la foulée, le président Obama le nomme envoyé spécial des Etats-Unis pour la science et la technologie.

    Os. Présent sur tant de fronts, il n'a pu échapper à l'oeil de Christopher Wiehbacher, qui, avant d'être PDG de Sanofi en décembre 2008, était patron Amérique du Nord du groupe pharmaceutique britannique GSK. Tous deux ont même crapahuté dans des endroits improbables du Kenya et de l'Ouganda lors d'une mission sida. Voilà qui crée des liens. Quand Wiehbacher s'installe à Paris, il n'oublie pas Zerhouni. Et l'engage très vite comme conseiller scientifique, avant d'en faire en 2011 le patron "monde" de sa recherche."C'est une super-recrue, relève Patrick Biecheler, qui suit l'industrie du médicament pour Roland Berger.Zerhouni sait tout ce qui se passe dans le monde en matière de recherche médicale." Utile quand il s'agit de repérer des start-up qui peuvent relancer la recherche maison (on appelle cela le "scouting").

    Son arrivée coïncide avec le moment où Sanofi est en pleine mutation. Les gros brevets tombent dans le domaine public, la recherche devient de plus en plus coûteuse et risquée, et la biologie prend le pas sur la chimie. Zerhouni a déjà formaté selon ses préceptes la recherche du groupe aux Etats-Unis et en Allemagne, deux pays clés. Reste la France. Et là, cet homme de concepts plus que de terrain est tombé sur un os. A Toulouse et ailleurs, les syndicats font de la résistance. Son plan, annoncé en juillet, vient d'être rejeté par la cour d'appel de Paris. Dur retour sur terre pour la star du Johns Hopkins.

    Un plan social contesté

    Annoncé l'an dernier, le plan social pour l'ensemble du groupe Sanofi prévoit la disparition en trois ans de 900 postes, selon la direction. Mais de 2 000 selon les syndicats, qui considèrent que les mobilités proposées (notamment les 200 chercheurs de Toulouse travaillant sur les anti-infectieux qui devraient rejoindre Lyon) ne seront pas automatiquement respectées. C'est d'ailleurs à leur propos que la cour d'appel de Paris a rejeté le plan le 11 mars. En attendant, une mission ministérielle se penche sur le sort incertain du site toulousain.

     

    La méthode Zerhouni

    En 2011, sur 47 nouvelles molécules à l'étude en Europe, aucune ne l'était chez Sanofi. C'est à cette situation que doit faire face Elias Zerhouni au moment où l'ère des blockbusters (ces médicaments qui rapportent plus de 1 milliard de dollars par an) est révolue. Ses recettes ?

     

    - Ouvrir les labos sur l'extérieur (recherche publique, universités, hôpitaux...).

    - Revenir sur la fragmentation des travaux : la recherche sur le cancer était répartie en dix centres, elle sera centrée autour de Vitry et de Boston.

    - Dépasser la chimie pour aller vers les biotechnologies, notamment grâce au rachat en 2011 (pour 20 milliards de dollars) de Genzyme, firme de Boston.

    - Repérer et acquérir des start-up qui pourraient accélérer l'innovation.

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Kamel Sanhadji, professeur en médecine et chercheur

Kamel Sanhadji, professeur en médecine et chercheur

    Lorsqu’un homme de science dit "Je ne sais pas comment et pourquoi mon pays n’avance pas comme les autres ", la conscience collective est interpellée. Cette sentence est de l’éminent professeur Kamel Sanhadji, directeur de recherches à l’hôpital Edouard-Herriot de Lyon, honoré par l’ex-Président français, Jacques Chirac, de la médaille de chevalier de la Légion d’Honneur pour sa contribution en matière de recherche sur le Sida, homme reconnu par les instances internationales, dont l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et ONU-sida.

    Citoyen modeste et scientifique émérite, le professeur Sanhadji ne ménage aucun effort pour répondre à l’appel de la terre natale, disant : " Le peu de science et d’expérience que j’ai, je le communique et le mets à la disposition de mon pays. " A cœur ouvert et l’esprit lucide, il répond à nos questions sur une actualité brûlante.

    La Dépêche de Kabylie : Professeur Kamel Sanhadji, le VIH est un virus très dangereux causant la maladie du sida. Peut-on connaître ses origines ?
    Kamel Sanhadji : Le virus de l’immunodéficience humaine ou VIH, à l’origine du sida, est un rétrovirus d’apparition assez récent. Il a été découvert en 1981, mais son origine remonte à plus loin. A notre connaissance, le plus ancien cas remonte à l’année 1972 où nous avions trouvé chez un patient africain, un sérum congelé réagissant (prélèvement séropositif) au test de laboratoire. Auparavant, on avait trouvé le dossier d’un patient portugais, dont on n’avait pas de prélèvement de sang, mais qui présentait tous les signes cliniques du sida. Ce dernier datait de 1958. L’origine africaine du sida n’est donc pas confirmée. A présent, on pense qu’il s’agit probablement d’un virus du singe vert, qui a muté et évolué vers l’homme. En effet, le virus du sida de l’homme présente des ressemblances à celui du sida du singe. Il peut s’agir d’un virus d’origine animale ou végétale varié et muté. Ces variations exercées dans le temps par des facteurs externes (radioactivité, changements de température, etc agissent sur les micro-organismes en les modifiant pour devenir spécifiques d’une autre espèce, par exemple infectant à l’origine des vaches puis des singes et puis l’homme. C’est la seule hypothèse scientifique que l’on peut avancer actuellement. Par ailleurs, en tant que chercheur je me pose aussi la question : l’homme a manipulé et modifié certains virus animaux ?
    Je ne peux pas le cautionner ou le croire, mais rien n’empêche de dire que quelqu’un ai pu manipuler certaines souches virales qui étaient spécifiques à des animaux ou à des végétaux dans le but de le transmettre à l’homme, ce qui est somme toute vraisemblable. mais j’ai du mal à croire que l’homme puisse en arriver là.

    Quelles sont justement les causes de contamination de cette maladie ?
    Le mode de transmission majeur reste effectivement la voie sexuelle. Il s’agit d’une infection sexuellement transmissible (IST). Il faut bien comprendre que le virus du sida a besoin d’une porte d’entrée, qui peut s’expliquer par une blessure qui laisse des brèches d’entrée dans le sang. Cependant, le virus du sida ne se transmet pas par l’air comme par exemple la tuberculose ou la grippe. Il suffit aussi qu’une femme enceinte soit atteinte du virus du sida pour qu’elle le transmette à son bébé pendant la grossesse ou en cours d’allaitement par le sein. Il y a aussi la transmission par les aiguilles souillées. (aiguilles réutilisées comme le cas fréquent des utilisateurs de drogues, les injections, les objets réutilisés dans les milieux des drogués par exemple. Tout en sachant que ce n’est pas la drogue qui cause le sida, mais c’est l’aiguille déjà utilisée chez une personne infectée qui véhicule des goûtes microscopiques de sang, dans cette gouttes de sang, il existe des milliers de cellules. Donc, Il suffit qu’une seule cellule soit infectée et injectée avec la drogue pour être à l’origine d’une contamination ; Disons qu’il y a trois modes de transmission du VIH, à savoir :

    - La voie sexuelle,
    - La transmission mère-enfant lorsque la femme enceinte est infectée
    - L’utilisation des seringues et aiguilles souillées par du sang contaminé.

       Cependant, le sang est aujourd’hui contrôlé dans les centres de transfusion sanguine. Les dons de sang et la transfusion sont en principe contrôlés et ne présentent plus de danger d’inoculer le virus.
       Le sida en tant que maladie n’est qu’une étape très avancée de l’infection par le VIH. Lorsque les signes cliniques s’installent (infection très avancée et système de défenses immunitaires altéré (fièvre, perte de poids, ganglions), la vraie maladie (sida) s’installe. Mais arrivé là, il est déjà presque trop tard : le patient a mis plusieurs années. Cette période varie de 2 à 7 ans sans traitements. Avec les nouveaux traitements antirétroviraux, elle peut s’étaler sur 10 à 20 ans.
    L’incidence de l’infection par le VIH en Algérie et dans le Maghreb est estimée par l’OMS à 0,3% de la population adulte. Il y aurai en Algérie comme au Maroc respectivement 30 000 personnes vivant avec le VIH.

    On dit aussi que pour le seul fait de toucher certains objets réutilisés il y a risque de contamination du VIH. Qu’en est-il exactement ?
    Effectivement, il faut faire très attention aux objets qui sont en contact avec le virus du sida, tels que les appareils utilisés dans des examens médicaux, comme les endoscopes chez les patients atteint du virus du sida.
    Par contre, il suffit de les décontaminer avec de l’alcool ou du formol et autres produits pour éloigner le danger. Par ailleurs, s’il y a du sang qui a coulé sur une table par exemple, le virus ne peut pas vivre à l’air libre au delà de 2 à 3 heures. Et si l’on évoque les aiguilles, comme chez les drogués, une seringue utilisée ne présenterait plus de danger au bout de 2 à 3 heures, quoiqu’il faut faire attention de ne pas ramasser les objets suspects. Chez le dentiste par exemple, il n’y a aucune crainte car celui-ci a suivi une formation médicale et procède à la décontamination réglementaire de son matériel.
    Chez le coiffeur par contre, il faut être vigilant quant à l’utilisation et la réutilisation du matériel coupant (lame de rasoir…). Il faut exiger des lames neuves et son matériel doit être décontaminé avec de l’alcool ou à l’aide d’une flamme.
    Le tatouage est à éviter dans la limite du possible car on a constaté que certains tatoueurs réutilisent leur matériel sans aucune règle d’hygiène.

    Peut-on comprendre alors que la maladie du sida touche beaucoup plus les catégories défavorisées ?
    La maladie a toujours été l’injustice la plus caractéristique chez l’être humain. en effet, la situation socioéconomique joue un rôle capital. Malheureusement, la précarité et la pauvreté placent l’individu dans des situations difficiles qui génèrent des maladies. Ce qui ne lui permet pas de capter l’information dans le temps et dans son environnement. Cette frange des populations fragilisées par la maladie et dépourvues de moyens n’est pas sensible à l’information. Ce n’est que l’instinct du souci de vivre au jour le jour qui est capté. L’exemple est donné dans certaines villes africaines et subsahariennes où l’on a des quartiers entiers pauvres et même certaines villes qui ont de 30 à 40% de personnes contaminées par le virus du sida. Ce sont des ghettos de pauvreté qui constituent malheureusement des bombes à retardement.

    L’Algérie a-t-elle mis les moyens pour faire face à ce phénomène qui reste un tabou dans certains milieux malgré toute la dangerosité qu’elle présente ?
    Actuellement, l’Algérie dispose de moyens financiers colossaux et pourrait faire face à ce phénomène en commençant par la mise en place de structures de soins et de recherches de qualités et suffisantes. Malheureusement, je pense que le comble réside plutôt dans l’absence de cette culture de prévention permanente pour freiner l’avancée de la maladie occultée depuis belle lurette en plus de l’insuffisance des centres spécialisés en prévention et en recherches car il ne faut pas se limiter à la journée internationale, qui est le 1er décembre, pour lutter contre le sida.
    L’action de prévention doit être permanente et généralisée à toutes les catégories sociales . En effet, la prise en charge des patients nécessite des structures spécialisées en nombre suffisant, même s’il faut reconnaître qu’il y a des efforts qui ont été réalisés.
    Et puis il y a la recherche, car c’est de là que va jaillir la " lumière ", c’est-à-dire la solution. L’Algérie ne s’est pas encore dotée de structures de recherches en général et en particulier en matière du sida, alors qu’il s’agit d’une urgence de part l’ampleur de cette pandémie. Nous avons souvent signalé cette urgence car, en connaissance de causes, tous les jours et toutes les minutes il y a des milliers de personnes qui se contaminent dans le monde et notre pays n’y échappe pas puisque les mêmes modes de transmission du virus sont retrouvés localement. Dieu merci, avec les moyens financiers actuels l’Algérie serait capable à même de pallier à la situation en matière de soins et de recherches. Mais il faut agir dans le temps.

    Pour y faire face justement, pensez-vous que c’est une question de compétences, de moyens ou de gestion de façon globale ?
    Effectivement, disons qu’il y a tout un lien entre les différents facteurs que vous venez de citer. Imaginons une compétence sans les moyens, ou bien encore, avoir les moyens sans avoir les compétences qui puissent utiliser rationnellement et efficacement les moyens mis en place, et dans tout cela il y a la question de vision managériale qui doit être au diapason des besoins en la matière. Autrement dit, je pense que la compétence ne posera pas de problème. Du moment que la question peut passer par des formations. Les moyens peuvent être achetés, la compétence existe ; il faut la valoriser et revaloriser nos valeurs. Individuellement, on constate qu’il y a des compétences très intéressantes mais le problème se pose au niveau du système de gestion qui ne fonctionne pas d’une façon rationnelle. On remarque une espèce de dynamique, mais qui n’en est pas une. Il y a encore beaucoup de freins et de blocages, et même des réflexes d’autocensure et parfois des excès de zèles qui n’ont pas lieu d’être. Et pourtant nous avions commencé à parler du sida en Algérie dès le début de l’épidémie, c’est-à-dire vers les années 1981/1982 dans la presse et les médias lourds avant même que nos voisins maghrébins le fassent. Mais depuis, et malheureusement, nous avons perdu beaucoup de temps.
    En parallèle, les Marocains et les Tunisiens nous ont dépassés en adoptant une très bonne prévention, contrairement à l’Algérie qui a presque délaissé cette mission et la prévention a même reculé malheureusement.
    L’ONU-sida estime l’incidence du VIH dans la population adulte maghrébine à 0,3% , ce qui ramènerait à 30 000 le nombre de personnes vivant avec le VIH respectivement en Algérie et au Maroc. La situation réelle ne peut être recensée que par un dépistage qui soit anonyme, gratuit et libre afin que toutes les franges de la population soient représentées.
    Il faudrait que les programmes scolaires soient dotés de matières scientifiques où la prévention est prodiguée en tant qu’enseignement afin que les élèves fassent d’eux-mêmes à leur tour la prévention entre eux et autour d’eux. Les campagnes de sensibilisation doivent être régulières et continues et ne pas se limiter à la journée mondiale du sida (1er Décembre). Ainsi on pourra sensibiliser une population plus conséquente sur l’importance du dépistage de toutes les catégories socioprofessionnelles afin d’avoir une prévalence réelle en Algérie.
       Je reconnais que la prévention est encore difficile en Algérie, où l’image du sida est tabou et encore considérée comme une maladie de la honte. C’est pourquoi j’insiste sur le rôle de l’école et de l’enseignant qui à un rôle-clé dans le cadre de son enseignement. L’instituteur est obligé de parler, de communiquer et d’expliquer. Les élèves parlent et communiquent entre eux et ceci fera boule-de-neige.
    Le meilleur investissement serait donc dans l’école pour que les générations montantes soient protégées. Il faut que la culture de l’ouverture et de la prévention s’installe chez nos enfants. Une fois que cette culture s’installe chez nos jeunes, il n’est plus besoin de sévir. L’objectif est de susciter des réflexes sains chez l’enfant et ce n’est que dans le cadre scolaire que ces bases peuvent être rationnellement prodiguées. La prévention viendra ainsi d’elle-même. C’est le meilleur moyen d’y arriver.

    En gynécologie, on dit que l’accouchement par césarienne évite les risques de contamination du VIH de la mère atteinte à son bébé. Qu’en est-il au juste de la question professeur ?
    On sait aujourd’hui que la transmission du VIH mère-enfant se produit soit au cours de la grossesse, soit après le premier trimestre et d’une façon plus importante vers la fin et surtout au cours du travail (contractions) c’est-à-dire en cours d’accouchement.
    En effet, les modifications mécaniques de l’utérus au cours des contractions peuvent être à l’origine d’un passage fugace du virus du compartiment maternel à travers le placenta, en empruntant le cordon ombilical, pénétrant ainsi chez le bébé.
    Les traitements antirétroviraux actuels permettent de réduire cette transmission du VIH de la mère à son enfant en cours de grossesse à moins de 1%. De plus et pour assurer le plus de sécurité possible au bébé et lui éviter une contamination, une césarienne est programmée afin de faire naître l’enfant un peu avant terme afin d’éviter les contractions pouvant être à l’origine d’un passage du virus de la maman à son enfant.
    Dans le cas des traitements en Europe et dans les pays développés, les médecins contre-indiquent l’allaitement maternel afin d’éviter les risques de contaminations qui provient du lait maternel de mère sidéenne. Un autre exemple des pays d’Afriques subsahariens : on prend les risques de 10% pour éviter de perdre 100 personnes, ce qui est un exemple de solution de réduction de mortalité. Ceci dit, le traitement médical réduit les risques au maximum ; par contre avec le traitement traditionnel, le risque est toujours présent. Sans traitement de la femme enceinte, le taux de transmission du virus est de 25%. Les traitements actuels font baisser la transmission du virus mère-enfant à moins de 1%.

    Professeur, revenons à la question des législatives du 17 mai 2007. Votre candidature a été rejetée alors que le pays est dans le besoin pressant de son élite : hommes de sciences, de lettres ou de cultures. Vous a-t-on expliqué au moins les raisons du rejet de votre candidature ?
    C’est un grand paradoxe. On ne m’a rien dit. Les "systèmes" sont ainsi. Néanmoins, je tiens à préciser d’abord que je n’ai jamais été demandeur mais sollicité pour apporter " un plus " pour mon pays de par ce que je sais faire en science et la recherche au service de l’humanité.
    C’est cette plus-value que l’on m’a demandée d’apporter au sein de l’hémicycle : apporter une certaine expertise pour avancer dans les choses en connaissance de cause. Je reconnais aussi que c’est un peu naïf, mais sans que je ne sois moi-même naïf.
    Durant mon exercice de parlementaire et en pratiquant de " l’intérieur ", c’est beaucoup plus difficile, car les " mentalités " ne suivent pas (ou plutôt ne veulent pas suivre), d’où le décalage énorme entre les idées et la pratique. En tout cas, ma participation a été sincère en vue d’apporter un plus tout en moralisant la fonction politique. Le " politique " n’a pas bonne presse dans l’opinion publique.
    En tout cas, et en ce qui me concerne, je ne fais pas de politique politicienne, c’est-à-dire que je n’ai jamais considéré que la politique est un métier : la politique est au service des métiers. Je considère qu’il faut d’abord avoir son propre métier avant d’exercer des fonctions politiques. C’est un moyen de valoriser et d’amplifier les projets qui rendent service à la population générale et d’aller un peu plus vite.
    A la limite, j’accepte d’être un politique si cette dernière sert la science. Je suis dans cet état d’esprit et c’est ainsi que je vois les choses. Je souhaitais utiliser ma compétence et expérience de député afin de pouvoir drainer et convaincre dans l’hémicycle, les pouvoirs publics et l’exécutif surtout pour qu’ils puissent réaliser des laboratoires de recherches parce qu’on en a besoin. Je me suis toujours battu dans l’intérêt de la science et sur la question de l’émigration que je représentais. J’avais l’illusion qu’il était possible de faire beaucoup de choses, mais entre ce qu’on veut faire et ce qu’on peut faire, il y’a un grand fossé. Les priorités, j’en suis convaincu, sont ailleurs. Peut être qu’il y’a d’autres choix que les défis scientifiques et le sida n’intéresse pas les pouvoirs publics.
    Peut être qu’il y’a aussi d’autres urgences à mettre en place. En tout cas, on ne me l’a pas expliqué. Ce que je sais, c’est que mon parti (FLN) m’a demandé de renouveler ma candidature, mais n’a pas joué le jeu. Je n’en garde pas d’amertume parce que j’ai la conscience tranquille du moment où je fais bien mon travail. Les partis politiques sont des gros rouleaux compresseurs qui ne fonctionnent pas toujours de façon rationnelle. C’est pourquoi il y’a souvent des conflits entre les partisans et leur tutelle partisane à cause des carences dans la communication. Je suis sûr que s’il y’avait une bonne communication, énormément des conflits auraient pu être évités. On revient toujours au problème de culture.

    Professeur, estimez-vous que l’élite algérienne joue réellement son rôle pour le développement du pays ?
    L’élite algérienne existe, mais elle est diluée. Je ne sais pas pourquoi elle ne fait pas écho. Individualiste ? Manque- t’elle de courage ? Je n’ose pas le croire. " En réalité, cette élite n’a jamais été
    sollicitée par les pouvoirs publics. La démonstration de l’absence de sa mise à l’épreuve est éloquente dans tous les domaines ". Néanmoins, dans cette élite, nous reconnaissons volontiers que la femme algérienne s’est souvent montrée plus perspicace, efficace et pratique surtout dans les moments difficiles.
    La femme algérienne a apporté la démonstration dans plusieurs événements. L’élite en général est de très bonne qualité, car on la voit, lorsqu’elle est expatriée, au sein de certaines équipes à l’étranger. L’élite doit s’organiser et prendre son destin en main et son seul objectif est de " tirer les choses vers le haut ". Et rapidement. L’élite est bien le moteur du développement social, culturel, politique et économique des pays.

    Ne pensez-vous pas justement que la création d’un cadre pouvant regrouper cette élite, qui se retrouve un peu partout dans le monde, soit une chance pour le pays pour débattre de l’ensemble des questions ayant trait à l’avenir et le développement du pays ?
    Nous l’avons déjà lancé à plusieurs reprises. J’avais initié un groupe sous forme d’un cercle que nous avons appelé " Emergence ". Il s’agit de la mise en place d’un réseau des potentialités algériennes très intéressantes, comme par exemple le Professeur Elies Zerhouni, actuellement directeur des centres de recherches américaines sur la santé (NIH) ainsi qu’Azouz Begag ex-ministre chargé de la promotion et de l’égalité des chances en France et bien d’autres. Ce réseau de compétences, établi à l’étranger ou à l’intérieur du pays, peut être sollicité dans le cas où l’Algérie aurait besoin d’un avis d’expertise sur des questions d’importance capitale. Et j’ai même proposé de les répertorier dans une cartographie du monde, sous forme d’un planisphère dans les quatre continents du monde, et mettre ces compétences en valeurs, afin d’apporter leurs expertises sur les différentes questions spécialisées. Cette démarche éviterait de reproduire les erreurs du passé à la lumière des expériences éprouvées. Par ailleurs, Ce système de rapprochement et densification de l’élite et des compétences a été mis en place à la demande des pouvoirs publics et des autorités les plus importantes, mais, malheureusement, les compétences n’ont jamais étés sollicitées. Ces élites sont devenues quelque peu réfractaires et considèrent certaines sollicitations, comme des appels de sirènes de mer. Ainsi, les pouvoirs publics ont perdu toute crédibilité et n’ont eu aucune emprise sur l’élite.

    Preffesseur, êtes-vous optimiste pour l’avenir ?
    En ce qui me concerne, je suis toujours optimiste et peut être même excessivement. Je le dis parce que c’est avec cela que l’on peut faire avancer les choses. Par contre, il est plus facile de détruire, que de construire. Tout l’art est dans le discernement de ce qui est probant dans une problématique, et de savoir tirer le " fil d’Ariane " pour retrouver son chemin. Le Chemin de l’édification et de construction d’une société juste et équitable garantissant son épanouissement. Autrement dit, comment pourrait on être optimiste et convaincant lorsque l’on voit et l’on entend quotidiennement l’injustice et le mépris ?
    Ceci dit, il y’a beaucoup de choses qui vont mal, Pire encore, des phénomènes qui défient même les lois de la nature et beaucoup de dysfonctionnements. pourtant, il y’a des questions et des solutions qui ne relèvent que du bon sens.
    Lorsque vous voyez et vous entendez des discours tout à fait incohérents, cooptés et pris en considération, ainsi que la rumeur devenu une base de gestion, au lieu de transparence et du formel, c’es l’informel qui gère le quotidien, les lois de la nature sont bel et bien défiées. Comment pourrait en fait, parler de l’optimisme et de l’espoir ?. Parfois, je me dis que je me raconte des histoires. Mais en fait, il n’ y pas de quoi être fier du fait d’une réalité qui découle des mécanismes et méthodes de gestion archaïque et irrationnelle. On s’enlise, c’est la fuite en avant. D’un autre point de vue, lorsque l’on analyse la situation en profondeur, l’on se dit que c’est une question d’organisation et de raisonnement et rien qu’avec cela, beaucoup de choses peuvent être résolues. Mais, malheureusement, souvent c’est les même réflexes et erreurs qui reviennent. Certes, les choses viendront, mais l’on perd aussi beaucoup de temps, et c’est toujours des choses inextricables ou " moutons à cinq pattes ". J’ignore pourquoi cette mentalité de l’empirisme, de colportage et de médiocrité s’est installée dans notre pays. Cela, je ne l’accepterai jamais et je défendrai toujours les valeurs civilisationnelles, humaines et progressistes haut et fort. Mes convictions et mon petit savoir en sciences et en expériences est restitué à la société à laquelle je suis redevable.

    Estimez-vous avoir accompli votre devoir envers le pays ?
    J’avoue que j’ai toujours eu le sentiment d’avoir une dette morale. C’est pour cela d’ailleurs que je tiens à mon pays. C’est parce que mon pays va mal, que je me dis que suis malade. Je vous assure que s’il est bien comme tous les autres pays, je n’y penserai peut être pas. Ça me blesse lorsque je vois et je vis tout ce qui se passe dans mon pays: les attentats, la dégringolade,la violence,la corruption,le niveau de vie,la précarité, la pauvreté, toutes ces femmes qui dorment sous les arcades avec leurs enfants,les femmes répudiées avec leurs enfants. Venez voir de 19H à 20h des femmes qui tapissent des cartons tout au long du front de mer et ce sont des familles entières. il n’y avait pas tout cela avant.
    C’est ce que je ne peux pas supporter, et tout cela, c’est une dette morale pour moi. C’est pour cela que j’essaie de donner le maximum pour dire j’ai fait ce qu’il fallait faire, et que je puisse me soulager au moins du peu que fait pour la société. Vous ne pouvez pas savoir à quel point je me sens heureux, lorsque je rend service “et quelque soit le niveau de service que je rends” à des personnes qui ont en besoin. Je vous assure que je me sens très bien, quand je vois aboutir même avec des bribes d’interventions qui puissent soulager quelque peu les gens qui en ont besoin,et ça, c’est une dette extraordinaire que je paie, pour le bien-être de la vie humaine, et c’est la seule dette que j’ai envers mon pays. Je ne fait rien en privé, et je ne sais pas pourquoi quand on fait du bien pour son pays, on vous en veut. Alors je me demande qui sont ces gens là, et qu’elle est leur nature ? Ah Mon dieu ! c’est grave, je préfère être à ma place. Je ne travaille que pour pays, les choses publiques et l’université: c’est la seule dette que j’ai. Sur ce point, je suis tranquille et je sais pourquoi je me bats. je fait de mon mieux quotidiennement pour le bien de mon pays et de l’humanité.

    Cher professeur, votre communication est un soulagement. Quelle est la chose la plus chere dans votre vie ? avez vous quelque chose qui vous tienne à cœur ?

    Personnellement, la chose la plus cher, d’abord, c’est ma mère. C’est elle qui m’a inculqué les valeurs de noblesses. C’est d’elle que j’ai hérité les valeurs du bon sens et de l’éducation saine. Elle m’a éduqué a sa manière, pour que je fasse, ce que je suis entrain de faire pour restituer le peu de savoir que j’ai pour mon pays, et je suis heureux lorsque je le communique. Je l’ai comme un don. Je pense que ce don je l’ai reçue de ma mère. En outre, je pense que même si c’est trop pour notre génération, on doit penser aux autres générations à venir. Moi, je suis inquiet pour l’école. Le seul espoir pour l’avenir, c’est d’investir dans la qualité de l’école. L’école actuelle est malade, il faut bien qu’elle guérisse. parce qu’elle ne produit pas de la bonne qualité.
    Ce n’est pas le nombre qui compte, mais la qualité des compétences, car c’est le seul moyen de s’en sortir, et ce n’est pas pour aujourd’hui, mais pour plus tard, pour les enfants et l’homme algérien de demain. Quand on éduque et qu’on forme les enfants avec des réflexes sains, normaux qui deviennent des citoyens civilisés, on n’a plus besoin de les contraindre par corps, les lois etc. L’individu éduqué et civilisé, c’est lui-même qui va faire le développement, la démocratie la liberté etc. la bonne école doit se faire rapidement, c’est la seule façon qui permet au pays de s’en sortir. C’est de cet optimisme dont on parlait au début : en parlant de la réhabilitation de l’école algérienne qui avait de très bonnes qualités.
    Mon école je l’ai faite en Algerie et en partant en France pour continuer nos études, on avait un niveau comme les Français. dans les années soixante quinze et quatre-vingt, il y’avait un très bon niveau et puis c’est la dégringolade. Je vous assure qu’on passait des concours à l’époque, et personne ne savait que nous étions des Algériens, parce qu’il y avait un bon niveau.
    Il y avait les même programmes. Ce ne sont pas des programmes français,mais ils étaient d’un nouveau universel. On nous enseigna l’histoire de l’Algerie avec les bonnes qualités. Enseignons toutes les matières algériennes qu’on veut, mais qu’elles soient de bonnes qualités tout simplement. Ah, mon dieu, maintenant je ne sais plus ce qui se passe. Le maître n’est plus respecté, l’élève ne sait ni écrire ni lire. Il y a des médecins qui remplissent des ordonnances, mais qui ne savent même pas les rédiger convenablement. Mais ce n’est pas de leurs fautes. Parcque c’est l’école quelquespart qui a fabriqué des jeunes avec un niveau faible. Parfois, j’ai honte de voir une ordonnance en Algérie pleine de fautes. Ce n’est pas la faute de ces jeunes médecins, mais de ceux qui les ont “fabriqués” et ça c’est impardonnable.
      

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Abderrahim Bourouis, en quête d’une victoire à  “Stars of Science” (www. Starsofscience.com/voting)

Abderrahim Bourouis, en quête d’une victoire à “Stars of Science” (www. Starsofscience.com/voting)

     Qualifié pour la finale de la huitième édition de l'émission annuelle "Stars of Science" de l'émission de la chaîne de télévision moyen-orientale MBC 4, l'Algérien Abderrahim Bourouis, un ingénieur en télécommunications de 29 ans, natif de Tlemcen, attend avec beaucoup d'espérance la conclusion de ce concours scientifique qui  aura lieu samedi prochain 19 novembre dans la capitale qatari Doha. 

     

    L'inventeur algérien participe à cette compétition scientifique organisée par "Qatar Foundation" avec sa dernière invention, une tunique intelligente appelée" Wonderkit",  à destination des enfants autistes ( dont l'handicap cependant doit être moyen ou léger).

    Cette tunique intelligente, qui est directement reliée à un téléphone portable, grâce à une application informatique, permet aux parents, non seulement de surveiller de loin leurs enfants handicapés (grâce à des capteurs électroniques) mais aussi de leur prodiguer du réconfort à distance (à l'aide de vibrations et de lumières apaisantes que cette tunique peut émettre éventuellement, en cas de crise des enfants autistes qui en sont vêtus.)                                             

    L'algérien affrontera au cours de cette finale de samedi prochain, un Jordanien, un Libanais et un Bahraini. Le gagnant sera désigné à 50% par le jury de l'émission et à 50% par le vote par Internet des téléspectateurs. La récompense allouée au lauréat est de 300. 000 dollars.                                                                                     

    Le prodige algérien, qui n'en est pas à sa première invention (il a déjà été primé par l'ONU, comme " jeune inventeur arabe") demande, par le biais d'algerie1.com, à tous les Algériens qui le peuvent, de le soutenir, soit par leur vote par Internet au site de l'émission de MBC4 (www. Starsofscience.com/voting) soit par leurs encouragements !                                                       

    Abderrahim Bourouis occupe actuellement la fonction de manager en recherche et développement, à Algérie-Télécom. 

    Pour information, 175 millions d'enfants soufrent actuellement d'autisme dans le monde, et 60 milliards de dollars sont dépensés chaque année pour leur prise en charge.

    Résultats compétition scientifique:L'ingénieur Abderrahim Bourouis primé à la 8è édition de "Stars Of Science"

    Algérie Télécom (AT) est fière de son ingénieur Abderrahim Bourouisqui a décroché la deuxième place en finale de la huitième édition du programme « Stars Of Science », pour le meilleur innovateur du monde arabe, avec son invention baptisée « Wonderkit » pour les enfants autistes. Les téléspectateurs de « Stars Of Science » des quatre coins du monde ont contribué à choisir le vainqueur de cette prestigieuse compétition à travers le vote en ligne. A l’issue du vote, Bourouis a obtenu un score de 31,7 %, derrière le Jordanien « Sadeem Qdaisat », qui a récolté 36,8 % des voix du public. L’expertise personnelle de Abdderrahim Bourouis, qui a vécu la souffrance d’une famille algérienne ayant un enfant atteint des troubles du spectre de l’autisme (ASD), généralement associé à la baisse de la coordination motrice et des capacités intellectuelles ainsi qu’aux maladies physiques, lui inspire l’idée de créer une solution technique pour venir en aide aux familles des enfants autistes. Ses efforts ont été récompensés par la naissance de la chemise intelligente appelée « Wonderkit ».

    Ce prototype à coût réduit a pour objet de surveiller et de calmer l’enfant autiste souffrant de crises de paniques et d’anxiété. Ce T-Shirt mesurera les mouvements physiques de l’enfant et soumettra des rapports aux parents via Smartphone ou tablette. « Wonderkit » jouera le rôle d’une personne au chevet de l’enfant malade tout en rassurant ses parents qui auront la possibilité de suivre l’état de leur enfant à distance. En outre, cette solution proposera des recommandations aux parents en fonction des besoins de leur enfant autiste.

    Il y’a lieu de rappeler que M.Bourouis a déjà remporté le premier prix MED-IT 2012 pour la meilleure startup algérienne, le deuxième prix de AINnovation Compétition, ainsi que d’autres prestigieux prix nationaux et internationaux. 
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Mourad Benosman : L’inventeur de l’analyseur de stress

Mourad Benosman : L’inventeur de l’analyseur de stress

    Mourad BENOSMAN, est actuellement enseignant universitaire et ex-diplômé de l'université de Tlemcen dans la filière Nationale Génie Biomédical.

    Mourad a inventé un Dispositif Médical léger et simple permettant de séparer l'activité musculaire du stress. Il est breveté en Suède dans le cadre des appareils (**très lourds et compliqués**) utilisés par les sociétés suédoises d'Assurance Médicale. Dans ce pays si tu n'es pas sportif tu ne bénéficiera pas du droit de Remboursement .

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Trois chercheurs algériens lauréats du Prix Sanofi Algérie

Trois chercheurs algériens lauréats du Prix Sanofi Algérie

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    CHERCHEURS

    Le prix Sanofi Algérie de la Recherche en Santé a été remis à trois (3) jeunes chercheurs algériens pour leurs contributions au développement de la recherche scientifique dans le domaine de la santé.

     La cérémonie de remise du prix s'est déroulée jeudi soir à Alger en présence de cadres des ministères de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière ainsi que de professeurs et chercheurs dans le domaine de la santé.

     Le Prix Sanofi Algérie de la Recherche en Santé a connu un réel engouement avec 31 candidatures.

    Le premier prix estimé à deux millions de dinars algériens (2.000.000 DA) a été attribué à Belaaloui Ghania, de l’Université Hadj Lakhdar de Batna pour son travail intitulé "ADRA2A germline gene polymorphism is associated to the severity, but not to the risk, of breast cancer". Une étude sur le gène responsable du cancer du sein qui a touché un échantillon de 240 femmes atteintes et saines.

     La spécialiste a évoqué les difficultés qui entravent la recherche scientifique en Algérie, saluant les acteurs économiques et sociaux des secteurs publique et privé qui ont contribué à la concrétisation de son œuvre à travers la mobilisation des moyens nécessaires.

     Le deuxième prix d'un montant d’un million (1.000.000) de dinars algériens a été décerné à El Mecherfi Kamel Eddine, de l’Université des Sciences et Technologie Ahmed Ben Bella d’Oran pour son travail intitulé "Intérêts des biopuces à allergènes dans le diagnostic de l'allergie aux protéines du lait de vache". L'étude traite des allergies aux protéines de lait de vache chez les enfants.

     M. El Mecherfi a exprimé le souhait que cette recherche puisse permettre d'établir un partenariat avec le secteur privé en vue de la prise en charge des enfants prédisposés aux allergies aux protéines de lait de vache, d'une part, et à la lutte contre le cancer, d'autre part.

     Le troisième prix d'un montant de cinq cents mille (500.000) dinars algériens a été attribué à Zebboudji Abderezak de l’Université des Sciences et Technologie Houari Boumediene d’Alger pour son travail intitulé "Etude comparative des effets antinéoplasiques de l'As2O3 et du NaAsO2 sur les tumeurs associées à l'EBV".

     Le chercheur a saisi cette occasion pour saluer l'équipe médicale qui a concouru à la concrétisation de son étude, exprimant le souhait que cette étude puisse contribuer au développement de la recherche scientifique, notamment dans le domaine de la santé.

     Ce prix a été lancé en 2013 par le Dr. Elias Zerhouni, président de Monde de la Recherche et du Développement de Sanofi, lors de sa visite en Algérie à l'occasion de la pose de la première pierre de l'unité de Sidi Abdellah qui sera gérée par des compétences algériennes.

     Le prix Sanofi Algérie de la Recherche en Santé de la précédente édition a été attribué à une chercheuse de l'Université Abou Bekr Belkaid "de Tlemcen pour son étude sur les effets des pesticides sur la pomme de terre.

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Dr. Zaibat ToufikI : Le remède au diabète découvert par un algérien !

Dr. Zaibat ToufikI : Le remède au diabète découvert par un algérien !

    publié le 16/11/2016

     

    ABDELMALEK BOUDIAF À CONSTANTINE

    “Le nouveau complément alimentaire pour le diabète sera commercialisé dès dimanche prochain”

    “Rahmat Rabi sera commercialisé à partir de la semaine prochaine”, a déclaré, hier, le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Abdelmalek Boudiaf, à propos du complément alimentaire découvert par Toufik Zaïbet, un technicien de la santé, destiné aux malades diabétiques. Le produit en question a,  faut-il le rappeler, suscité des réactions négatives de la part de chercheurs ainsi que du bureau de l’Ordre national des médecins et d’autres professionnels de la santé dans les quatre coins du pays et qui ont estimé que “l’homologation” de ce produit qu’on appelle “remède contre le diabète” est une “dérive très grave”. “Je l’ai soutenu depuis que j’étais wali de Constantine et je le soutiens toujours parce que je crois en lui”, a affirmé le ministre de la Santé. Et d’ajouter : “Ce produit est passé par toutes les étapes nécessaires bien avant d’être commercialisé, en tant que complément alimentaire.” Abdelmalek Boudiaf poursuivra : “Pour avancer, il faut encourager les porteurs de ce genre de projets pour ne pas les pousser vers l’étranger.”
    Par ailleurs, le ministre de la Santé a procédé à la célébration de la Journée mondiale de lutte contre le diabète placée, cette année, sous le slogan “Gardons un œil sur le diabète”, à la grande esplanade de la mosquée Émir-Abdelkader de Constantine. “Cette célébration me permet de réitérer solennellement l’engagement de notre pays à mettre en œuvre de façon résolue la déclaration de l’Assemblée générale des Nations unies sur la prévention et le contrôle des maladies non transmissibles de septembre 2011 et que l’Algérie a adoptée”. Concernant le diabète en Algérie, M. Boudiaf a affirmé que “selon les études effectuées sur la population âgée de plus de 25 ans, la prévalence du diabète est estimée entre 9 et 12%”. Le ministre de la Santé a affirmé, dans son allocution, que  “pas moins de 3 000 médecins généralistes ont été formés. Rien que pour l’année 2016, 360 médecins généralistes ont reçu une formation sur l’approche intégrée des maladies non transmissibles et 118 autres ont été formés sur l’éducation thérapeutique”. Ces actions de formation, soutient-il, “visent les intervenants des structures de proximité dans le soucis d’améliorer les connaissances et les compétences des médecins généralistes qui sont appelés à être les médecins référents dans le projet de la nouvelle loi sanitaire”. Cette dernière, qui devrait être présentée aujourd’hui devant l’APN, sera, selon le ministre, “reportée au 7 décembre prochain”.

    - Publié le 22/11/2016 

    Le «complément alimentaire» n’a reçu aucune autorisation

    Rush sur les pharmacies pour une potion d’huile d’olive et d’omega 3

    Le Snapo met en garde contre la vente de ce produit par les pharmaciens sans les informations précises sur ses composant

    Les premières boîtes du complément alimentaire dont le nom commercial est Rahmat Rabi (RHB) présenté, dans un premier temps, comme un médicament miracle contre le diabète, sont en vente depuis dimanche. Des pharmacies ont connu un rush ce début de semaine dans certaines régions du pays, comme à Biskra, Constantine, M’sila, etc.

    Cédé à 1760 DA et non remboursé, dont la dénomination est purement populiste, ce produit se vend déjà comme des petits pains. Le résultat d’une large campagne médiatique suivie du soutien indéfectible du premier responsable de l’autorité de santé, à savoir Abdelmalek Boudiaf. Une garantie supplémentaire pour les malades qui n’hésitent pas à se le procurer à n’importe quel prix.

    D’ailleurs, des pharmaciens interrogés affirment qu’effectivement, il y a une forte demande des patients de ce produit, mais «pour le moment il y a une hésitation à faire des commandes tant que les choses ne sont pas encore claires par rapport à l’autorisation de sa commercialisation et aux constituants de ce produit», nous confie une pharmacienne, qui estime que les autorités de santé doivent communiquer à ce sujet. Les grossistes en produits pharmaceutiques appréhendent pour le moment de faire des commandes. Si certains ont carrément décidé de ne pas le commercialiser, d’autres attendent pour voir. «Nous sommes submergés de demandes des pharmaciens. J’ai déjà une commande de 4000 boîtes de mes clients.

    Les pharmaciens subissent effectivement une pression des malades pour lesquels ils ne peuvent pas refuser la demande. C’est pourquoi l’avis de la haute autorité de santé est aujourd’hui indispensable pour trancher définitivement sur la fiabilité de ce complément alimentaire», estime un grossiste. D’autres affirment que les pharmaciens sont plutôt favorables à la commercialisation du RHB pour l’unique raison que les malades le demandent.

    Le Syndicat des pharmaciens d’officine (Snapo) met en garde contre la vente de ce produit en l’absence d’informations techniques et scientifiques. A l’issue de la réunion du bureau national tenu hier, le Snapo a saisi officiellement le ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière et le ministère du Commerce, pour demander des éclaircissement concernant l’autorisation de mise sur le marché et surtout les caractéristiques de ce complément alimentaire.

    «Le pharmacien ne peut pas conseiller au patient de prendre ce produit.» «Les pharmaciens sont appelés à respecter les procédures légales en matière de pratiques commerciales. Comme ils doivent veiller à avoir la traçabilité totale au sujet des approvisionnements qu’ils pourraient effectuer de ce produit», a déclaré Messaoud Belambri, le président du Snapo, qui n’a pas manqué de rappeler que dans le passé, des pharmaciens étaient déférés devant les tribunaux suite à la vente de certains produits (des vitamines) qui comportaient des excès de dosage de certains constituants.

    «On ne peut pas s’aventurer à vendre un produit dont nous ignorons tout et qui a bénéficié seulement d’une publicité par les médias et les réseaux sociaux. Aucune explication n’a été donnée ni par les pouvoirs publics ni par son producteur, alors qu’habituellement, des rencontres sont organisées au profit des médecins et des pharmaciens pour une meilleure connaissance du produit. Rien n’a été fait dans ce sens», a-t-il déploré.

    Pour Lotfi Benbahmed, président du Conseil national de l’éthique et de la déontologie et président du conseil national de l’Ordre des pharmaciens, il s’agit d’un complément alimentaire qui n’a donc par définition aucun effet thérapeutique, comme des milliers d’autres produits de cette catégorie : «Ce sont des produits dont l’effet rejoint l’effet placebo et n’ont aucun intérêt pour  la santé publique. Cependant, présenté dans un premier temps comme un médicament miracle, sa commercialisation pourrait conduire des patients diabétiques à abandonner leurs traitements.

    Ce qui constitue un risque sanitaire réel pour une pathologie qui mobilise des efforts considérables de la part du corps médical et des caisses de Sécurité sociale (dépistage, consultations, remboursement de bandelettes et médicaments).» M. Benbahmed estime que «le fait de vendre un produit qui ne sert à rien à plus de 1700 DA et non remboursé constitue dès lors pour les malades une véritable escroquerie». L’Ordre des pharmaciens, a ajouté M. Benbahmed, se réunira  jeudi pour justement débattre de ce point.

    Un communiqué destiné aux pharmaciens sera adopté afin de leur «recommander de se rapprocher de l’ensemble de leurs patients diabétiques pour les informer au mieux sur ce produit et surtout pour leur rappeler la nécessité, dans cette pathologie, de poursuivre avec rigueur les prescriptions de leurs médecins». La communauté médicale est quant à elle formelle : il n’y aura pas de prescription de ce produit dont les preuves scientifiques n’ont pas été démontrées.

    - Publié le 04/12/2016

    MALGRÉ LES MISES EN GARDE DES DIABÉTOLOGUES

    Le RHB emballe à Oran

     
     
    Depuis l’annonce de sa prochaine mise sur le marché, les diabétiques sont sur des charbons ardents et les pharmaciens ont du mal à tempérer les ardeurs. “Nous avons enregistré de très nombreuses demandes ces dernières semaines mais jusqu’à aujourd’hui, nous n’avons pas encore été livrés malgré les commandes”, indique cette pharmacienne de Bir El-Djir en précisant que contrairement à ce que la majorité des diabétiques croient, il ne s’agit pas d’un médicament mais d’un complément alimentaire.

    “Les malades ne doivent en aucun cas suspendre leur traitement et le RHB doit être pris en complément. Il est important de le savoir”.
    En raison du manque d’information et des zones d’ombre qui entourent le RHB, beaucoup de diabétiques ne savent, effectivement, pas quelle attitude adopter. “Je ne sais pas ce qu’il convient de faire, admet Rabah, 66 ans, diabétique de longue date. Je nourris de grands espoirs depuis que j’en ai entendu parler à la télévision mais il semble que ce ne soit pas le remède miracle annoncé. Certains disent qu’avec le RHB, on peut arrêter la médication de manière graduelle, d’autres que l’on ne doit surtout pas suspendre le traitement et mon médecin refuse de m’autoriser à le prendre. Mais j’avoue que je ne peux pas réprimer mon impatience.” Les incertitudes qui entourent ce “produit miracle” n’empêchent pas des milliers de diabétiques d’Oran de se rendre dans les différentes pharmacies de la ville pour s’enquérir de l’arrivage du RHB et passer commande. “J’ai déjà vendu quelques boîtes et je dois recevoir un autre quota en fin de journée (mardi 28 novembre, ndlr)”, déclare un pharmacien du quartier de Seddikia. “Je ne sais pas si c’est efficace, mais je sais que la demande est importante et que certains clients auxquels j’en ai déjà vendu, il y a quelques jours, en redemandent”, assure-t-il.
    Annoncé la deuxième quinzaine de novembre, l’écrasante majorité des pharmacies oranaises n’a cependant pas encore reçu sa commande en RHB. “Il doit y avoir un problème chez les grossistes, avance la pharmacienne de Bir El-Djir. Ils ont annoncé la distribution à partir de la semaine passée mais jusqu’ici, nous attendons toujours. Il y a même des rumeurs qui parlent de produits contrefaits”. Plus retenus, voire ouvertement hostiles à l’arrivée de ce nouveau-venu, les médecins ne veulent pas encore s’engager sur un produit qui, bien qu’ayant manifestement reçu la bénédiction du ministre de la Santé, n’en continue pas moins de nourrir les suspicions.
    Principal argument du corps médical : le RHB n’est pas passé par la procédure classique avant d’être commercialisé. “Je ne suis pas sûr que le RHB ait été soumis aux différentes étapes de contrôle qui précèdent la mise sur le marché d’un produit destiné à la consommation humaine”, relève le Dr Aït Aïssa Karim, spécialiste en endocrinologie et diabétologie basé à Oran, pour étayer son évident scepticisme. “Lorsque des malades viennent me consulter sur ce complément alimentaire, j’essaie d’expliquer que le médicament doit passer par une série d’examens rigoureux qui peuvent durer six années. Or, ce n’est manifestement pas le cas du RHB, dont nous ignorons les composants et les effets qu’il peut éventuellement entraîner sur les malades.” Et en bon pédagogue face à des malades qui veulent y croire malgré tout, le spécialiste ne ferme pas totalement la porte à l’espoir. “S’il s’agissait de moi ou d’un membre de ma famille, j’attendrais un peu…”

    Levée de boucliers
    En scientifique qui se respecte, le Dr Aït Aïssa déplore, par ailleurs, le choix, pas forcément innocent, d’un nom à consonance religieuse pour le complément alimentaire : RHB, Rahmat Rabi (littéralement, miséricorde de Dieu), dont on peut constater l’impact sur l’imaginaire populaire à travers l’engouement des malades sur les officines pharmaceutiques. Ces mises en garde rappellent la levée de boucliers de la communauté médicale, notamment les diabétologues et endocrinologues, qui avaient suivi l’annonce par une chaîne de télévision algérienne de “remède miracle” contre le diabète. Une pluie de commentaires scandalisés s’est abattue sur les réseaux sociaux et les sociétés savantes avaient crié au scandale. “Il est scandaleux de faire la promotion d’un homme et d’un produit sans prendre les précautions nécessaires pour protéger les patients. Si les choses avancent à ce rythme, des milliers d’enfants tomberont dans le coma et les conséquences seront irréversibles”, ont dénoncé la Société algérienne de diabétologie, l’Association nationale des endocrinologues et diabétologues libéraux, la Société algérienne de médecine interne et le Conseil national de l’Ordre des médecins. “On s’interroge justement sur les constituants de ce produit et si toutes les procédures prévues par la réglementation ont été respectées”, ont-ils également averti.
    “Mes parents sont diabétiques et je serais heureuse qu’ils en guérissent mais en l’état actuel des choses, jamais je ne leur permettrais d’acquérir ce produit”, affirme Louisa, médecin généraliste, qui préfère, elle aussi, attendre pour voir de quoi demain sera fait. Attitude que la majorité des diabétiques d’Oran semblent refuser de suivre, eux qui se rendent quotidiennement dans les pharmacies pour s’enquérir de la disponibilité du produit miracle. “Je suis assailli par les sollicitations et j’ai même un registre sur lequel j’inscris les commandes car elles sont nombreuses et je ne suis pas sûr que nous pourrions les satisfaire”, indique un pharmacien de Akid-Lotfi qui dit avoir reçu un quota de quelques boîtes qui “sont parties très vite”.
    À Oran, ni les mises en garde des médecins et des pharmaciens ni le prix relativement élevé du RHB (1 700 DA) et non remboursable ne découragent les diabétiques. Il reste que si les spécialistes ont raison et que le RHB s’avère nuisible à la santé des malades, le ministère de la Santé portera une lourde responsabilité. Dans le cas contraire, Toufik Zaibet et l’Algérie pourront se targuer d’être derrière la plus importante découverte médicale du XXIe siècle. Que même un prix Nobel ne parviendra pas à récompenser.

    - Publié le  15/12/2016

    LE COMPLÉMENT ALIMENTAIRE RETIRÉ DU MARCHÉ APRÈS SA COMMERCIALISATION PENDANT PRÈS D’UN AN

    “Rahmet Rabi” : qui a failli ?

     

     

    La grande question à laquelle aucun des départements ministériels concernés ne souhaite répondre est celle de savoir par quelle “magie” le produit, qui s’avère nocif pour la santé, a été vendu dans les pharmacies pendant plusieurs mois.

    La commercialisation du complément alimentaire RHB “Rahmet Rabi”, interrompue depuis mercredi dernier, continue de susciter moult réactions y compris celle du ministère de la Santé. Trois jours après la publication du communiqué de département de Bakhti Belaïb, le ministère de la Santé et de la Réforme hospitalière prend le relais et ordonne, à travers la Direction générale des pharmacies et équipements de santé (DGPES), “le retrait immédiat du complément alimentaire ‘RHB’ (Rahmat Rabi) de toutes les pharmacies sur le territoire national”. Dans une correspondance datant du 10 décembre 2016, et dont Liberté détient une copie, on peut y lire : “J’ai l’honneur de vous demander de veiller à l’arrêt immédiat de la commercialisation du produit cité en objet. La plus grande importance est accordée à l’exécution de la présente.” Et de préciser : “Je vous demande de me rendre destinataire d’un rapport concernant des mesures prises dans ce cadre.” Le document en question, note-t-on, a été destiné au directeur général du Laboratoire national de contrôle des produits pharmaceutiques (LNCPP), au directeur général du Centre national pharmaco et de matériovigilance et au Conseil de l’Ordre des pharmaciens. Autant d’organismes qui, visiblement, n’ont servi à rien pour éviter une telle situation de confusion générale auprès des citoyens et encore plus dans la cacophonie entre institutions. Mettre en avant, aujourd’hui, l’honnêteté intellectuelle… ou pas de la personne qui est à l’origine de la fabrication dudit complémentaire alimentaire n’enlève en rien de la responsabilité des différentes parties censées veiller au respect des lois et procédures en la matière. Cela fait des mois qu’une bataille médiatique au niveau des chaînes télévisées bat son plein tenant en haleine les trois millions de diabétiques en particulier et l’ensemble des Algériens en général en attente de ce “remède miracle” sans qu’aucune partie officielle ne se manifeste. Mieux encore, le fabricant du produit, qui assure avoir mené des recherches approfondies, reçoit les encouragements du ministre de la Santé qui est allé jusqu’à déclarer : “Je connais cette personne que j’ai fait venir moi-même de Genève pour travailler, ce n’est pas un charlatan, alors laissez-le travailler.” Et d’insister : “Il faut encourager l’initiative.” Depuis les choses sont allées, trop vite et nous nous sommes retrouvés, contre toute attente, avec un complément alimentaire vendu à 1 779 DA (non remboursable) en officine, et nulle part ailleurs comme il est d’usage pour les compléments alimentaires rencontrant un franc succès. La demande dépassait largement l’offre, selon les témoignages recueillis au lendemain même de sa commercialisation tant les Algériens se l’arrachaient. Il était même revendu en seconde main, comme on dit, loin de tout contrôle. Quelques jours plus tard, les choses prennent une autre tournure lorsqu’il s’avère que “le remède miracle” est “néfaste” et constitue un “problème de santé publique” comme soutenu par bien des personnes.

    Vide juridique, ignorance de la loi ou laxisme ?
    À la question de savoir quelle est la procédure à suivre pour commercialiser un complément alimentaire, au ministère du Commerce, on explique qu’“il n’existe aucune loi en la matière” et que “chacun est libre de fabriquer des compléments alimentaires à sa guise”. C’est, cependant, ce même département qui s’est autosaisi pour retirer le RHB “par mesure de précaution” et a demandé à le soumettre à des analyses pour vérifier sa conformité. Devant notre insistance d’en apprendre davantage sur les règles et procédures, le ministère du Commerce se ravisera pour soutenir qu’“il n’y a pas de commentaires sur la question tant que les résultats des analyses ne sont pas encore connus”. Or, Toufik Zaïbet a bel et bien présenté sur un plateau télévisé “l’autorisation préalable” de la part du ministère du Commerce en présence même du représentant de l’Ordre des médecins (autorisation provisoire ou préalable). Le président de la Fédération des associations de diabétiques, Noureddine Boussetta, a relevé, pour sa part, que “le produit est classifié dans la catégorie compléments alimentaires et a obtenu l'homologation du ministère du Commerce en vue de sa commercialisation”. Cela dénote d’une défaillance administrative qui en dit long sur l’inefficience des règles et procédures si elles sont appliquées sur les uns et non sur les autres et remet en cause la réputation de tous les autres produits sur le marché rendant la protection de la santé du citoyen algérien à travers son alimentation et le complément d’alimentation de vains mots.   

    Le ministre de la Santé dans l’embarras
    Force est de reconnaître qu’il n’est pas ordinaire qu’un ministre de la Santé s’implique autant dans la promotion d’un produit émanant d’un privé inconnu par la communauté médicale. Toufik Zaïbet, qui est à l’origine de la fabrication de ce complément alimentaire, s’est dit, tout de même, médecin diplômé de l’université de Genève pour s’avérer être un imposteur puisque lui-même reconnaît qu’il n’est pas titulaire du diplôme requis en la matière et qu’il n’a effectué à l’université de Genève que quelques modules. Un état de fait que le ministère de la Santé aurait pu aisément mettre au jour comme il aurait pu mener des tests et des recherches sur ce produit qu’il a commencé par appeler “médicament” à même de “révolutionner le monde de la médecine dont le diabète”, ignorant toutes les mises en garde des médecins, et finir par reconnaître que “ce n’est qu’un complément alimentaire”. À rappeler qu’il y a eu des médecins et des pharmaciens qui ont signé une déclaration dénonçant une propagande visant à promouvoir un faux médicament censé guérir le diabète et déplorant le soutien des autorités à la supercherie. La Toile s’approprie alors ce qui devient carrément “l’affaire RHB” divisant les Algériens entre ceux qui dénoncent l’arnaque et ceux qui crient à la jalousie et au lobby des producteurs de médicaments qui fait son effet, mais tous s’accordent à dire que “s’il y a problème, il revient aux autorités compétentes qui n’ont pas fait leur travail”. Il se trouve que la situation se complique davantage lorsqu’on nous apprend que “le ministre de la Santé, en la personne d’Abdelmalek Boudiaf, n’est pas à son premier impair, d’une part, et, d’autre part, que le patron du laboratoire qui a produit le complément alimentaire RHB serait le mari de la fille d’un ex-ministre…”.

    - Publié le 17/12/2016 

    LE MINISTRE DE LA SANTÉ SE DÉJUGE, SAÏDAL DÉMENT ET L’ARAV SE JUSTIFIE

    RHB : le scandale qui écorne l’image de l’État

     
     

    Le groupe Saïdal a annoncé avoir décidé d’engager des poursuites judiciaires contre Zaïbet pour, précise-t-on, “fausses déclarations et atteinte à son image de marque”.

    L’affaire du produit connu sous l’appellation RHB et prétendument présenté comme antidiabétique continue de faire couler beaucoup d’encre et d’occuper le devant de la scène avec des relents d’un scandale dont on ne connaît pas encore tous les tenants et aboutissants.
    Et si le principal responsable, en l’occurrence le ministre de la Santé, continue de s’emmêler les pinceaux en affirmant une chose et son contraire, d’autres acteurs se sont joints, avec ou contre leur gré, au tintamarre ambiant, amplifiant les relents d’un désordre qui cache un gros conflit d’intérêts. Et lorsque Abdelmalek Boudiaf, qui a été un des plus lourds promoteurs de ce produit maquillé en complément alimentaire, tente de dédouaner son secteur de cette énorme mascarade, en réalité il ne fait qu’ajouter une nouvelle contradiction à ses propres propos, tenus auparavant. Dans une déclaration à la presse à propos des compléments alimentaires, et ce, en marge de la séance des questions orales à l’Assemblée nationale, le ministre de la Santé a fait savoir que ces “produits relèvent du ministère du Commerce”. Si c’était le cas, pourquoi le ministre lui-même s’est impliqué de manière outrancière dans la promotion de ce produit douteux allant jusqu’à recevoir et se montrer en compagnie de l’homme par qui le scandale est arrivé, à savoir Toufik Zaïbet ? Pourquoi également avoir adressé une correspondance aux directeurs de la santé des wilayas leur ordonnant de retirer de la vente le produit en question ? Le groupe Saidal a décidé, pour sa part, de passer à l’offensive pour tenter de s’affranchir de l’affront que lui a fait Toufik Zaïbet qui avait assuré, dans une intervention sur une chaîne de télévision privée, qu’il entretenait une relation de partenariat avec la société nationale de productions de médicaments. Saidal a, en effet, annoncé, jeudi, dans un communiqué, avoir décidé d’engager des poursuites judiciaires contre Zaïbet pour, précise-t-on, “fausses déclarations et atteinte à son image de marque”. Le groupe public tient, d’ailleurs, à démentir “catégoriquement” les informations parues dans la presse et selon lesquelles Zaïbet a développé son produit avec Saidal. Ce dernier tient, de ce fait, à assurer qu’il n’entretient “aucune relation, ni de près ni de loin” avec l’intéressé et que son produit n’a fait l’objet d’aucune collaboration avec le groupe pour son développement ou sa production. Saidal, qui relève, par ailleurs, que Zaïbet n’a jamais figuré dans les effectifs de l’entreprise, précise, toutefois, que le concerné a contacté le groupe en 2004 “afin de réaliser une étude sur son produit qu’il prétendait être efficace pour le traitement du psoriasis”. Et comme les résultats de l’étude se sont révélés “non conformes”, Saidal affirme qu’il “a cessé tout contact avec l’intéressé, et ce, depuis 2006”.
    L’Autorité de régulation de l’audiovisuel (Arav), qui, jusqu’ici, s’était murée dans un silence incompréhensible face aux dérapages de cette grossière campagne de promotion d’un dangereux faux médicament par certains médias, a, finalement, été sortie de sa réserve par le journal électronique Tout sur l’Algérie (TSA) qui a interviewé son président, Zouaoui Benhamadi. Ce dernier, tout en tentant de justifier le silence observé à cet égard par son instance, tient à dégager sa responsabilité dans ce dossier affirmant que “cette campagne est partie après la bénédiction qui a été donnée par des personnes qui étaient supposées rassembler à la fois l’autorité scientifique, morale et administrative”, dans une évidente allusion au ministère de la Santé. “L’Arav ne peut pas se substituer à la responsabilité politique, scientifique, morale et légale de tous ceux qui ont de l’autorité ni au corpus juridique qui existe dans le pays et qui régit la vie de la société. Dans ce cas de figure, on est parti assez loin dans un supposé parrainage qui a faussé tous les jugements”, assène M. Benhamadi qui admet, indirectement, avoir été induit en erreur par cette
    implication sans équivoque du ministre de la Santé dans la campagne de promotion de ce produit.
    L’Arav n’aurait-elle pas dû s’autosaisir dans cette affaire ? “Évidemment qu’on peut s’autosaisir quand nous sommes en possession des éléments scientifiques et légaux pour pouvoir le faire”, répond M. Benhamadi, comme pour enfoncer encore plus le ministère de la Santé qui, selon lui, aurait, du fait de son implication directe, faussé les données.
    Mais, le ministre de la Santé, qui admet aujourd’hui avoir été, lui aussi, induit en erreur, a-t-il découvert l’imposture trop tard comme il tient, finalement à l’affirmer ? Qu’à cela ne tienne, le scandale a, aujourd’hui, atteint des proportions qui, le moins que l’on puisse dire, ont sérieusement écorché l’image même des institutions du pays.

    - Publié le 18/12/2016 

    AHMED OUYAHIA À PROPOS DE L’AFFAIRE DU COMPLÉMENT ALIMENTAIRE “RAHMAT RABI”

    “Il y a eu défaillance de la machine publique”

     

     - Publié le 19/12/2016 

    TOUT EN APPELANT BOUTEFLIKA À PRENDRE DES MESURES

    Louisa Hanoune charge le ministre de la Santé

     

    Pour Louisa Hanoune, la secrétaire générale du PT, “ce poison produit par un charlatan traduit le délitement de l’État”.

    C’est peut-être l’un des grands scandales qui ont marqué l’année qui s’achève : la vente du produit présenté comme la panacée au diabète, une pathologie qui touche des milliers d’Algériens, par un prétendu médecin, et appelé Rahmat Rabi, dénomination à consonance religieuse. Pour Louisa Hanoune, la secrétaire générale du PT, “ce poison produit par un charlatan traduit le délitement de l’État”. “Pourquoi le ministre a-t-il fait de la publicité à ce produit, en violation des normes et des textes, alors qu’il connaît ce charlatan ?”, s’est interrogé, hier, Louisa Hanoune lors de la présentation du rapport politique en prélude à la réunion du bureau politique de son parti. Elle suggère que ce scandale charrie quelques connivences entre des milieux d’affaires et l’État, tout en instrumentalisant la religion. “Il faut que toute la lumière soit faite sur cette affaire immorale et ce charlatan doit restituer l’argent”, a-t-elle réclamé, avant d’interpeller le président de la République car, soutient-elle, “il s’agit de la crédibilité de l’État”. Qualifiant de “crime” ce scandale qui a suscité un tollé au sein de l’opinion publique nationale et qui a fait des victimes, parmi lesquelles trois personnes à Blida qui auraient perdu la vue, Louisa Hanoune a estimé qu’“un ministre qui encourage la vente d’un poison ne peut gérer le secteur, ni présenter un projet de loi sur la santé”. Elle rappelle, d’ailleurs, dans le même contexte qu’un homme d’affaires “connu dans les travaux publics” dont elle évite soigneusement de révéler l’identité, mais donc tous ont conclu qu’il s’agit du patron du FCE, Ali Haddad, a bénéficié d’une autorisation pour importer du matériel de radiothérapie à travers une société “dans laquelle il représente l’État et des multinationales”. “Il a fait sa société grâce à l’appui du ministre”, a indiqué Louisa Hanoune en appelant à “l’ouverture d’une enquête”. “Le secteur de la santé doit être géré par un professionnel”, préconise-t-elle. Comme elle réitère son appel au retrait du projet de loi sanitaire, en examen à l’assemblée, car, selon elle, “il encourage la prédation au profit du secteur privé”. Le ministre du Commerce, qui a annoncé récemment l’assainissement des dettes non recouvrables par le Trésor dont certaines remontent aux années soixante, n’a pas échappé au “procès” de Mme Hanoune. “Le ministre a parlé de chèques sans provision, il doit donner des noms. Il décide de tout effacer comme si c’est un héritage familial, mais c’est l’argent de la collectivité”, a fulminé Louisa Hanoune en rappelant que l’Algérie compterait aujourd’hui 40 000 milliardaires alors qu’ils étaient seulement 5 000, il y a quelques années. “Pourquoi le gouvernement ne recouvre-t-il pas les impôts impayés ? Pourquoi refuse-t-il l’impôt sur la fortune”, s’est-elle interrogée. Par ailleurs, Louisa Hanoune a estimé que le fiasco du dernier Forum africain d’investissements et d’affaires n’était pas le produit d’un “cafouillage organisationnel”, mais se décline plutôt comme “l’expression de la caporalisation de l’État par l’oligarchie prédatrice”. “Il lève le voile sur une réalité qui était claire pour nous depuis la fin de 2014 : l’émergence d’une oligarchie comme une force violente et prédatrice qui a mis en place un État parallèle”, soutient-elle, en affirmant, là aussi, qu’elle “attend du président de la République des mesures à la hauteur de cet événement”.  “Ce qui s’est passé lors de ce Forum est inacceptable d’un point de vue patriotique et ne peut être considéré comme un événement marginal”, dit-elle, non sans saluer, par ailleurs, le ministre des AE, Ramtane Lamamra.

    Karim Kebir

    Démenti
    Dans son article fort intéressant, du jeudi 15 décembre 2016 (page 3), sur le scandale sanitaire de Rahmat Rabbi, Mlle Ines Boukhalfa, journaliste à Liberté, affirme que la fille du ministre Ould Abbes est propriétaire de la pharmacie détenant des quantités interminables de ce “produit miracle ?”. Je tiens à opposer un très ferme démenti à cette assertion. Et aucune de mes filles n’a de lien, ni de près ni de loin, avec le médicament. Et aucune ne possède de pharmacie. Il faut chercher ailleurs.

    Docteur Djamel Ould Abbes
    Ancien ministre de la Santé, de la Population et la Réforme hospitalière.

    Précision de “Liberté”
    En effet, il s’agit d’une méprise. Il ne s’agit pas de la fille de M. Djamel Ould Abbes, comme rapporté dans l’article, mais de la fille et du gendre de M. Mohamed Chérif Abbas, ancien ministre des Moudjahidine. Toutes nos excuses à M. Ould Abbes.

    - Publié le 20/12/2016 

    REPORT DE LA PRÉSENTATION DEVANT LA COMMISSION DE L’APN DU PROJET DE LOI SUR LA SANTÉ

    Scandale “RHB” : Boudiaf fuit-il la confrontation ?

     

     

    La présentation en commission du projet de loi sur la santé, qui devait avoir lieu hier, a été reportée sine die à une date ultérieure. Un report qui suscite plein d’interrogations chez les membres de la commission de la santé et des affaires sociales de l’Assemblée populaire nationale (APN), mais également dans les milieux médiatiques et dans l’opinion de manière générale sur le devenir réservé à ce projet de loi et corrélativement sur le sort du ministre de la Santé, Abdelmalek Boudiaf.

    L’information sur le report en question a été publiée dimanche par le député du FJD - El-Adala, Lakhdar Benkhellaf. Ce dernier a fait état de la décision du “retrait du projet de loi sur la santé de l'examen au niveau du Parlement par le gouvernement”, précisant que “des instructions ont été données par le bureau de l’APN au président de la commission de la santé pour surseoir à l’examen de cette loi, puisqu’il était prévu que le ministre de la Santé la présente devant la commission appropriée lundi (hier, ndlr)”.
    Ce report serait-il le prélude à un départ du ministre ? Le député en est convaincu. “Apparemment, il y a un changement de gouvernement qui a été précipité par l’affaire du complément alimentaire RHB”, ose-t-il sur son compte facebook. D’autres députés interrogés restent, eux, sceptiques.
    Ainsi, le chef du groupe parlementaire de l’Alliance de l’Algérie verte (AAV), Youcef Khebaba, qui se réfère à une discussion qu’il a eue la veille avec le président de la commission, M. Mellakhssou, soutient qu’“il s’agit d’un report à une date indéterminée et non pas d’un retrait”. Selon lui, avec l’approche des élections législatives, ni la commission ni la plénière n’auront assez de temps pour l’étude sereine de ce projet. L’élu de L’AAV estime, toutefois, que le complément alimentaire RHB n’est pas étranger à cela. “Cette affaire a fortement impacté le travail de la commission qui est concernée directement par la question, puisque le ministre de la Santé a été l’un des promoteurs de ce produit avant de se rétracter”, a-t-il affirmé, s’interrogeant sur son implication dans “la promotion de ce complément avec un telle force qui a fait croire aux citoyens et au malades qu’il s’agit d’un médicament miracle et qu’ils peuvent se passer de l’insuline”.
    Pour M. Khebaba, le report de l’examen du projet de loi sur la santé vise à éviter au ministre de la Santé de s’expliquer sur le scandale RHB. Le député a souligné la nécessité de la mise en place d’une commission d’enquête indépendante pour faire la lumière sur cette affaire. Des questions orales au ministre de la Santé seraient en préparation, a-t-il indiqué. La député Nadia Chouitem, du Parti des travailleurs, a adressé une question écrite au Premier ministre Abdelmalek Sellal.
    Pour sa part, la députée du Front de libération nationale (FLN), Fatima Tachi, a estimé qu’en raison du manque de temps, le projet serait annulé. Car, dit-elle, si le ministre est concerné par un remaniement, il faudra attendre un minimum de quatre à cinq mois pour qu’il soit présenté à nouveau par le nouveau ministre, surtout que cela coïncide avec la fin de la législature actuelle. Selon elle, outre le scandale RHB, le ministre est attendu sur d’autres questions, comme celle se rapportant aux erreurs médicales.
    “On s’est entendu avec les députés d’autres obédiences pour interpeller le ministre avec force”, a-t-elle affirmé. Le député retient contre le ministre de la Santé le fait d’avoir présenté Zaïbet comme médecin, alors que c’est faux.

     

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Les huit algériens qui ont marqué le savoir et la science dans le monde

Les huit algériens qui ont marqué le savoir et la science dans le monde

Dr. Abdennour Abbas : Sacré meilleur inventeur aux Etats-Unis,Le jeune Algérien qui révolutionne la médecine

Dr. Abdennour Abbas : Sacré meilleur inventeur aux Etats-Unis,Le jeune Algérien qui révolutionne la médecine

    Un génie qui s'exprime, mais ....à l'étranger : De la médecine réactive vers la medecine préventive

     

    De l’université de Tizi Ouzou puis à Lille en France, il rejoint l’Université de Californie avant d’atterrir à celle de Washington comme chercheur associé.

     L’adage qui dit que «nul n’est prophète en son pays» s’est encore une fois confirmé en Algérie. Un jeune Algérien à laissé exploser son génie mais… à l’étranger. Abdennour Abbas, 33 ans, un chercheur algérien à l’Université de Washington à Saint Louis, figure dans le Top 10 des lauréats de la première édition française du concours conduit par la Technology review, pour l’Institut américain de technologie de Massachusetts (MIT). Chaque année, le MIT (Massachusetts Institute of Technology) distingue des jeunes talents de moins de 35 ans. Ce concours conduit par la Technology review de l’Institut a distingué ces dix dernières années des personnalités devenues depuis des célébrités: Mark Zuckerberg en 2007, cofondateur de Google, Max Levchin, de Paypal, Linus Torvalds, développeur de Linux, Jack Dorsey, cofondateur de Twitter… Cette année, le prestigieux institut américain a lancé une version française de son glorieux concours. Et voilà que le 21 mars dernier, les résultats de ce concours pour la France ont vu notre jeune compatriote faire partie des 10 lauréats.

     Le mérite de Abdennour Abbas est encore plus grand car ce concours est une reconnaissance par ses pairs. La Technology review repose sur un mode de sélection par les pairs: on ne se présente pas soi-même à ce concours. Mais quelle a été l’invention de notre petit génie pour qu’il ait une telle reconnaissance? Au fait, c’est dans le domaine de la recherche médicale que l’Algérien s’est distingué.

     Le Dr Abbas a inventé un moyen simple, efficace et surtout pas cher pour détecter la présence d’une maladie ou connaître son évolution. Ce diagnostic peut se faire chez soi, sans avoir à consulter un médecin. Il a ainsi créé des biocapteurs ultrasensibles à base d’anticorps artificiels pour le diagnostic médical. En plus du fait que ces tests «populaires» se fassent à domicile, ce qui évite les allers-retours chez le médecin, la technologie conçue par Abbas, c’est qu’elle est un milliard de fois plus sensible que les précédents capteurs basés sur des bandelettes de papier. Cela permet ainsi de détecter les pathogènes dès les premiers stades de l’infection. Abdenour Abbas est donc sur le point de révolutionner le diagnostic médical dans le monde. Et pourtant, il est un pur produit de l’Université algérienne, tant décriée.

     Le Dr Abbas a en effet fait ses études en Algérie. Il a fait ses études supérieures à l’Université de Tizi Ouzou où il a obtenu un DES en biochimie en 2003. Mais il aura fallu qu’il quitte l’Algérie pour voir son talent exploser. Il rejoint la France pour y préparer un master suivi d’un doctorat dans le domaine des nanotechnologies appliquées à la médecine à l’Université de Lille 1 en 2009. Ambitieux, il décide de voir encore plus grand que la France.

     Il rejoint le pays par excellence du développement technologique et de la recherche scientifique, les Etats-Unis d’Amérique. Il travaille à l’Université de Californie avant de rejoindre celle de Washington comme chercheur associé. La réussite de Abdenour Abbas, originaire de Makouda dans la wilaya de Tizi Ouzou, est un autre exemple du succès de notre élite sous d’autres cieux.

     Dans un pays composé à plus de 60% de jeunes, il faut dire qu’il y a des milliers de Abdenour Abbas, notamment à l’Université algérienne mais dont le talent n’arrive pas à exploser pour des tas de raisons. A commencer d’abord par les conditions de travail peu adéquates, la marginalisation pour aboutir au conflit de générations qui sévit dans tous les domaines et tous les secteurs. N’est-ce pas que la fuite des cerveaux est un faux débat? Il faut d’abord penser aux raisons de ce mal. Car quand on voit les conditions des universités algériennes, qui malgré cela «accouchent» de Abdenour Abbas, ce débat n’a pas sa raison d’être vu la marginalisation que subissent les cerveaux qui sont restés au pays et les conditions dans lesquelles ils évoluen

    Ce débat a-t-il droit de cité dans un pays où les jeunes diplômés, censés être la future élite, languissent dans les cafés faute d’emplois?

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